AUX BIENS DE LA TERRE
I. C'est pour la société une source continuelle de haine et de discorde.
1) Que de fois la cupidité ne su?cite-t-elle pas parmi les hommes les divisions, la discorde, la haine, l'animosité, etc. ? « Dicfratri meo ut dividat mecum hœreditatem. » — 2) Souvent elle brise les liens les plus étroits, met la désunion dans les familles, et arme les frères contre les frères : « Die fratri meo. » — 3) Disputes, discordes d'autant plus opiniâtres, d'autant plus difficiles à concilier que, de part et d'autre, elles ont pour cause première la cupidité qui ne veut rien entendre : « Ut dividat mecum hœreditatem. »
IL Elle est, pour ceux qui en sont les esclaves, une source continuelle de soucis et de peines, et ne leur procure aucun contentement véritable.
1) La cupidité est insatiable; jamais elle ne se repose et ne dit : C'est assez. Plus on a, plus on veut avoir; « Quid faciam? Destruam horrea mea, et majora faciam ? » — 2) Que de peines, que de travaux pour conserver et accroître sa fortune l II en coûterait
l. xm. 1-9. — § LXXXV. le figuier stérile. 277
bien moins pour acquérir le ciel : « Destruam, etc. » — 3) C'est une source continuelle de soins et d'inquiétudes. La fortune est si fragile, si incertaine... : « Quid faciam? congregabo omnia..., requiesce, etc. »