B. PERSÉVÉRANCE. — PARABOLE DES VIERGES SAGES ET DES VIERGES FOLLES
(M1, xxv, 1-43. — Evangile du commun des vierges.)
La première disposition qui doit préparer les disciples fidèles de Jésus-Christ au dernier avènement, c'est la fidélité à remplir les devoirs de leur vocation; la seconde, c'est la persérérr/nce dans l'état de grâce, dans les dispositions intérieures de l'âme qui nous rendent agréables à Dieu, dans la foi animée par la charité. C'est ce que Jésus-Christ va nous rendre sen-
48. Si autem dixerit malus servus ille in corde suo : Moram f'acit dominus venire ; — 49. El caeperit percutere conservos suos, manducet autem et bibat cum ebriosis. — 50. Veniet dominus servi illius, in die quâ non sporat, et horà quâ ignorât : — 54. Et dividet eum partemque ejus ponet cum hypocritis ; illic erit iletus et stridor dentium.
M1. XXV. 1-13. — g CVIII. PARABOLE DES VIERGES. 69
sible par la parabole des vierges sages et des vierges folles.
Pour mieux faire comprendre cette parabole, il est utile de donner quelques détails sur les usages des anciens Juifs par rapport à la célébration des mariages. — D'ordinaire, le père de l'époux, après s'être assuré des sentiments de son fils, lui choisissait une épouse. Après la cérémonie des fiançailles, qui avait lieu dans la maison de celle-ci, les fiancés restaient séparés l'un de l'autre l'espace de 10 ou 12 mois. Lorsque le jour fixé pour le mariage était arrivé, on préparait un grand festin dans la maison de l'époux. Sur le soir, celui-ci, en habit de fête, accompagné de ses amis ou garçons d'honneur, se rendait en cérémonie à la maison de l'épousée, qui se trouvait également entourée de ses compagnes ou filles d'honneur. Au bruit de l'arrivée de l'époux, ces dernières allaient, avec des lampes allumées , au devant de lui, et l'accompagnaient dans la maison de l'épousée. Celle-ci, revêtue de sa parure nuptiale, recevait son époux, qui la reconduisait, à son tour, avec une grande pompe, dans sa propre demeure, où avait lieu le festin nuptial.
« 11 en sera, » dit Jésus-Christ, « du royaume des deux, comme de dix vierges » (c'était le nombre ordinaire des filles d'honneur), « qui, la lampe à la main, allèrent au-devant de l'époux » d'abord, « et » puis, avec lui, « de l'épouse. » Elles s'arrêtèrent, pour attendre l'époux, probablement dans le vestibule de la maison de l'épouse, ou peut-être, dans une maison particulière autre que celle de l'épouse, et qui se trouvait sur leur chemin. Les lampes qu'elles portaient, symboles de virginité nuptiale, étaient fixées au bout d'un bâton creux, portant ordinairement trois mèches, alimentées par de l'huile et de la poix, et tenant ainsi lieu des flambeaux.
Or, « cinq de cps vierges étaient sages » et prudentes, « ring étaient folles, » légères, étourdies, dénuées de
M'. XXV. I. Tune slmile erit regnUm cœlorum decem virginibus, qu;e accipientes lampades suas, axierant obviam sponso et sponsae. — 2. Quinque autem ex eis erant fatuœ. et quinque prudentes. —
prudence et de sagesse, comme la suite va le prou- Ter. « Les cinq vierges folles, s' étant munies de leurs lampes, ne prirent point d'huile, » c'est-à-dire que, se contentant de verser de l'huile dans leurs lampes, elles n'eurent pas la précaution d'apporter avec elles une provision supplémentaire, ne réfléchissant pas, dans leur légèreté, que l'époux pouvait retarder son arrivée; « mais les vierges sages, » au contraire, « prirent de l'huile dans leurs vases, » dans des outres, en supplément de celle qu'elles avaient versée clans « leurs lampes. Or, l'époux » dont la demeure, sans doute, était éloignée, « tardant a venir, » n'arrivant pas cà la fin du jour où on l'attendait, « toutes » succombant au besoin naturel du sommeil, « s'assoupirent et s'endor //tirent. Mais, au milieu de la nuit, » beaucoup plus tard, par conséquent, qu'on ne s'y était attendu, le festin des noces commençant d'ordinaire au coucher du soleil, ceux qui faisaient sentinelles au dehors, apercevant la lumière lointaine des flambeaux, en conclurent que l'époux approchait. Aussitôt, « Us poussèrent un cri : Voici l'époux qui vient, allez au-devant de lui. » A ce cri, « toutes les vierges, » reveillées de leur sommeil, « se levèrent, et préparèrent leurs lampes, » mouchant, avançant la mèche, versant de nouvelle huile, afin d'obtenir une flamme plus vive. « Les vierges folles, » s'apercevant, trop tard, que leurs lampes mouraient et s'éteignaient faute d'huile, et qu'elles n'en avaient pas pour y suppléer, « dirent aux vierges sages: donneznous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Les sages répondirent : Allez plutôt à ceux qui en vendent, depeur que nous n'en ayons paspourvous et pour nous. » Les vierges folles , croyant avoir encore le temps d'a-
3. Sed quinque fatuae, acceptis lampadibus, non sumpserunt oleum secum. — 4. Prudentes vero acceperunt oleum in vasis suis cum lampadibus. — S. Moram auiem faciente sponso, dormitaverunt omnes et dormierunt. — 6. Media autem nocte, clamor factus est : Ecce gponsus venit ; exite obviant ei. — 7. Tune surrexerunt omnes virgines illge, et ornaverunt lampades suas. — 8. Fatuas autem sapientibus dixerunt : Date nobis de oleo vestro, quia lampades nostrae extinguuntur. — 9. Responderunt prudentes, dicentes : Ne forte non sufïiciat nobis et vobis, ite potiùs ad vendentes, et emite vobis.