‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 163 sur 419 · X. 1-21 — <$ LXXX. PARABOLE DU BON PASTEUR · texte numérisé non relu

X. 1-21 — <$ LXXX. PARABOLE DU BON PASTEUR

J. X. v. 1 . « En vérité, en vérité, je tous le dis, celui qui n'entra point par la porta dans la bergerie, ouais y monte par ailleurs, est un voleur et un larron. » — Celui qui s'introduit de lui-même dans le ministère pastoral, sans y être appelé par Jésus-Christ, sans être animé de son esprit, de son amour pour ses brebis; celui qui s'y propose une autre fin que la gloire de Dieu et le salut des âmes, qui n'a d'autre motif que l'ambition, la cupidité, le désir d'une vie plus commode..., celui-là est un voleur et un larron... ; il ne peut qu'être nuisible dans le poste dont il ose se charger ; plus à craindre pour son troupeau qu'un brigand et un assassin; car, si ses coups n'atteignent pas les corps, ce qui est bien pis, ils atteignent, ils tuent les âmes.

v. 2, 4. « Mais celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. C'est à lui que le pasteur ouvre, et les brebis entendent sa voix, et il appelle par leur nom ses propres brebis, et les rrtène aux pâturages. Et lorsqu'il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. •» — Marques d'un bon pasteur. 1) Il entre par la bonne porte dans le ministère pastoral. Il est véritablement appelé de Dieu, a) par la vocation intérieure de l'Esprit-Saint ; n'ayant d'autre désir que de se dévouer à la gloire de Dieu, au bien de l'Eglise, à la sanctification des âmes; b) par la vocation extérieure, recevant sa mission des pasteurs légitimes. 2) Il doit paître et Inslruire ses ouailles, les nourrir de la parole divine, se mettre à la portée de leur intelligence, afin qu'elles puissent entendre sa voix et comprendre ce qu'il leur dit. Le pasteur muet est une idole. Celui qui se perd dans les nues, veut faire de l'éloquence et ne s'inquiète pas s'il est compris, n'est qu'un comédien et un futile déclamatsur. 3)^11 doit connaître ses brebis, connaître leurs faiblesses, leurs maladies spirituelles, leurs besoins, les visiter, les consoler, être toujours prêt à se rendre à leur appel, etc. 4) 11 doit les conduire dans de bons pâturages, dans le chemin de la perfection. Il doit marcher à leur tête, faire le premier ce qu'il leur prescrit, leur donner l'exemple de toutes les vertus chrétiennes. Il doit prêcher par ses exemples non moins (pie par ses paroles. 5) Il doit appeler ses propres brrhis, non celles des autres, ne point s'immiscer dans le ministère de ses confrères, ne point affecter d'attirer la confiance des âmes dont il n'est point chargé. — De tels pasteurs attirent la bénédiction divine sur leur ministère et sont puissants sur les coeurs de leurs ouailles. Leurs brebis les connaissent, les estiment et sont dociles à leur voix. Envoyez, ô mon Dieu, à votre Eglise de tels pasteurs.

v. 5. « Elles ne suivent point l'étranger, mais le fuient, parce qu'elles ne connaissent point la voix des étrangers. » Le pa.stour

qui reste trop éloigné de ses ouailles, qui ne les visite pas, ne les connaît pas, n'entre pas en rapport avec elles, ne s'inquiète pas de leurs besoins, ne témoigne pour elles qu'une froide indifférence..., un tel pasteur devient pour elles un étranger Ne

découvrant pas en lui le zèle et l'affection d'un bon pasteur, elles s'éloignent à leur tour, lui ferment l'entrée de leur coeur, suivent leur propre voie, au risque d'être dévorées par les loups et de périr misérablement. Quelle responsabilité pour un tel pasteur !

v. 6. « Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent point de quoi il leur parlait. » — Il n'est pire sourd que celui qui ne veut point entendre. « Aures liaient, et non audiunt. » — Que de pasteurs mercenaires ont lu ce texte, ont prêché dessus peut-être, et n'ont pas remarqué qu'il les concernait eux-mêmes!

v. 7. « Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je voies le dis, je suis la porte des brebis. » — Jésus-Christ est la porte des pasteurs et des brebis. C'est par lui qu'on entre dans l'Eglise pour conduire, et c'est par lui qu'on y entre pour être conduit; « car mil ne va au Père, » dit-il, « si ceriestpar moi. »

v. 9, 10. « Quiconque entre par moi sera sauvé : il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. » — Jésus-Christ est la porte de la grâce et de la gloire. Par lui, nous entrons dans l'Eglise pour y trouver les abondants pâturages de la parole divine, des sacrements, de la sainte communion. Par lui, nous sortons de ce monde, pour entrer clans le ciel et nous y nourrir de l'éternelle vérité.

v. 11. « Je suis le bon Pasteur. » — C'est là l'un des titres que les Prophètes donnent au Messie, c'est là, parmi les nombreuses images symboliques sous lesquelles ils le représentent, l'une des plus belles et des plus touchantes. « Dites aux villes de Juda, s'écrie Isaïe, voici votre Dieu. Il gouverne son troupeau comme un pasteur vigilant : il rassemble ses agneaux, il les presse dans ses bras : il les réchauffe sur son sein ; il porte luimême les brebis pleines, etc. » — Ce pasteur annoncé, nous est donné dans la personne de Jésus-Christ ; il se nomme lui-même le bon Pasteur, et il en remplit tous les devoirs envers ses brebis. Il les instruit, les conduit, les nourrit, les porte, lorsqu'elles ne peuvent marcher, veille sur elles, les défend contre dçs loups ravissants qui cherchent à les dévorer, et donne sa vie pour elles. Qui comprendra la tendresse ineffable de ce bon Pasteur pour ses brebis? Voyez comme il est familier avec elles, comme il les appelle, chacune par leur nom, comme il s'intéresse et pourvoit à tous leurs besoins, etc.

« Le Ion Pasteur donne sa vie pour ses brebis. » — Quel est ce pasteur? C'est celui par qui toutes choses ont été faites, qui nous

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