L. LE SÉPULCRE EST ENTOURÉ DE GARDES
« Le lendemain, qui était le jour du sabbat les Princes des prêtres et les Pharisiens se réunirent pour se rendre ensemble vers PiJate. » Jésus-Christ mort les effrayait encore du fond de son tombeau. « Seigneur, dirent-ils au gouverneur, il nous est revenu à la mémoire (leurs espions les avaient sans doute renseignés sur ce fait) « que ce séducteur a dit, lorsqu'il vivait encore : Après trois jours je ressusciterai. Ordonnez donc que son sépulcre soit gardé jusqu'au troisième, jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober le corps, et ne disent au peuple : Il est ressuscité d' entre les morts; ce serait une seconde erreur pire que la première. Pilote leur répondit : Vous avez des gardes; » la garde du temple est à votre disposition, et vous vous en êtes bien servis sans mon autorisation pour arrêter Jésus ; employez-les comme vous l'entendrez pour garder son tombeau; c'est votre affaire.
« Il s'en allèrent donc, et ils s'assurèrent du sépulcre en scellant la pierre, et en y mettant des gardes. » — Il fallait que la résurrection de Jésus-Christ fût constatée
W-. sedontes contra sepulcrum, Mr. aspiciebant ubi poneretur. — L. 56. Et revertentes paraverimt aromata et unguenta, et sabbato quidem siluerunt secundum mandatum. — W. 62. Altéra autem die, quee est post Parasceven, convenorunt principes sacerdotum et Pharisoei ad Pilatum : — 63. Dicentes : Domine, recordati sumus quia seductor ille dixit adhùc vivens:Post très dies resurgam. 64. — Jubé ergo custodiri sepulcrum usque in diem tertium. ne forte veniant discipuli ejus, et furentur eum, et dicant plebi : Surrexit à mortuis, et eril novissimus error pejor priore. — 65. Ait illis Pilatus : Habetis custodiam, ite, custodite sicut scitis. — 66. Illi autem abeuntes, munierunt sepulcrum, signantes lapidera, cura custodibus.
m1, xxvii. 32-66. — § CXXIV. le calvaire. 369
par les précautions prises par ses ennemis eux-mêmes, et entourée des témoins les plus irrécusables.
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
A. Le chemin du Calvaire.
v. 17. « Et chargé de sa croix, il se remit en marche pour le lieu connu sous le nom de Calvaire. » — Le Sauveur reçoit sa croix, de la main de ses bourreaux, sans murmure, que dis-je ? avec amour, comme de la main de son Père... ; c'est pour nous qu'il la porte. — Portons aussi notre croix, à la suite de Jésus. — Portons-la, tous les jours, sans murmure, de bon cœur, en union avec lui, par amour pour lui. — « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il porte sa croix, et qu'il me suive. » — « Dans la croix est notre salut ; dans la croix est la vie. Là nous trouvons une protection assurée contre les ennemis de notre àme, l'infusion d'une douceur céleste, la force de l'esprit, la joie de l'âme, l'abrégé de toute vertu, et la perfection de la sainteté. » (Imit. de Jésus-Christ.)
« Or, il vint à passer en ce moment un homme de Cyrène, qui venait de sa maison des champs. Les soldats se saisirent de cet homme, lui mirent la croix sur les épaules, et le forcèrent à la porter derrière Jésus. » — Jésus succombe, sous le fardeau de sa croix, pour expier nos chutes. On est obligé de recourir à l'aide d'un étranger. A l'exemple de Simon le Chananéen, portons avec courage la croix de Jésus-Christ. — Sa grâce nous soutiendra, et elle nous paraîtra légère. « Jugum enim meum suave est. » (M1, xi, 30.) — « Quia Dominus supponit manum suant. » (Ps. xxxvi, 24.)
v. 28. Se retournant vers elles, il leur dit ; Filles de Jérusalem, ne pleurez point sur moi; pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. » — Au milieu de toutes ses souffrances, Jésus s'oublie lui-même, pour ne penser qu'à nos misères. — Que la justice de Dieu est terrible !... Tâchons de la prévenir.
v. 31. « Si le bois vert est ainsi traité, que sera-ce du bois sec? » — Méditons cette parole effrayante... Si le juste est ainsi traité, que deviendront les pécheurs?... Hâtons-nous d'apaiser la colère divine, avant qu'elle ne s'appesantisse sur nous.
B. Le vin mêlé de fiel.
« Lorsque Jésus fut arrivé au Calvaire, on lui donna à boire du vin mêlé de myrrhe, qui avait V amertume du fiel; et ils crucifièrent Jésus-Christ. » — Jésus boit un vin amer, pour expier les péchés de sensualité, d'ivrognerie. — Il se livre sans résis-
tance à ses bourreaux : « Factus obediens usquè ad mortem... » Il est dépouillé de ses vêtements ; dépouillement cruel, ignominieux ; et il expie ainsi les péchés d'impureté. — Ses pieds et ses mains sont percés, pour expier les péchés que nous commettons par les mains et les pieds. — Nouvel Isaac, il est étendu sur le bois que lui-même avait porté.
Il est attaché à la croix; supplice cruel, barbare, ignominieux, réservé aux esclaves. C'est pour nous qu'il souffre ces affreux tourments, auxquels nous ne pouvons penser sans frémir. « Je vis en la foi du Fils de Dieu qui m'a aime', et qui s'est livré luimême pour moi. » (Gai. n, 20 ) — «Si quelqu'un n'aime pas Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit anathéme. »(I Cor. xvi, 22.) — . La croix est le symbole frappant du sacrifice de soi-même, de l'amour divin se sacrifiant, s'immolant pour les hommes pécheurs... — C'est l'idéal du juste, entrevu par Platon. (De Rep. vi, 215.)
D. 34. « Or, Jésus disait : 0 mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » — Quel étonnant contraste 1... Les Juifs crient : Crucifiez-le. Jésus dit : Pardonnez-leur. — En priant pour ses bourreaux, Jésus prie pour nous. — Pardonnons, à son exemple, à ceux qui nous ont offensés ; rendons le bien pour le mal. « Parce qu'ils ne savent ce qu'ils font. » — Puis-je alléguer la même excuse?... Je sais ce que c'est que Jésus..., ce qu'il a fait pour moi..., à quoi je m'expose en l'offensant...