J. X. 1-21. — § LXXX. PARABOLE DU BON PASTEUR
a donné l'existence et la vie; cela ne lui suffit pas, il faut qu'il sacrifie pour nous sa propre vie... Il se fait homme, afin de pouvoir mourir... Il s'abandonne volontairement à la rage de ses ennemis... Il meurt, afin de nous délivrer des angoisses de la mort... Il s'est livré à la mort pour nous arracher au loup dévorant, à la fureur du démon... C'est ainsi qu'il remplit l'idéal d'un bon pasteur. — Il se sacrifie pour ses propres brebis. Ce n'est pas le pasteur d'un troupeau étranger; ses brebis lui appartiennent. — Elles lui appartiennent, parce qu'il les a créées..., parce qu'il les a rachetées au prix de son sang..., parce que son Père céleste les lui a données en propriété, et que personne ne les arrachera de ses mains... Aussi les aime-t-il jusqu'à mourir pour elles. — 0 Jésus, ô bon Pasteur, quel cœur aurions-nous, si nous ne vous aimions à notre tour, si nous ne nous donnions à vous, comme vous vous êtes donné à nous !
v. 12, 13. « Mais le mercenaire voyant le loup venir laisse là les brebis et s'enfuit, 'parce qu'il est mercenaire et n'a point de souci de ses Irebis. » — Le ministre des autels ne devient pas mercenaire parce qu'il retire une Rétribution des fonctions qu'il remplit. Il est juste que le prêtre vive de l'autel, et qu'en se dévouant tout entier à ses fonctions saintes, il en tire la subsistance qu'il ne peut plus se procurer par d'autres travaux. C'est l'esprit mercenaire que Dieu repousse ; c'est l'esprit d'ambition, de cupidité, d'égoïsme, qui recherche les dignités et les honneurs et oublie les devoirs, qui mesure les fonctions d'après le profit qu'il en retire, qui fuit devant le danger et la peine, qui rapporte tout à lui-même, au lieu de s'oublier pour se dévouer au salut des âmes.
v. 14, 15. « Je connais mes Irebis et elles me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père. » — Jésus-Christ ne peut choisir une comparaison plus sublime pour exprimer l'intimité de ses rapports avec les fidèles, que la comparaison de ses rapports avec son Père. — Cette intimité ne peut pas même se trouver entre lui et les anges, car il n'a pas pris leur nature, et il n'est pas mort pour eux.
v. 16. « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut que je les amène, et elles entendrait ma voix, et il n'y aura qu'une bergerie et qu'un pasteur. » — Etendue incommensurable de l'amour de Jésus 1 II embrasse le genre humain tout entier : il nous porte tous dans son cœur. — Si l'amour de Jésus était renfermé dans un cercle limité, peut-être aurionsnous sujet de craindre d'en être exclus : mais, dans un amour sans limite, il n'y a point d'exclusion à craindre. — Unité et universalité de l'Eglise sous un seul pasteur.. — Quand Jésus taisait avec tant d'assurance cette étonnante prédiction, il n'y
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avait aucune vraisemblance qu'elle dût s'accomplir ; et pourtant elle s'est littéralement accomplie, et nous en sommes nousmêmes les témoins. — Pour la prédire, il fallait la prescience d'un Dieu ; il fallait sa puissance pour l'accomplir.
v. 17, 18. « Je donne ma vie pour la reprendre, personne ne me la ravit; mais je la donne de moi-même, et j'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre. » — Jésus est homme, parce qu'il doit mourir : Jésus est Dieu, parce qu'il ne meurt que par sa seule volonté.
PROJETS HOMILÉTIQUES.
{Evangile du ge dimanche après Pâques.)