‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 100 sur 419 · M1. XVIII. 21-35. — § LXXII. PARDON DES INJURES · texte numérisé non relu

M1. XVIII. 21-35. — § LXXII. PARDON DES INJURES

v. 25. « N' ayant pas de qtioi les rendre, son maître ordonna qu'on le vendit, lui, sa femme, ses fils et tout ce qu'il avait, 'pour payer sa dette. » — Le péché rend le pécheur esclave du démon et le dévoue à l'enfer : une dette infinie appelle une peine infinie. — Le pécheur est trop souvent une cause de ruine, de malédiction, de damnation, non-seulement pour lui, mais pour tous ceux qui dépendent de lui. Que de fois la faute d'un père de famille appelle sur son épouse et sur ses enfants la honte, l'infamie, la ruine I C'est là un des effets les plus effrayants du péché.

v. 26. « Mais se jetant a ses pieds, le serviteur V implorait, disant ■■ Ayez un peu- de patience, je vous rendrai tout. » — L'homme est un serviteur insolvable, incapable a) d'honorer Dieu comme il le mérite, b) de reconnaître ses bienfaits, c) de satisfaire à la justice divine pour les péchés qu'il a commis. Que doit-il faire dans cette situation ? Imiter la conduite de ce pauvre serviteur, a) faire l'aveu de ses péchés, h) s'humilier devant Dieu avec un cœur contrit et repentant, c) implorer son pardon au nom de Jésus-Christ et en vertu de ses mérites, d) joindre ses oeuvres satisfactoires à celles de Notre Seigneur Jésus-Christ.

v. 27. « Le maître de ce serviteur ayant pitié de lui, le renvoya, et lui remit sa dette. » — Qui comprendra, ô mon Dieu, la grandeur infinie de votre miséricorde ? Un seul mot de repentir suffit pour apaiser votre colère. Vous accordez au pécheur repentant un pardon entier et complet, vous le délivrez de l'esclavage du. démon et de l'enfer, vous lui rendez la paix de la conscience, votre grâce, votre amour, vous lui remettez la dette entière (Jer., lv, 7). — Dieu ne pardonne pas à demi : il remet les plus grandes dettes comme les plus petite.? ; mais pourvu qu'on ne se repente pas à demi, que le changement du cœur soit plein et entier.

v. 28. « Le serviteur, en sortant, rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, et l'ayant saisi, il V étouffait t disant ■' Rends-moi ce que tu me dois. Et il le fit mettre en prison, jusqu'à ce qu'il payât sa dette.» — Quel désolant contraste! Dieu, l'Etre infini, remet avec une inépuisable miséricorde à l'homme, son esclave, misérable ver de terre, une dette énorme, infinie, que celui-ci est impuissant à acquitter, et l'homme à son tour, oublieux des bienfaits qu'il a reçus, se montre dur, inexorable, à l'égard de son semblable, pour une dette minime et insignifiante!

v. 31. « Ce que voyant les autres serviteurs, ils en conçurent itne grande tristesse, et Us vinrent raconter à leur maître tout ce qui s'était fait. » Qui offense un membre de Jésus-Christ blesse tous les autres. Les mêmes anges qui intercèdent pour nous auprès du trône de Dieu, deviendront aos accusateurs, si

nous sommes durs et inexorables pour nos frères. — La parabole ne reconnaît qu'un seul Maître. En présence de la Majesté divine, tous les rangs disparaissent, rois ou bergers, anges ou hommes, nous ne sommes tous que les serviteurs de Dieu.

v. 32, 34. « Alors le maître de ce serviteur V appela et lui dit ; Méchant serviteur, comme f ai eu pitié de toi, ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon? Et son maître irrité le livra aux exécuteurs jusqu'à ce qu'il payât toute sa dette. » — « Une offense, un tort vous irrite, vous blesse ; il est là toujours devant vous dans votre souvenir implacable. Etes-vous donc si pur que vous n'ayez aucune dette semblable envers Dieu? Qu'aurez-vous à répondre lorsqu'il vous interrogera sur vos œuvres, lorsqu'il vous rappellera les dettes immenses dont il vous a fait la remise? A la charité qui compatit, vous substituez l'intérêt sordide, l'égoïsme qui se renferme en soi, et pour qui la souffrance d'autrui n'est rien près d'un peu d'argent. Quel prétexte ne vous suffît pas pour être sourd au cri du besoin, pour refuser d'aider votre frère, pour exiger de lui ce qu'il ne saurait payer ? — Il me doit. — C'est vrai, il vous doit selon la loi humaine. Donc qu'il me livre son dernier vêtement, sa dernière pièce de monnaie, dût-il ensuite mourir de faim avec sa femme et ses enfants. — Ah ! vous réclamez contre lui la loi humaine, vous l'en écrasez. Soit; mais aussi demain le Juge vous courbera sous le poids de la loi divine. Un jour qui n'est pas loin, vous viendrez, vous aussi, demander d'être admis dans la demeure du Maître, demander qu'il vous remette ce que vous lui devez, et le Maître dira : Point de pitié pour celui qui n'a point eu de pitié. Qu'on le livre aux exécuteurs jusqu'à ce qu'il ait payé toute sa dette. » (Lamen.)

v. 35. « Ainsi vous traitera mon Père céleste, sicliacun de vous ne remet du fond du cœur à son frère ce que son frère hd doit. » — L'homme dur et implacable fournit à Dieu des armes contre lui : sa propre conduite l'accuse et le condamne. — Les motifs qui nous excitent au pardon des injures et à l'amour de nos ennemis sont, 1) le commandement exprès de Jésus-Christ qui nous prescrit le pardon, a) comme notre Dieu, F) comme notre Roi, c) comme notre Bienfaiteur; — 2) Y exemple de Jésus-Christ, qu'il nous a donné, a) dès sa naissance à la crèche, i) pendant sa vie, c) à sa mort; — 3) le châtiment terrible, qui attend l'homme sans miséricorde : Dieu lui refuse, a) le pardon, b) la grâce, c) la gloire.

M1. XVUI. 21-35. — § LXXII. PARDON DES INJURES. 141 PROJETS HOMILÉTIQUES.

A. LA. CORRECTION FRATERNELLE (m^., 45-22).

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