F. JÉSUS PARLE A SA MÈRE ET A JEAN
Jésus, si miséricordieux envers les plus grands pécheurs, ne pouvait oublier ses devoirs de piété filiale envers la plus tendre et la plus désolée des mères. « Elle était là debout, au pteâ de la croix de son divin Fils, » éplorée, mais soumise, et offrant à Dieu, pour le salut du monde, bien plus que sa propre vie, la vie de son fils bien-aimé. A ses côtés se trouvaient « sa sœur, » Salomé, l'épouse de Zébédée (a), sa belle-sœur « Marie, » l'épouse de Gléophas, « et Marie-Magdeleine. » — « Jésus, ayant vu sa mère, et debout, près d'elle, le disciple qu'il aimait, » abaissant sur elle un regard plein d'une ineffable tendresse, « lui dit : Femme, » pauvre mère délaissée, voilà celui qui me remplacera auprès de vous et aux soins duquel je vous confie; « voilà votre fils. Puis, s'adressant à l'Apôtre, il lui dit : Voilà votre Mère. Et depuis cette heure-là le disciple la prit cliez lui. » Ces belles et touchantes paroles nous rappellent le testament sublime d'Eudamidas : Je laisse ma mère à Arétée, afin qu'il la nourrisse, à Charixène, ma fille, afin qu'il la marie et la dote autant qu'il le pourra; et si l'un des deux vient à mourir, j'entends que le legs que je lui octroie revienne au survivant.
D'après la tradition, attestée par Nicéphore Callixte, Marie aurait passé le reste de ses jours à. Jérusalem, dans une maison appartenant à saint Jean, où elle serait
Jo. 25. Stabant autem juxtà crucem Jesu mater ejus et soror mains ejus. Maria Cleophœ, et Maria Magdalene. — 26. Gùm vidisset ergo Jésus matrem, et discipulum stantem quem diligebat, dicit matri suae. : Mulier, ecce films tuus. — 27. Deindè dicit discipulo : Eece mater tua. Et ex illà horâ accepit eam discipulus in sua.
(6) S'il faut en croire une ancienne tradition, le bon larron s'appellerait Dermas, et le mauvais Germas, (a) Foi/. T. 1 , § xv.
m1, xxvn. 32-6G. — § CXXIV. le calvaire. 359
morte douze ans après, âgée de soixante ans. Saint Jean, son fils adoptif, l'ensevelit au mont des Oliviers, puis, après la mort de saint Jacques et la dispersion des Apôtres, il se retira à Ephèse. Les saints Pères, et en particulier, saint Augustin, observent que tous les enfants de l'Eglise étaient représentés par saint Jean au pied de la croix, et que Jésus, dans la personne de cet Apôtre, a donné à tous les fidèles Marie pour mère. C'est le legs divin que Jésus-Christ a laissé par testament à ses disciples, et que saint Jean a accepté formellement pour nous.