‹ L'évangile expliqué, défendu, méditéChapitre 378 sur 419 · PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL · texte numérisé non relu

PARABOLE DU FESTIN NUPTIAL

(Même jour, mardi de la dernière semaine.) (M*, xxii, 1-14. — Évangile du 19e dimanche après la Pentecôte.)

Jésus ne se rebute pas par le mauvais succès de ses tentatives pour vaincre l'opiniâtre endurcissement des Juifs, et veut tenter encore une nouvelle épreuve. Il vient de leur reprocher leurs desseins homicides, de leur montrer la main de la justice divine suspendue sur leur tête ; il revient avec une nouvelle force, dans une troisième parabole, sur le jugement de réprobation qui doit les repousser du royaume de Dieu, et substituer à leur place les Gentils si méprisés.

« Jésus, continuant de parler en parabole, reprit en ces termes : Le royaume des deux est semblable à un roi, qui fit les noces de son fils, » qu'il voulait associer au gouvernement de ses états. « Il envoya ses serviteurs appeler ceux » d'entre les courtisans, les princes et les gouverneurs de province « qui étaient conviés aux noces; mais ceux-ci, » à qui le mariage, sans doute, ou le nouveau prince, ne plaisait pas, « refusèrent de venir. Le roi, » sans se rebuter, « envoya encore d'autres serviteurs, les chargeant de dire aux conviés : Voilà

45. Et cùm audissent Principes sacerdotum et Pharisœi parabolas ejus, cognoverunt quod de ipsis diceret. — 46. Et quaerentcs L. mittere in illum manus illà liorà. M', tîmuerunt turbas, quoniam sicut prophetam eura habebant. — M'. XXII. 1 . Et respondens Jésus, dixit iterum in parabolis eis, dicens : — 2. Simile factum est regnum cœlorum homini régi, qui fecit nuptiasfîliosuo. — 3. Et misit servos suos vocare invitâtes ad nuptias ; et nolebant venire. — 4. Iterùra misit alios servos, dicens : Dicite invitalis ; Ecce

m1, xxii. 1-14. — § CIV. Parabole du festin nuptial. 507

que mon festin est prêt; on a tué le bœuf et tous les animaux que j'avais fait engraisser, tout est prêt : venez aux noces. » D'après la coutume des Orientaux, les cou vies étaient invités deux fois ; d'abord, quelques jours avant le festin, puis, le jour même, quelques heures avant. « Mais » les invités persistèrent dans leur refus, et « ne tinrent aucun compte » des nouvelles instances qui leur étaient faites. Sans se soucier de son festin, « ils s'en allèrent, l'un à sa ferme. Vautre à son négoce. D'autres » môme, irrités de ce que, sans tenir aucun compte de leur opposition, le roi leur faisait réitérer une invitation qui leur était odieuse, joignirent au mépris une rébellion ouverte.

« Ils se saisirent des serviteurs » du roi, les outragèrent et les tuèrent. Le roi, ayant appris » leur révolte audacieuse, et leur attentat., « fut transporte' de colère, » et résolut de tirer une vengeance éclatante de ces insolents rebelles. « Il envoya ses armées, extermina ces meurtriers, et brûla leur ville. Pais, il dit à ses serviteurs: Le festin des noces est prêt; mais ceux que j'avais conviés n'en étaient pas dignes. Allez donc à l'issue des chemins, » à l'endroit où plusieurs chemins aboutissent et se croisent, « et ceux que vous trouverez, invitezles aux noces. » Dociles aux ordres de leur maître, « les serviteurs s'en allèrent sur les chemins, rassemblant tous ceux qu'ils trouvèrent, » riches ou pauvres. « bons on mauvais, et la salle des noces fut remplie de convives. Le roi entra « alors « pour voir ceux qui étaient à table, et apercevant un homme qui n'était pas revêtu de la robe n uptiale, » de l'habit de fête que la décence

prandium raeum paravi, tauri mei et allilia occisa sont, et omnia parata : vonite ad nuptias. — 5. Illi autem neglexerunt ; et abierunt, alius in villam suam, alius vero ad negotiationem suam. — 6. Reliqui verb tenuerunt servos ejus, et contumeliis afiectos occiderunt. — 7. Rex autem eùm audisset, iratus es! : et missis exercitibus suis, perdidit homicidas illos, et civitatem illorum succendit. — 8. Tune ait servis suis : Nuptiae quidem paratae sunt;sedqui invilati erant, non fuerunt digni. — 9. Ile ergo ad exitus viarum, et quoscumque invsneritis, vocate ad nuptias. — 10. Et egressi servi ejus in \ias, congregaverunt omnes quos invenerunt, malos et bonos; et implebs sunt nuptiae diseumbentium. — 11. Intravit autem re\ ut videret discumbentes, et vidit ibi hominem non vestituni veste nuptiali.

seule imposait à celui qui devait prendre part à une fête aussi solennelle, à une réunion aussi honorable, « lui dit : Ami, comment » vous êtes-vous permis « d'entrer ici, sans avoir la rote nuptiale? — Cet homme, » rempli de confusion, et n'ayant rien à répondre, « resta muet. Le roi » irrité, « dit alors à ses serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dehors, dans les ténèbres extérieures, » dans les ténèbres qui régnent en dehors de la salle du festin (Voy. T. II, § XLIV), dans la prison noire et ténébreuse, dans le lieu de torture, « où se font entendre les pleurs et les grincements de dents. Car beaucoup sont appelés mais peu sont élus. »

Le sens de cette parabole est aussi facile à comprendre que celui de la précédente. Le roi qui célèbre les noces de son fils unique, c'est Dieu, le Père céleste ; le Prince royal, c'est Jésus-Christ. Le festin préparé, c'est la religion chrétienne; la salle des noces, c'est l'Eglise. Les serviteurs du roi, envoyés pour faire les invitations, ce sont les prophètes envoyés de la part de Dieu au peuple d'Israël. Les conviés qui refusèrent de venir, ce sont les Juifs infidèles à la voix des prophètes. Les serviteurs, envoyés de nouveau pour appeler les conviés, sont les Apôtres ; les conviés insolents et rebelles, sont les Juifs du temps de Notre-Seigneur, les Pharisiens qui, non contents de fermer l'oreille à la voix qui les appelle, persécuteront et mettront à mort Jésus- Christ lui-même et les Apôtres qui viendront après lui. Les armées envoyées par le roi pour punir les meurtriers, sont les armées romaines qui, sous la conduite de Tite, environneront, prendront, détruiront la ville de Jérusalem, brûleront le temple, et en disperseront les habitants par toute la terre. Les derniers conviés qui remplissent la salle du festin, sont les Gentils appelés, à la place des Juifs, à la lumière de la foi. L'homme non revêtu de la robe nuptiale est le chrétien destitué de

42. Et ait illi : Amice, quomodo hùc intrasti non habens vestem nuptialem? At ille obmutuit. — 43. Tune dixit rex ministris; Ligatis manibus et pedibus ejus, mittite eum in tenebras exteriores : ibi erit fletus et stridor dentium. — 44. Multi enim sunt vocati, pauci vero electi.

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