‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 298 sur 419 · B. EXCELLENCE DE LA VIRGINITÉ · texte numérisé non relu

B. EXCELLENCE DE LA VIRGINITÉ

Mais alors, répliquèrent-t-ils, « si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, » qu'il soit lié avec elle par un lien indissoluble, et qu'il ne puisse la renvoyer pour quelque cause que ce soit, « il n'est pas Ion de se marier. Jésus leur dit : Tous ne comprennent pas la

et aliam duxerit, msechatur : et qui dimissam duxerit, mœchatur. — M1". 10. Et in domo iterùm discipuli ejus de eodem interrogaverunt eum. — 41. Et ait illis : Quicumque dimiserit uxorem suam, et aliam duxerit, adulterium committit super eam : (L. et qui dimissam à viro ducit, iruechatur. — M'-. 12. Et quae uxo-r dimiserit virum suum, et alii nupserit, maechatur. — M1. XIX. 40. Dicunt ei discipuli ejus : Si ità est causa hominis cum uxore, non expedit nubere. — 44. Qui dixit illis : Non omnes capiunt verbum istud, sed quibus datum est.

et incestueuse, d'un cfbar enat, irapextèç \6yo\> iropveiaç, nisi causa fornicationis, propter fornicariam mulierem, » h moins qu'il ne s'agisse, suivant le sens propre et littéral du mot hébreu, d'bar ervat, dont Jésus-Christ a dû se servir, d'une femme mariée illégalement et en opposition aux prescriptions de la loi, telle qu'une mère, une sœur, une tante, car alors cette union incestueuse et illicite ne serait pas proprement un mariage : hormis ce cas, dis-je, qui ne détruit en rien l'indissolubilité absolue du mariage, mais la confirme, au contraire, « quiconque renvoie sa femme, et en e'pouse une autre, se rend coupable d'adultère. »

Nous ne pouvons approuver l'interprétation d'autres commentateurs (Stolbèrg, Kirkemaker, Foisset, etc.), qui pensent que Jésus, en permettant le renvoi de la femme pour cause d'adultère parlait, non dans le sens de la loi chrétienne,, mais dans le sens de la loi mosaïque, et se prononçait pour la doctrine de Sebammai ; et que, plus tard, sur l'interpellation de ses disciples, il aurait exposé sa doctrine propre, qui est l'indissolubilité absolue du mariage : car il est évident qu'en opposant à la loi mosaïque, qui permettait le divorce, l'indissolubilité du lien conjugal fondé sur l'institution primitive du mariage, il parlait dans le sens, non de la loi judaïque, mais de la loi chrétienne, qui interdit absolument le divorce.

Dehaut. L'Evang.— T. III. 35

parole « que je vais vous dire, « mais ceux-là seulement, à qui il a été donné, » qui ont reçu de Dieu le don de la continence et de la virginité. « Car il y a des eunuques, » en quelque sorte constitutionnels, « qui sont nés tels dès le ventre de leur mère, » qui sont nés impropres au mariage, et qui, par la froideur de leur tempérament, n'éprouvent aucune inclination pour l'union conjugale; « il en est d'autres que les hommes ont fait eunuques » malgré eux et par violence, et il en est qui se sont fait eunuques eux-mêmes, » qui, triomphant de la concupiscence, et soutenus par la grâce divine, ont renoncé volontairement aux plaisirs des sens, menant sur la terre une vie céleste et angélique, « pour acquérir le royaume des deux, » pour servir, avec une plus grande liberté de cœur, Dieu et la justice, et mériter ainsi le bonheur éternel. « De ces divers eunuques, dit Saint Hilaire, la nature fait les uns, la contrainte fait les autres, les troisièmes, la libre volonté les produit. » — Le mariage est permis, louable, honorable, mais la virginité volontaire est plus parfaite et plus agréable à Dieu. « Que celui-là comprenne, qui veut comprendre, » que chacun mesure ses forces, et sache à quel degré de perfection il peut atteindre; que celui qui peut combattre, combatte et triomphe : « Qui potest pugnare, puf/net, superet ac triomphet » (S. Hyer.)

En prononçant ces paroles, on peut dire que Jésus- Christ fonda le célibat dans l'Eglise. Les Juifs n'avaient aucune idée de la dignité du célibat, car jusqu'à ce que le Messie fût né, toutes les bénédictions étaient attachées à la génération corporelle. Aussi regardaientils comme un crime, pour un homme, de ne pas se marier. « Jusqu'à la vingtième année de l'homme, dit le Talmiid, Dieu regarde s'il prend une femme ou non ; mais après ce temps, il le maudit. Celui qui se marie avant cet âge a un grand avantage, car il donne ainsi, en quelque sorte, un coup de poing sur la figure du Satan des désirs. » Celui qui ne se marie pas re-

— 12. Snnt enim emmclii, qui de matris utero sic nati sont; et sunt ennuchi, qui se ij>sos caslraverunt propter regnum cœlorum. Qui potest capere, capiat.

tarde la venue du Messie; car, d'après la doctrine des cabalistes, l'âme d'Adam, souillée par le péché, est purifiée par la propagation du genre humain. La tache originelle perd de son intensité, en se communiquant; et à mesure qu'un plus grand nombre d'hommes prennent part à la lutte contre le mal, et à la réconciliation de l'homme envers Dieu, l'apparition du Messie est hâtée.

Au reste, l'idée de la chasteté et de la continence, n'était pas étrangère au peuple d'Israël. Ne dut-il pas vivre dans la continence, pendant les trois jours -qui précédèrent celui où la loi lui fut donnée sur le mont Sinaï?Les prêtres qui étaient de service dans le temple ne pouvaient paraître comme médiateurs entre Dieu et l'homme, ni manger des victimes, s'ils ne s'y étaient préparés par la continence et par un bain. Le grandprêtre ne pouvait entrer dans le Saint des saints, à la fête des expiations, s'il n'avait dompté pendant quelque temps l'incontinence de la chair, à laquelle la loi de tous les peuples rattachait tous les maux qui affligent l'humanité. — D'après une ancienne tradition conservée dans le traité intitulé Joraa, il devait garder la chasteté pendant sept jours; et pour s'assurer s'il accomplissait ce devoir, on l'enfermait dans une des chambres du temple. La continence était imposée chez les païens aux prêtres de Gérés à Eleusis, de Cybèle en Phrygio et d'Iris en Egypte, etc. Les protestants, en abolissant le célibat, ont montré clairement qu'ils ne comprenaient rien à l'esprit de la religion chrétienne, et, du même coup, ils ont aboli le sacerdoce. Le protestantisme, sous prétexte de réformer l'Eglise, n'a fait, on peut le dire, que séparer la science de la foi, livrer l'Eglise à l'Etat, et l'esprit à la chair. » (Sepp, i, 526.)

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