‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 299 sur 419 · C. RESPECT ET AMOUR POUR LES ENFANTS — JÉSUS LES BÉNIT · texte numérisé non relu

C. RESPECT ET AMOUR POUR LES ENFANTS — JÉSUS LES BÉNIT

(Mt. xix, 1 3-1 5 ; Mr. x, 43; L. xvm, 45-17.)

Les enfants sont le fruit du mariage. Le devoir des époux est de les conduire à Jésus-Christ et d'appeler sur eux les bénédictions du royaume céleste. L'ins-

tructioii suivante se lie donc naturellement à ce qui précède.

« Alors on présenta » à Jésus « des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et priât sur eux. » —

C'était une ancienne coutume, parmi les Juifs religieux, de conduire les enfants auprès des personnes recommandables par leur sainteté ou leur dignité, pour les prier de leur imposer les mains et de les bénir, et on attachait à cette bénédiction des grâces temporelles et spirituelles. « Et comme ses disciples, y> craignant, sans doute, que leur Maître ne fût importuné de toutes ces demandes, ou pensant qu'il était contraire à sa dignité de s'occuper de petits enfants, « les repoussaient, » ou, selon saint Marc, « rebutaient, avec des paroles dures, ceux qui se présentaient. Jésus, » qui ne sut jamais repousser ce qui était humble et petit, qui avait une affection particulière pour l'innocence et la simplicité du jeune âge et qui respectait la foi et la confiance de ces mères juives, « s'en indigna, et, appelant lui-même ces enfants, il leur dit : Laissez ces petits enfants venir à moi, et gardez-vous de les en empêcher', » loin de les repousser avec mépris, respectez leur innocence et proposez-vous-les comme modèles; « car, c'est à ceux qui leur ressemblent, » à ceux qui ont leur simplicité naïve, leur vie innocente, leur foi humble et docile, « qu'appartient le royaume des deux. » — « En vérité, je vous le dis, quiconque ne reçoit pas comme un enfant, » avec l'humble docilité des enfants, qui croient sans raisonner et sans disputer, « le royaume de Dieu, » la révélation divine manifestée dans î'Egiise, « n'y entrera pas, » et sera exclu du nombre des élus. « Et les embrassant, et imposant la main sur eux, il les bénissait. » — Nous devons croire que cette bénédiction du Sauveur fut, pour ces heureux

Mt. XIX. 43. Tune oblati sunt ei parvuli, ut manus eis imponeret, et oraret. — M''. Discipuli autem comminabantur offerentibus. — 4 4. Quos cùm viderct Jésus, indigné tulit, et, L. 16. Convocans illos, dixit : Mr. Sinite parvulos venire ad me, et ne prohibueritis eos; talium est enim regnum Dei. — 45. Amen dico vobis : Quisquis non receperit regnum Dei velut parvulus, non intrabit in illud. — 16. Et complexans eos, et imponens manus super illos, benedicebat eos. —

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enfants, une source abondante de grâces. « Après leur avoir imposé les mains, il partit de là. »

Jésus est venu pour tous, et s'est fait tout à tous. Les petits ne sont pas plus exclus que les grands de sa sollicitude et de son amour ; il semble même qu'il ait pour eux une tendresse particulière. Personne, si humble, si petit qu'il puisse être, n'est rebuté, n'est exclu de ses grâces et de ses bénédictions. Le ciel est pour les petits, et, pour y entrer, il faut être petit, du moins, par l'humilité du cœur.

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

A. Indissolubilité du mariage.

M1. XIX, v. 1. « Jésus partit de la G alitée et vint aux confins de la Judée. » — A l'exemple de Jésus-Christ, l'ouvrier évangélique doit avoir un zèle que rien ne lasse, qui ne connaît pas de repos.

v. 2. « Une grande multitude le suivit, et il les guérit» — On ne suit pas en vain Jésus-Christ. C'est en marchant fidèlement sur ses traces que nous méritons de jouir de sa présence pendant l'éternité : « Là où je serai, mon serviteur sera aussi. » Jo., XII, 26.

