H. PRODIGES QUI ACCOMPAGNÈRENT LA MORT DE JÉSUS-CHRIST
« Et voilà que le voile du temple, » qui séparait le Saint des saints du sanctuaire, « fut déchiré eu deux, de [tais le haut jusqu'en bas; » le culte de l'ancienne alliance est aboli ; le temple est vide et abandonné de Dieu, ou plutôt, le Pontife éternel entre dans le Saint des saints, pour y être toujours présent, et pour nous y introduire à sa suite. L'univers entier semble s'émeuvoir à la mort du Fils de Dieu, « la terre trembla, les rochers se fendirent (a).
Ces prodiges étaient, dit saint Léon, la réponse du ciel et de la terre aux stupides et lâches imprécations
Et, Mf. Iterùm damans voce magnâ, L. Ait : Pater, in manus tuas commendo spiritum meum. Et haec dicons, Jo. inclinato capite, tradidit spiritum. — M1. M. Et ecce vélum templi scissum est in duas partes, à summo usquè deorsùm : et terra mota est ; et petrae scissae sunt :
(a) Aujourd'hui encore, le rocher du Golgotha, qui se fendit à la mort du Sauveur, présente à tous les géologues une preuve palpable de la vérité du récit évangélique. Le prodige est encore visible et frappant, et parle à tous les yeux. Une lame en argent, mobile, large de dix à douze centimètres, recouvre la fente. Celte fente est assez large pour qu'on puisse y mettre la main ; elle est trèsprofonde et descend au moins à cinq mètres. Bien que le pavé du marbre la cache presque en totalité, on sait qu'elle s'étend sur tout le rocher du Calvaire, qu'elle coupe par la diagonale, presque en deux parties égales. Ses deux côtés s'adaptent parfaitement l'un à l'autre, et pourtant elle fait des circuits tellement compliqués qu'il serait impossible à l'art de les contrefaire, au moyen d'aucun instrument. Contrairement aux effets ordinaires des tremblements de terre naturels, le roc est ici partagé transversalement, et la rupture croise les veines d'wne façon étrange et surnaturelle. Il est démontré pour moi, dit Addison (De In Religion chrétienne), que c'est l'effet d'un miracle que ni l'art ni la nature ne pouvaient produire. Je rends grâce à Dieu de m'avoir conduit ici, pour contempler ce monument de son merveilleux pouvoir, ce témoin lapidaire de la divinité de Jésus-Christ. Saint Cyrille, un siècle après la passion de Notre-Seigneur, avait donc toute raison de s'écrier : « Si l'on veut nier qn'un Dieu soit mort ici, qu'on regarde seulement les rochers déchirés du Calvaire. » (S, Cyr., Hier. Catech. 18).
m1, xxvh. 32-66. — g CXXIV. le calvaire. 363
des Juifs, réponse sublime et magnifique, bien capable d'humilier et de confondre, de terrifier, du moins, ces blasphémateurs, puisqu'elle leur prouvait que Jésus- Christ était réellement le Fils de Dieu, parce qu'elle les convainc d'un affreux déicide, et qu'elle les voue à l'exécration universelle.
Tous ces prodiges ne pouvaient manquer de faire une impression profonde sur tous ceux qui n'étaient pas entièrement endurcis. « Le centurion, placé en face de la croix, en entendant le cri que poussa Jésus avant d'expirer, et en voyant ces prodiges, » comprit que celui dont la mort ébranlait ainsi l'univers était plus qu'un homme, et « rendit » hautement « gloire au Seigneur : Certainement, dit-il, cet homme était juste; c'était vraiment le Fils de Dieu; » et tous ceux qui, « avec lui, gantaient Jésus, voyant le tremblement de terre, et tout ce qui se passait, furent saisis d'une grande frayeur, et répétaient avec lui : Vraiment c'était le Fils de Dieu. Et toute la foule de ceux qui assistaient à ce spectacle, et qui virent ces choses, s'en retournaient en frappant leur poitrine. »
« Là aussi, à quelque distance, se tenaient tous ceux de la connaissance de Jésus, et les saintes femmes qui Taxaient suivi de Galilée, regardant ce qui se passait, parm i lesquelles étaient Jfarie-Jfagdeleiue, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joseph, et Salomé, qui le su/raient, lorsqu'il était en Galilée, et 'pourvoyaient à ses desoins, et plusieurs autres qui étaient venus à Jérusalem avec lui. » Ce fut pour elles une grande consola-
Mr. 39. Videos autera centurio, qui ex adverso stabat, L. quod factura fuerat, Mr. quia sic damans expirasset , L. glorifieavit Deum, dicens : Viré hic homo justus erat; M1'. Verè hic homo Filius Dei erat. — Mr. Et qui cum eo erant, custodientes Jesum, viso terraa motu, et his quse iiebant, timuerunt valdè, dioentes : Verè Filius Dei erat iste. — L. 48. Et omnis turba eorum, qui aderant ad spéctaculum istud, et videbant quœ fiebant, percutientes pectora sua revertebântur. — 49. Stabant autem omnea noti ejus à longe, et mulieres qua3 secutae erant à GaliUeâ. haec videntes : Inter quaa erat Maria- Magdalene, et Maria Jacobi minoris et Joseph mater, et Salome, M'. mater filiorum Zebedaei, — Mr. — 41. Et cùm esset in Galilaea, sequebantur eu m, et ministrabant ei : et aliae multee, quae simul cum eo ascenderant Jerosolymam.
tion dans leur douleur,, de voir la nature entière et les bourreaux eux-mêmes proclamer l'innocence et la divinité de Jésus-Christ.
Or, le Christ était mort selon la chair, mais son âme vivait; et avec cette âme, il alla dans les limbes porter aussi la bonne nouvelle de leur prochaine rédemption aux esprits captifs (i. Petr., in, 18-19).