‹ L'évangile expliqué, défendu, médité (volume 2)Chapitre 314 sur 359 · A. RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

A. RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST

Les fidèles disciples du Sauveur avaient, sur le soir du vendredi, déposé dans le tombeau, avec une silencieuse tristesse, le corps inanimé du Sauveur, et s'étaient retirés chez eux pour pleurer la mort de leur maître bien aimé. Un jour et deux nuits s'étaient écoulés; la fête de Pâques, d'ordinaire si pleine de joie pour tout bon Israélite, avait été pour eux bien triste et bien amère...; mais une grande joie, allait bientôt remplir leur cœur... Le temps était venu, où celui qui s'était laissé immoler, comme un agneau sans défense, pour le salut du genre humain, devait triompher à son tour, et, comme il l'avait annoncé lui-même, sortir vivant du tombeau.

On ignore l'insta, précis de la résurrection. Elle eut lieu dès la pointe du jour, entre la première aurore et le lever du soleil. De sa propre puissance, sans le secours ni l'intervention d'aucune force, sans briser ni déplacer la pierre, mais la pénétrant par la subtilité de son corps glorieux, Jésus était sorti du tombeau, comme il était sorti intact du sein de la vierge Marie.

Les gardes ne s'aperçurent de rien; ils ne virent pas l'Homme-Dieu; ils ne méritaient pas cette grâce; mais

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ils virent un autre spectacle. « Voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre; un ange du Seigneur descendît du ciel, roula en arrière la pierre du sépulcre, et s'assit dessus » triomphant; « son visage avait l'aspect de l'éclair, et ses vêtements la blancheur de la neige. Bans le saisissement de cette vision, les gardes, frappés d'épouvante, devinrent comme morts. En même temps, les tombeaux s' ouvrir eut, plusieurs d'entre les saints qui dormaient du, sommeil de la mort, se levèrent, sortirent de leurs sépulcres, et vinrent dans la cité sainte, ou ils furent vus de plusieurs. » Ces paroles de l'Evangile semblent indiquer, non une résurrection véritable et permanente, mais de simples apparitions passagères, dont quelques personnes furent témoins.

B. PREMIÈRES VISITES AU TOMBEAU (Jo. XX, 1-10).

« Le soir du grand sabbat, quand le lever des étoiles avait annoncé la fin du jour, Marie-Magdéleine, Marie mère de Jacques, et Salômé, avaient acheté des aromates, pour aller, » à l'aurore, « embaumer Jésus. De grand matin, avant que les ténèbres fussent dissipées, elles se mirent en marche pour se rendre au tombeau, porter les aromates qu'elles avaient préparés . « Ignorant complètement qu'on eût mis des gardes autour du tombeau et que la pierre en était scellée, une seule inquiétude les tourmentait : c'était de savoir comment elles pourraient soulever et déplacer cette pierre pesante, et « elles se disaient les unes aux autres : Qui nous ôtera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau? »

M*. XXVIII. 2. Et ecce terne motus factus est magnus. Angélus enim Domini descendit de coelo, et accedens revolvit lâpidem, et sedebat super eum. — 3. Erat autem aspectus ejus sicut fulgur, et vestimentum ejus sicut nix. — 4. Prœ timoré autem ejus exterriti sunt custodes, et facti sunt velut mortui. — XXVII. 52. Et monuments aperta sunt, et multa corpora sanctorum qui dormierant, surrexerunt. — 53. Et exeuntes de monumentis post resurrectionem ejus, venerunt in sanctam civitatem, et apparuerunt multis. — M'. XXVIII. 1. Vespere autem sabbati, quae lucescit in prima sabbati, Mtp. XVI. 1. Maria Magdalene, et Maria Jacobi, et Salome emerunt aromata. ut venicntes ungerenl Jesum. — 2. Et valde manè, J. XX. I. cùm adhùc tenebne essent, Mr. veniunt ad monumentum, L. portantes quae paraverunl aromata. — Mr. 3. Et dicebant ad inyicem : Quis revolvet nobis lapidem ab ostio monument] ?

Cependant « Magdeleine, » emportée par l'ardeur de son amour, avait précédé les autres femmes. Arrivée la première au sépulcre, « avant que les ténèbres ne fassent dissipées, elle vit qu'on avait été la pierre » et voyant le sépulcre vide, dans son effroi, sans pénétrer dans le monument, « elle courut » au cénacle, «. où étaient saint Pierre et cet autre disciple que Jésus aimait; » (c'est ainsi que saint Jean a coutume de se désigner), et hors d'elle-même, « elle leur dit : Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons où ils Vont mis. » Cependant, « les autres femmes arrivèrent, » à leur tour, « au sépulcre, lorsque le soleil commençait à se lever » (grec : âvaTetlavroç toïï fjXtou). « Lorsqu'elles approchèrent de la grotte, et qu'elles portèrent leurs regards de ce côté, elles virent que la pierre avait été roulée en arrière; or, elle était énorme. Et étant entrées dans le sépulcre, elles ne trouvèrent point le corps du Seigneur Jésus. Pendant qu'elles étaient consternées jusqu'au fond de l'âme, voilà que, près d'elles, parurent deux hommes vêtus de robes resplendissantes, et comme, saisies de frayeur, elles baissaient les yeux à terre, l'un d'eux leur dit: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant1? Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit; venez et voyez le lieu où le Seigneur était déposé. Souvenez-vous de ce qu'il vous a dit, lorsqu'il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour. Et elles

J. XX. 1 . Maria Magdalene venit manè, cùm adhùc tenebrse essent, ad monumentum ; et vidit lapidem sublatum àmonumento. — 2. Cucurrit ergo, et venit ad Simonem Petrum et ad alium discipulum quem amabat Jésus; et dicit illis : Tulerunt Dominum de monumento, et nescimus ubi posuerunt eum. — Mr. XV. 2. Et valdè manè, veniunt ad monumentum orte jam sole. — 4. Et respicientes viderunt revolutum lapidem. Erat quippe magnus valdè. — 3. Et ingressae non invenerunt corpus Domini Jesu. — 4. Et factum est, dùm mente conslernatae essent de isto, ecce duo viri steterunt secùs illas in veste fulgenti. — 5. Cùm timerent autem, et declinarent vultum in terram, dixerunt ad illas : Quid quœritis viventem cum mortuis? — 6. Non est hic, sed surrexit : Mr. Ecce locus ubi posuerunt eum. L. Recordamini qualiter locutus est vobis, cùm adhùc in Galilaeâ esset, dicens : Quia oportet Filium hominis tradi in manus hominuni peccatorum, et cruçitigi, et die t-crtiâ resurgere^

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