M1. XXIV. 1-44. — § CVII. PRÉD. DE LA RUINE DE JERUS
lorsqu'ils voulurent placer les premières pierres, des tourbillons de flammes sortirent de terre, consumèrent les travailleurs, et forcèrent les Juifs d'abandonner leur entreprise, après avoir accompli jusqu'à la lettre la prophétie du Sauveur.
L'esprit frappé de cette effrayante prophétie, les Apôtres suivirent leur Maître en silence. Parvenus au sommet de la montagne, « ils s'y assirent, en face du temple. Pierre, Jacques et Jean s'approchèrent de lui, et lui dirent à part : Maître, quand ces choses arriverontelles? Et quel sera le signe » avant-coureur qui nous apprendra « qu'elles vont toutes s'accomplir? Quel sera, le signe de votre avènement et de la consommation du monde?y) Les Apôtres demandent à la fois trois choses : 1) quand le temple sera détruit; 2) quels seront les signes avant-coureurs de cette catastrophe; 3) quand arrivera l'érection du royaume messianique, qu'ils confondent, dans leur esprit avec le règne glorieux de Jésus-Christ dans la vie future, qui doit avoir lieu après la consommation des siècles. Jésus-Christ ne juge pas à propos de satisfaire entièrement la curiosité des Apôtres, ni de dissiper toutes les obscurités; il ne veut pas enlever à ses disciples la crainte salutaire de la fin, peut-être prochaine, peut-être imminente, de toutes les choses de la terre. Il répond, cependant, d'une manière suffisante aux questions qui lui sont proposées. Sans désigner rigoureusement l'époque précise de la destruction de Jérusalem, il commence par décrire les signes avantcoureurs qui doivent l'annoncer (v. 1-14), puis il fait connaître les principales circonstances de cette catastrophe épouvantable, et donne les avis nécessaires à ses disciples pour s'en préserver (v. 15-22). Mais, dans les desseins de Dieu, le jugement exercé sur Jérusalem était l'image, la figure, le type symbolique d'un juge-
Mr. 3. Et eu m sederet in monte Olivarum, contra templum, Mt. accesserunt ad cum discipuli scercto. M1', interrogabant eum separatim Petrus, et Jacobuset Joannos. et Andréas, L. d'ieentes : pra?ceptor, — Mr. 4. die nobis quandb ista fient? et quod signum erit, quandô hœc omnia incipient consummari? Mt. et quod signum adventùs tui, et consummationis sseculi?
ment plus terrible, d'une catastrophe plus épouvantable encore, qui doit avoir lieu à la fin des temps, lors du dernier avènement de Jésus-Christ sur la terre. La ruine de Jérusalem devait être le prélude, le commencement, et en même temps^ la prophétie vivante et symbolique du dernier acte de la justice divine, qui doit s'accomplir à la fin des siècles; les signes 'précurseurs, les circonstances qui doivent l'accompagner, devront se renouveler plus tard, sur un plus grand théâtre, et d'une manière plus terrible. La prophétie de Jésus-Christ sur la ruine de Jérusalem a donc un double sens, un sens prochain, direct et littéral, et un sens plus éloigné, indirect et typique. Jésus-Christ s'est servi exprès d'expressions fortes qui, si on les rapporte uniquement au châtiment des Juifs, semblent un peu exagérées et hyperboliques, mais qui, dans leur sens typique, doivent avoir, à la fin des temps,, leur accomplissement entier et complet, le regard prophétique de Jésus-Christ découvrant, au delà de la ruine de Jérusalem, une catas trophe plus terrible encore, dont la première n'est que le prélude,, et n'en offre qu'une image imparfaite et anticipée.
Mais, bientôt, Yimage s'évanouit devant la réalité, le type devant l'objet qu'il représente, et, à partir du v. 23 jusqu'au v. 31 , la fin du monde, le jugement dernier, apparaissent seuls devant ses yeux dans leur redoutable et imposante majesté.
b. signes précurseurs de la ruine de jérusalem, mais qui doivent se perpétuer dans le cours des siècles de l'histoire de l'église, et se renouveler avec une plus grande intensité a LA fin des temps.
Ces signes précurseurs sont : 1) par rapport à l'état intérieur du peuple Juif, et de l'Eglise, Y apparition de faux prophètes et de faux messies. « Jésus leur répondit : Prenez garde qu'on ne vous séduise, car, plusieurs viendront en mon now, disant : Je suis le Christ,
4. Et respondens Jésus, dixit eis : Videte ne quis vos seducat : — 5. Multi enim venient in nomine meo, dicentes : Ego sum Christus