‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 4 sur 359 · M*. XXII.. 23-46. — § CV. LES SADDUCÉENS CONFONDUS · texte numérisé non relu

M*. XXII.. 23-46. — § CV. LES SADDUCÉENS CONFONDUS

plaisir, mais qui n'en était pas moins valable pour le but qu'ils se proposaient, car il suffisait qu'elle fût possible, « il y avait parmi nous sept frères. Le premier prit femme, et mourut sans enfants; le second épousa la veuve, et mourut aussi sans postérité; le troisième la prit ensuite, et pareillement tous les sept, » l'un après l'autre, « et ils moururent tous sans laisser d'enfants. La femme enfin, » obéissant à son tour, à la loi commune, « mourut la dernière. » Dans l'autre vie., « dans cette résurrection » future, dont vous et les Pharisiens admettez l'existence, « duquel d'entre eux sera-t-elle la femme, puisque tous les sept Vont eue pour épouse (c)? Il est ridicule, il est absurde, qu'une femme appartienne à la fois à sept maris, soit disputée par sept maris; or, si Moïse avait réellement cru à la vie future, comment aurait-il établi, de la part de Dieu, une loi d'où pouvait dériver une telle absurdité? (car, dans la pensée des Juifs, la loi divine était immuable et devait durer éternellement) ; donc Moïse ne croyait pas à la vie future, donc elle n'existe pas. — Cette argumentation pouvait, en effet, embarrasser les Pharisiens, qui avaient, sur la vie future, des idées fort grossières, et se la figuraient à peu près semblable à la vie présente, telle que le paradis de Mahomet, une vie, en un mot, où l'on mangeait, ou l'on buvait, où l'on se mariait, etc.

« Jésus leur répondit : Vous vous trompez, » vous vous faites de fausses idées de la vie future, « ne comprenant ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu, » bien supérieure aux idées étroites que vous vous en

29. Septem ergo fratres erant : et primus accepit uxorem, et mortuus est sine filiis. — 30. Et sequens accepit illani, et ipse mortuus est sine filio. — L. 31 . Et tertius accepit illani. Similiter et omnes septem; et non reliquerunt semen, et mortui sunt. — 32. Novissiraa omnium mortua est et mulier. 33. In resurrectionc ergo cujus eorum erit uxor, si quidem septem habuerunt eam uxorem? — 29. Respondens autem Jésus, ait illis : Erratis, nescientes scripturas, neque virtutem Dei.

(c) On trouve dans le livre Sohar la réponse que les Pharisiens faisaient à cette question. La femme, suivant eux, devait appartenir au premier inaii. (Gènes., fol. 24). Mulier Ma, quœ duobus nupsit in hoc mundo, priori re$t.ituitur (se. in future-) ; — les autres devaient s'en passer.

faites, et qui peut aussi Lieu prolonger l'existence, que la tirer du néant. « Les enfants du siècle, » condamnés à mourir, « se marient et sont donnés en mariage, » afin de perpétuer le genre humain cmi, sans cela, finirait bientôt; « mais ceux qui seront jugés dignes du siècle à venir et de la résurrection des morts, ne prendront point femmes, et ne seront pas donnés en mariage; ils ne pourront plus mourir, car ils seront égaux aux anges, » purs de toute inclination sensuelle; « ils sont enfants de Dieu, » et immortels comme lui, « appelés à ressusciter. » Or, où la mort ne fait point de vide, il n'est pas besoin de mariage pour le combler.

« Quant à la résurrection des morts, » poursuivit-il, si vous étiez plus instruits dans les saintes Ecritures, et pour ne citer que les livres de Moïse,, puisque ce sont les seuls dont vous admettez l'autorité divine, si vous en aviez une intelligence plus profonde, vous comprendriez gue s'ils ne l'affirment pas textuellement, du moins ils l'admettent, et la supposent. « N'avez-vous donc pas lu, pour vous en citer un exemple, « dans le livre de Moïse (Ex. 6-3), ce que Dieu lui dit près du buisson » ardent : « Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ; » tel est mon nom pour l'éternité? Ces paroles supposent une alliance intime et permanente entre Dieu et les patriarches, bien que ceux-ci fussent morts quatre cents ans avant Moïse; or, Dieu ne peut pas s'allier à ce qui n'existe pas, ne peut être le Dieu particulier, le Dieu protecteur, bienfaiteur, de ce qui n'existe pas, de ce qui est retombé dans le néant; « Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants, » car il est la source de toute vie, « et tous vivent en lui. » Donc les patriarches vivaient du temps

L. 34, Filii hujus sœculi nubunt, et traduntur ad nuptias : — 35. Illi vero qui digni habebuntur saeculo illo, et resurrectione ex mortuis, neque nubent, neque ducent uxores. — 36. Neque enim ultra mo-ri poterunt : œquales enim angelis sunt, et filii sunt Dei, cùm sint, filii resurrectionis. — Mr. 26. De mortuis autem quod resurgant, non legistis in libro Moysi, super rubum, quomodb dixerit illi Deus, inquiens : Ego sum Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob? — L. 38. Deus autem non est mortuorum, scd vivorum : omnes enim vivunt ei.

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