A. JÉSUS MAUDIT LE FIGUIER STÉRILE
« Le lendemain, matin, » 11 nisan, lundi 3 avril, après avoir passé la nuit dans la maison de Lazare, Jésus se mit en route, accompagné de ses disciples, pour revenir à Jérusalem. Il voulait continuer à se manifester au peuple dans sa dignité messianique, et à en remplir les
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fonctions. Il exerce l'office de souverain Juge par nn acte symbolique, qui représente ostensiblement le châtiment et la réprobation du peuple Juif, il purifie le temple et en chasse les profanateurs, il guérit les malades, il instruit le peuple, et est loué par la bouche innocente des enfants.
« Comme il sortait, » avec ses disciples, « de Bètlianie, » sans avoir pris de nourriture, « il eut faim (a), et apercevant de loin, » sur le bord de la route, « un figuier qui, déjà, était couvert de feuilles, » ce qui était extraordinaire pour la saison, « il vint pour voir s'il n'y trouverait pas, par hasard, quelque fruit, » soit queiques-unes de ces figues tardives, qui passent l'hiver sur l'arbre et se recueillent au printemps, soit quelque figue nouvelle un peu hâtive, et cela avec d'autant plus d'espoir que les ligues commencent d'ordinaire à se montrer avant les feuilles; « mais, après s'en être approché, il ne trouva que des feuilles, Ce n'était pas, » il est vrai, comme le remarque l'Evangéliste, « le temps des figues, » l'époque ordinaire de leur récolte, qui a lieu en juin, pour les figues du printemps; mais les rabbins eux-mêmes nous apprennent qu'en Palestine il était rare qu'un figuier fut absolument sans aucune espèce de fruit (b), et les feuilles dont l'arbre était couvert pouvaient faire espérer d'y trouver, si ce n'est quelque ngue tardive de l'année précédente, du moins, quelque figue précoce de la saison nouvelle.
« Jésus, » déçu dans son attente, « dit au figuier, » non, comme n'ont pas craint de le supposer quelques
Mr. XI. 12. Et aliâ die, cùm exirent à Bethaniâ, W. manè revertens in civitatem, M1', csuriit. — 13. Cùmque vidisset à longé, M(. secùs viam, Mr. ficum habentem folia, venit si quid forte inveniret in eà. Et cùm vcnlssot ad eam, nihil invenit praeter folia : non enim erat tompus ficorum. — 14. Et rospondens, dixit ci :
(o) Cette faim, dit. Cornélius à Lap., n'était pas naturelle, mais volontaire, puisque l'on était au matin. Cette raison ne me parait pas péremptoire. Peut-être Jésus n'avait-il pas soupe la veille : il jeûnait souvent, de même que souvent il passait toute la nuit en prière.
(b) Ità comparala est ficus, ut quoeumque tempore, qui eadem attingat, fructus in eâ inventant. Non enim simul maluresemit, sed liodiè paululùm, et crat paululùm, ut omni tempore exindè comedere liceat.
exégètes rationalistes, par un sentiment puéril de dépit et de vengeance, mais afin d'instruire ses disciples, et de montrer aux yeux, par une action symbolique et uue sorte de prédiction visible, sensible et permanente, la stérilité de la Synagogue, et la réprobation définitive du peuple Juif : Arbre stérile, sois maudit : « que nul, désormais, ne mange de tes fruits. » Ses disciples entendirent avec étonnement ces paroles mystérieuses dont ils ne comprirent la profonde signification que plus tard.