J. LA DESCENTE DE CROIX
D'après la loi romaine, le cadavre des suppliciés pouvait être, sur leur demande, abandonné à leurs parents et à leurs amis, afin qu'ils pussent leur rendre les derniers devoirs. « Or te soir étant venu, » par une dispensation particulière de la Providence, qui voulait que Jésus-Christ reçut une sépulture honorable, « voici qu'un homme riche, d'Arimathie » ou Rama, « ville de
34. Sed unus militum lanecâ latus ejus aperuit; et continue exivit sanguis, et aqua. — 35. Et qui vidit, testimonium perhibuit ; et verum est testimonium ejus. Et illc scit quia vera dicit; ut et vos credatis. — 36. Facta sunt enim ha?c ut Scriptura impleretur : Os non comminuetis ex eo. — 37. Et iterùm alia Scriptura dicit : Videbunt in quem transfixerunt. — W. XXXII. 57. Cùm autem sero factum esset, venit quidam homo dives ab Arimathaeâ (L. civitate Judœœ), nomine
(a) Le péricarde s'emplit d'eau, dit le docteur Gruner, quand la mort arrive après une grande tristesse. Si, comme l'enseigne une ancienne tradition, le coup fut porte du côté droit, il dut être porté avec assez de force, pour atteindre le cœur de l'autre côté; aussi l'Evangéliste nous dit-il, xx, 27... que la blessure était assez large pour que saint Thomas y put mettre la main. D'après la tradition, le soldat qui perça le côté de Notre— Seigneur s'appelait Longinua. La sainte lance se trouve aujourd'hui à Morne parmi les saintes reliques de la basilique de saint Pierre. Quelques commentateurs pensent que le sang et l'eau sortirent miraculeusement; que c'était de l'eau naturelle, et non une humeur phlegmatique. Les saints Pères y voient une ligure des deux sacrements de baptême et d'eucharistie, et ils ajoutent que l'Eglise, dont les deux principaux sacrements çont ici représentés, est sortie du côté de Jésus-Cbrist mort, comme Eve était sortie du c<M>' d'Adam endormi,
Judée, » éloignée, suivant saint Jérôme, de six milles de Jérusalem, « membre du grand conseil, homme Ion et juste, qui n'avait consenti ni aux desseins ni aux actes des autres » synédristes, « et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu, et était, » au fond de son cœur, « disciple de Jésus-Christ, » bien que la crainte d'encourir la haine de ses collègues et d'être excommunié de la Synagogue l'eût empêché jusqu'alors de se déclarer publiquement, triomphant enfin de cette crainte pusillanime, « vint hardiment trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus » — « Pilate s'étonnait qu'il fût mort si tôt; » d'ordinaire, les crucifiés ne mouraient qu'au bout de deux ou trois jours. « Il fit venir le centurion, et lui demanda s'il était déjà mort. Sur la réponse affirmative du centurion, il donna le corps à Joseph. JVicodème vint aussi se joindre à lui', le même qui, dès le commencement, était allé trouver Jésus la nuit; il apportait, » pour embaumer le corps de Jésus, « une composition de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres. Joseph, ayant acheté un linceul, détacha Jésus de la croix, et l'enveloppa dans le suaire » qu'il venait d'acheter. Nicodème et lui « l'entourèrent ensuite de landelettes avec des aromates, comme les Juifs, ont coutume d'ensevelir leurs morts. »