‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 274 sur 359 · D. PARTAGE DES VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

D. PARTAGE DES VÊTEMENTS

Les Evangélistes se plaisent à faire remarquer comment, dans la passion et la mort de Notre Seigneur, les prophéties furent accomplies jusque dans leurs moindres détails. D'après la loi romaine, les habits des suppliciés appartenaient de droit aux bourreaux. « Les soldats, » au nombre de quatre (a), « qui avaient crucifié » Jésus et qui devaient servir de gardes auprès de la croix, insouciants des douleurs du supplicié qui allait expirer devant eux, ne songèrent qu'à se partager avidement ses dépouilles. « Ils prirent les vêtements du Sauveur, » qui se composaient du manteau, « dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat, et de la tunique. » Le manteau juif était fait avec quatre lez (Deut. xxn, 12), de sorte qu'on pouvait le partager en quatre sans le déchirer. « Quant à la tunique, comme elle était sans couture, d'un seul tissu d'en haut jusqu'en las, ils se dirent entre eux : Ne la divisons pas, mais tirons au sort à qici elle appartiendra. De la sorte furent accomplies ces paroles.de T Ecriture, » du prophète David (Ps. xxi, 18,), qui, après avoir décrit le crucifiement (ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os), ajoute aussitôt : « Ils se sont partagés mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. »

Jo. XIX. 23. Milites ergo cùm crucifixissent eum, acceperunt vestimenta ejus (et fecerunt quatuor partes, unicuique militi partem), et tunicam, M'1, mittentes sortem super eis, quis quid tolleret. — Jo. Erat autem tunica inconsutilis, desuper contexta per totum. — 24. Dixerunt ergo ad invicem : Non scindamus eam, sed sortiamur de illâ cujus Bit: ut Scriptura impleretur, dicens : Fartiti sunt vestimenta mea sibi, et in vestem raeam miserunt sortem.

(a) Un piquet de garde chez les Romains était composé de quatre hommes : quatre de ces piquets formaient une garde de nuit, parce que les Romains partageaient leurs nuits en quatre veilles.

m*, xxvii. 32-66. — § CXXIV. le calvaire. 355

Cette tunique sans couture du Sauveur est passée, sans aucun cloute, de la main du soldat romain dans celle d'un disciple de Jésus-Christ, et devint la possession d'une famille chrétienne qui la conserva avec soin jusqu'à ce que, vers la fin du IIP siècle, elle fut acquise par sainte Hélène, la mère de Constantin, et donnée par elle à l'église de Trêves, où Constance son mari régnait en qualité de César, et où cette précieuse relique s'est conservée, jusqu'à ce jour (b). Tous les saints Pères ont reconnu dans la tunique sans couture le symbole de l'unité de l'Eglise, qui ne souffre pas de division.

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