‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 194 sur 419 · SE GARDER DE L'AVARICE. — PARABOLE DE L'HOMME RICHE · texte numérisé non relu

SE GARDER DE L'AVARICE. — PARABOLE DE L'HOMME RICHE

(L. xn, 43-21.)

Jésus, sorti de Béthanie, parcourait les bourgades de la Judée, attirant partout, sur ses pas, la foule avide de ses divines instructions. Un jour, tandis qu'il instruisait le peuple, « une voix s'éleva tout à coup du milieu de la foule; » c'était celle d'un homme que ses intérêts matériels occupaient plus que le désir de profiter des instructions du Sauveur. « Maître, » dit-il à Jésus, vous dont la parole a tant d'autorité, « dites, » je vous prie, « à mon frère, » ici présent, « de partager avec moi notre héritage, » car il refuse de me donner ce qui me revient légitimement. — D'après la loi mosaïque, (Deut. xxi, 17), l'aîné obtenait une double part de l'héritage paternel, le reste était partagé également entre les puînés; quant à l'héritage maternel, tous les enfants avaient droit à un égal partage.

Les réclamations de cet homme étaient sans doute fondées; mais Jésus voyait avec peine son cœur possédé par un amour déréglé des biens de la terre, passion qui refroidissait en lui l'amour fraternel et l'empêchait de s'occuper du salut de son âme. « Homme, lui dit-il, » qui ne nourrissez dans votre esprit que des pensées basses et cupides, pourquoi venez-vous interrompre les instructions que je donne à ce peuple avide

L. XII. 13. Ait autemei quidam de turba : Magister, die fratri meo ut dividat mecum haereditatem. — 14. At ille dixit illi : Homo,

de m' entendre, pour m'occuper de vos intérêts matériels? « Qui m'a établi juge sur vous? » qui m'a établi « l'arbitre de vos partages? » J'ai à remplir une mission bien autrement importante que celle de vider vos querelles. Vous avez des juges et des tribunaux auxquels vous pouvez vous adresser.

Puis,, se tournant vers la foule, « il leur dit : Gardezvous avec soin de toute avarice, » de tout attachement déréglé aux biens de la terre : « car la vie » le bonheur temporel et éternel « de chacun ne dépend point de l'abondance des biens qu'il possède; » tous les trésors du monde ne prolongeront point votre vie d'un seul jour au-delà du temps marqué par la Providence; ils ne rendent la vie ni plus longue, ni plus heureuse; ils l'abrègent le plus souvent, au contraire, par les excès dont ils sont l'occasion...; la nature se contente de peu. Et afin de rendre cette vérité plus sensible, « il proposa cette parabole : Il y avait un homme riche, dont le champ avait produit une moisson abondante, » qui avait outrepassé toutes ses espérances. Joyeux, mais embarrassé de ces richesses inespérées, « il ré fléchissait en lui-même, disant : Que ferai-je? car je n'ai point de granges assez spacieuses pour renfermer toutes mes récoltes. » — Dans son égoïsme, il oubliait que le ventre du pauvre affamé était un grenier assez vaste pour les contenir toutes et pour les lui conserver pour l'éternité; mais il ne songe qu'à lui-même. Eh bien ! poursuit-il, « voici ce que je ferai, je détruirai mes greniers » trop étroits et trop insuffisants ; « j'en construirai de plus vastes, et j'y rassemblerai tons mes produits et tous mes biens; » et alors, sûr de ne plus manquer de rien et de vivre dans l'abondance, « je dirai à mon âme : Tu as beau-

quis me constituit judicem aut divisorem super vos? — 45. Dixitque ad illos : Videte, et cavete ab omni avaritiâ, quia non in abundantiâ eiijusquaiïi vita ejus est, ex his quae possidet. — 16. Dixit autem similitudinem ad illos, dicens : Hominis cujusdam divitis uberes fïuctus ager attulit ; — 17. Et cogitabat intrâ se dicens : Quid faciam, quia non habeo qub congregein fructus meos? — 18. Et dixit : Hoc i'aciam : destruam horrea mea, et majora faciam; et illùc congregabo omnia quae nata sunt mihi, et bona mea; — 19. Et dicam animae meee : Anima, habes multa

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