v. 4, 5. « JV'avez-vous point lu, qu'au jour où Dieu créa le genre humain, il fit V homme et la femme, et qu'il dit : L'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair? Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare point. » — 1) Sainteté du mariage. — Dieu a lui-même établi le mariage dès les premiers jours de la création de l'homme : il est la suite nécessaire de la distinction des sexes. C'est une union tellement sainte qu'elle doit l'emporter même sur les liens les plus sacrés, tels que ceux qui unissent un père à ses enfants. — 2) Indissolubilité du mariage. — Abolition de la polygamie ouverte ou déguisée. C'est la plus grande révolution morale qui ait été faite dans le monde. — a) Dieu n'a créé qu'un seul homme et qu'une seule femme ; il a donc voulu que cette femme pût lui suffire et ne le quittât pas. — b) L'époux et l'épouse ne font qu'une seule chair ; l'un des conjoints ne peut pas plus se séparer de l'autre, que se séparer d'avec soi-même. — c) Il n'est pas au pouvoir de l'homme de séparer ce que Dieu a uni. — « Par cette loi, Jésus

Bit. 15. Et cùm imposuisset eis manus, abiit îndè.

rétablissait le mariage dans la pureté de son institution première, sur le modèle que Dieu avait proposé, il délivrait la femme de sa longue ignominie, il donnait aux époux la gloire de la chasteté conjugale, aux enfants, la sereine sécurité du foyer domestique, au genre humain tout entier une origine plus pure et l'honneur et la paix d'une meilleure vie. — Le mariage chrétien a créé la famille, et la famille a mis le genre humain dans une situation générale de dignité et de bonheur qu'il n'était pas donné au paganisme de rêver, ni morne de comprendre. » (L. Veuillot. Vie de Jésus.)

v. 9. « Mais, je vous le dis, quiconque renvoie sa femme, hors le cas d'adultère, et en épouse une autre, commet un adultère; et celui qui épouse une femme renvoyée, se rend adultère. » — L'adultère, de la part de l'un des époux, peut autoriser une simple séparation de corps et de biens, mais non le divorce, ni amener la dissolution du lien conjugal.

B. Excellence de la virginité volontaire.

v. 10-12. « Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition à l'égard de la femme, il n'est pas bon de se marier? Il leur dit: Tous ne comprennent pas cette parole ,,mais ceux-là seulement à qui elle a été donnée. Il y a des eunuques nés de la sorte dès le sein de leur mère; d'autres le sont devenus par le fait des hommes; d'autres enfin le sont de leur propre volonté, pour le royaume des deux. Que celui-là comprenne, qui sait comprendre. » — Tous les hommes ne sont pas appelés à l'état du mariage ; il en est que Dieu appelle à un état plus parfait. La vocation à la virginité est plus sainte et plus parfaite que celle du mariage; et rend le salut plus facile. La virginité volontaire est la couronne et le glorieux privilège de l'Eglise catholique. Ce beau lis ne fleurit que dans son sein ; mais elle suppose une grâce particulière. La continence est un don de Dieu, et nous ne pouvons l'obtenir par nos propres forces. Il y a un célibat de l'ignominie et du vice : le célibat de la vertu élève en quelque sorte l'homme à la dignité de l'ange. « Mais, si la chasteté est nécessaire quelque part, c'est dans le service de la divinité. Il ne s'agit pas ici, dit saint Chrysostome, du gouvernement d'un empire ou du commandement des soldats, mais d'une fonction qui demande une vertu angélique. L'àme d'un prêtre doit être plus pure que les rayons du soleil. » — « Le ministre chrétien, dit encore saint Jérôme, est le truchement entre Dieu et l'homme. » Il faut donc qu'un prêtre soit un personnage divin : il faut qu'autour de lui régnent la vertu et le mystère ; retiré dans les saintes ténèbres du temple, qu'on l'entende sans l'apercevoir...; que ses apparitions soient courtes parmi les hommes,

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qu'il ne se montre au milieu du siècle que pour faire du bien aux malheureux : c'est à ce prix qu'on accorde au prêtre le respect et la confiance, il perdra bientôt l'un et l'autre, si on le trouve à la porte des grands, s'il est embarrassé d'une épouse, si l'on se familiarise avec lui, si l'on peut un moment le soupçonner homme comme les autres hommes. » (Chateaubriand, Génie du Christianisme.)

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