‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 288 sur 419 · L. XVIII. 1-8. — g XCIV. LE JUGE INIQUE · texte numérisé non relu

L. XVIII. 1-8. — g XCIV. LE JUGE INIQUE

B. Le Pharisien et le Publicain.

v. 9. « A quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme étant justes et méprisaient les autres, il dit encore cette parabole. » — Tout bien vient de Dieu : 1 homme n'a de lui-même et ne doit s'attribuer que ses péchés et ses misères. — L'orgueil est le principe de tout péché. C'est l'orgueil qui a précipité le démon du ciel, qui a chassé l'homme du paradis : c'est l'orgueil pharisaïque qui a crucifié le fils de Dieu. — De l'estime de soimême, naît le mépris des autres, et c'est l'aveuglement qui est le père de l'orgueil. C'est parce qu'on ne se connaît pas qu'on s'estime soi-même, et qu'on méprise les autres : « Tu dis : Je suis riche et opulent, je n'ai besoin de rien, et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » (Apoc, m, 17.) — Il est beau d'être pieux et saint, mais il ne vaut rien de croire qu'on l'est, — Fussions-nous un saint, nous no devrions pas mépriser même un pécheur scandaleux : tout ce que nous avons de bien vient de la grâce divine, et cette grâce peut faire, quand elle le voudra, d'un grand pécheur un grand saint.

v. 10. « Deux Jiommes montèrent au temple pour prier, un Pharisien et un Publicain. » — Aux jeux des Juifs, le Pharisien passait pour un homme juste et pieux, le Publicain pour un pécheur et un homme méprisable. — Les hommes jugent sur l'extérieur, mais Dieu pénètre le fond des cœurs ; il condamne souvent ce que les hommes approuvent, et approuve ce qu'ils condamnent. — Il est bon de prier, mais il y a prière et prière, et tout dépend de la manière dont on prie. — Vous pouvez juger de vos progrès dans la vertu et la sainteté d'après la manière dont vous priez.

v. 11, 12. « Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu, je tous rends grâces de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, voleurs, injustes, adultères, ni comme ce Publicain. » — On voit ici parfaitement caractérisé l'esprit pharisaïque; esprit d'orgueil, de vaine complaisance en sa prétendue vertu, de mépris des autres, d'égoïsme moral et religieux, qui n'aime et ne recherche que soi-même, et non Dieu. — Il y a encore bien des Pharisiens au milieu du christianisme : on peut même dire que, si nous cherchions bien, nous trouverions tous, au fond de notre cœur, un germe secret de pharisaïsme. — Il est louable de remercier Dieu, si on le fait avec sincérité et droiture ; mais, au fond, la prétendue reconnaissance du Pharisien n'est qu'une glorification de lui-même : la véritable reconnaissance est inséparable de l'humilité et du vif sentiment de sa misère. — Que les Ames pieuses se tiennent sur leurs gardes : elles sont

plus exposées que tout autre à se laisser séduire par la vaine complaisance en leur propre mérite : « Malum superbiœ maxime virtuti deditis cavendum est, qiiod nullis opportuniùs insidiatur quàm quibus laus ipsa debetur ». — L'orgueil est un ver qui s'attache aux fruits les plus savoureux. — Ce vice se déguise en bien des manières ; quelquefois même il prend le masque de l'humilité. Socrate disait au philosophe Antisthène : « Je vois l'orgueil percer à travers les trous de ton manteau. »

v. 12. « Je jeûne deux fois la semaine; je donne la dîme de ce que je possède. » — Les œuvres les plus louables, les plus saintes, perdent tout leur mérite et deviennent des péchés, si elles sont inspirées, non par l'amour de Dieu et le désir de lui plaire, mais par l'orgueil et le désir de s'attirer l'estime des hommes. — C'est le sentiment intérieur, ce sont les dispositions du cœur qui font tout le mérite de nos actions.

v. 13. « Le publicain, se tenant éloigné, n'osait pas même lever les yeux au ciel ; mais il frappait sa poitrine, en disant : Mon Dieu, ayez pitié de moi, misérable pécheur. » — Celui qui est humble se croit indigne de paraître devant Dieu. — Plus il s'abaisse, plus Dieu le relève ; plus il se méprise, plus Dieu se plaît à l'honorer ; plus il s'avoue indigne des grâces divines, plus il mérite que Dieu les verse sur lui avec abondance. — « Il se frappe la poitrine. » — C'est du cœur que vient le péché, c'est du cœur que doit venir la détestation du péché et le regret amer de l'avoir commis : heureuse douleur, qui devient une source de consolation et d'une joie céleste. — Dans la prière du Pharisien, c'est le moi qui domine; dans celle du Publicain, c'est Dieu qui tient la première place. Il ne vante pas ses bonnes qualités, il les ignore; il ne se confie qu'en la grâce et la miséricorde divines. Il ne se compare pas avec les pécheurs plus coupables que lui, mais avec la sainteté de la loi de Dieu. ,

v. 14. « Je tous le dis, celui-ci retourka justifié en sa demeure, et non pas Vautre. » — Conclusion du drame. — L'un et l'autre sont jugés par celui qui sonde les cœurs et qui ne se laisse pas séduire par l'apparence. — Les jugements de Dieu diffèrent souvent de ceux des hommes.

PROJETS HOMILÉTIQUES.

A. persévérance daxs la prière : « Oportet semper orare, « et non deficere. »

C'est ce à quoi nous excite :

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