L. XV. 1-32. — g LXXXIX. LA DRAGME RETROUVEE
âmes ! — Rien ne pèse à la charité, rien ne coûte à qui aime les âmes pour Dieu, et qui sait ce que Dieu a fait pour elles.... Jamais une mère ne paraît plus mère que quand elle a perdu son enfant. Le bon pasteur doit avoir pour ses ouailles, l'amour, les entrailles d'une mère... Le mercenaire pourra faire quelques efforts pour ramener un pécheur. Le bon pasteur ne cesse jamais de courir après la brebis égarée, aucun obstacle ne peut abattre son courage : il ne connaîtra pas de repos tant qu'il ne l'aura pas ramenée au bercail.
v. 5, 6. « Et lorsqu'il l'a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules; et revenant à la maison, il assemble ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis qui était perdue. » — Jésus, le Bon Pasteur, accueille le pécheur repentant, a) avec douceur et tendresse, ne lui adressant aucun reproche; b) avec joie et bonheur; c) avec une tendre compassion, lui épargnant toutes les peines du retour. — C'est une bien douce joie pour un pasteur que d'avoir ramené à Dieu une pauvre brebis égarée, joie bien supérieure à toutes les joies du monde, et qui doit être suivie d'une joie infinie et éternelle.
v. 7. « Ainsi, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dixneuf jîistes qui n ont pas besoin de pénitence. » — Tous les justes du ciel et de la terre se réjouissent de la conversion d'un pécheur. — Tous les chrétiens ne font qu'un seul corps; le bonheur d'un seul homme est commun à tous. L'Eglise triomphante et l'Eglise militante n'ont qu'un cœur et qu'une âme.
B. Parabole de la dragme retrouvée.
v. 8. « Qîielle est la ménagère qui, ayant dix dragmes, si elle en perd une, n'allume sa lampe, ne balaie sa maison, et ne cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve? » — Cette dragme perdue, c'est l'âme de l'homme, créée à l'image de Dieu, marquée de l'empreinte divine, et d'un prix inestimable. Par le péché, cette image divine est effacée, souillée, perdue dans la poussière : « Stim nummus Dei, à thesauro aberravi, miserere mei! » (S. Aug,) — Pour la recouvrer, il faut a) rallumer les lumières presque éteintes de la foi, méditer les grandes vérités de la religion, des fins dernières, de la mort, du jugement, de l'enfer... ; b) parcourir avec soin tous les coins de sa conscience, purifier, nettoyer son âme, en balayer toute la poussière, tout ce qui la soujjde..., par la contrition et la confession de ses péchés.
v. 9. « îEt lorsqu'elle Va trouvée, elle convoque ses amis et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi. car j'ai trouvé la dragme que j avais perdue. » — La perte d'un objet précieux,
les inquiétudes qu'elle cause, rendent plus vive la joie de le recouvrer, en rendent la possession plus chère.
v. 10. « Ainsi sera, je tous le dis, pour un pécheur repentant , la joie des anges de IJieu. » — La conversion d'un pécheur est une fête dans le ciel. — Pour Jésus-Christ, bs anges sont plus qu'une fiction poétique, ce sont des substances spirituelles, réellement existantes, douées de conscience et de raison, saintes et heureuses. Us sont en relation avec ce qui se passe sur la terre et dans le monde moral ; ils prennent une part réelle et vive à la conversion des pécheurs, à tout ce qui peut faire éclater la gloire de Dieu, étendre le royaume de Jésus-Christ, préparer la réunion future du ciel et de la terre.