B. JÉSUS CONFOND LES SADDUCÉENS
(M» xxn, 23-46; MX XII, 48-40; L. xx, 20-47.)
Les Sadducéens ayant appris que Jésus avait fermé la bouche aux docteurs pharisaïques, voulurent, eux aussi, entrer en lice avec le nouveau docteur de Nazareth.
La Synagogue se partageait alors en un grand nombre de sectes différentes. S'il en faut croire les rabbins, on en comptait jusqu'à vingt-quatre (a); mais, parmi ces sectes, on en distinguait sept principales : les Pharisiens ou piétistes, séparatistes, (de paras, se] tarer); les Esséniens ou faux mystiques; les Sadducéens, qui étaient les rationalistes, les matérialistes de l'époque; les Hérodiens, qui voulaient la suprématie de l'Etat sur l'Eglise; les Zélateurs, espèces de fanatiques,
22. Et audientes L. non potuerunt verbum ejusreprehendere coram plèbe : et mirati in responso ejus tacuerunt; M*. 22. Et relicto illo, abienmt.
(o) Diocit \Ir. Jochanan : Israël m KOilium non abductus est, priusquàm viginti quatuor surrexerunt seclœ. (Hier. Sunh., fol. 29-3).
qu'on pourrait appeler les puritains et les radicaux de la Synagogue; les Samaritains scMsmatiqu.es; les Nicolaïtes, secte adonnée à la magie, à des pratiques tliéurgiques et à un libertinage effroyable.
Les Sadducéens étaient la secte des riches, des intrigants qui, par leurs basses complaisances envers les Romains, avaient accaparé les premières dignités de la Synagogue. C'étaient les épicuriens et les philosophes du judaïsme. Ils croyaient que l'àme mourait avec le corps, rejetaient, par conséquent, la résurrection des morts, et n'admettaient pour toute règle de croyance que les livres de Moïse. Cette secte était très-influente et très-répandue au temps de Notre Seigneur Jésus- Christ {h).
« Quelques-uns donc des Sadducéens, animaient la résurrection, vinrent trouver Jésus-Christ, » car ils s'unissaient aux Pharisiens dans leur haine contre le Sauveur, « et Us V interrogèrent à leur tour, » dans l'espoir de l'embarrasser par leurs subtilités, et de répandre le ridicule sur le dogme de la résurrection des morts, qu'il enseignait à l'exemple des Pharisiens. Ils choisirent, pour cela, l'un de leurs arguments favoris.
« Maître, lui dirent-ils, Moïse a ordonné que, si un homme gui a pris femme décède sans enfants, son frère épouse la veuve (selon la loi du lévirat, en usage, nonseulement chez les Juifs, mais chez un grand nombre de peuples orientaux, les Indiens, les Perses, et aujourd'hui encore, chez les Siamois, les Afghans, les Tartares, les Tachecker, etc.), « et, qu'elle suscite des enfants à son frère. Or, » poursuivent les Sadducéens, en mettant en avant une histoire sans doute forgée à
Mr. XII. 23. In illo die acccsserunt ad eum Sadducœi, qui dicunt non esse resurrectionem ; et interrogaverunt eum, dicentes : — L. XX. 28. Magister, Moyses scripsit nôbis : Si frater alicujus mort nus fuerit habens uxorem, et hic sine liberis fnerit, ut accipiat eara frater ejus uxorem, et suscitet semen fratri suo.
(b) « Tradilio est, Mr. Neheminm dixisie : eâ generatione quâ Filius Davidis venit, totum regnum convcrtitur in hœresim Sadducvorum (Jah.) » — « Quando Sadduceismus ubique regnaverit, tune véniel redemplio [Jah., fol. 97-1J. »