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vantable jour du Seigneur, et il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne soudain, et que je ne frappe la terre d'anathèmc. » — Les Pharisiens et les docteurs de la loi, confondant le second avènement du Messie avec le premier, concluaient de ce passage, que le prophète Elie devait venir en personne préparer les voies du Messie, et ils en concluaient que Jésus n'était pas le Messie, puisque le prophète Elie n'était pas encore venu.
Maintenant qu'Elie s'était montré aux disciples, et qu'il était venu, non comme le disaient les Pharisiens, pour préparer les voies, mais au milieu même du ministère de Jésus-Christ, et que, toutefois, leur Maître leur défendait de divulguer cette circonstance, les disciples crurent devoir demander des explications sur la doctrine des Pharisiens. « Et ses disciples l'interrogèrent, disant : Qu'est-ce donc que disent les Pharisiens et les Scribes, qu'il faut d'abord, » avant que le Messie paraisse, et pour lui préparer les voies, « qu'Elie vienne » et descende de nouveau sur la terre? « Jésus leur répondit : Mie, en effet, doit tenir, et rétablira toutes choses, et il aura, comme cela est aussi écrit du Fils de l'homme, beaucoup à souffrir, et sera rejeté avec mépris. » Gomme les prophètes l'ont prédit, Elie reviendra sur la terre, mais à la fin des temps, « avant le grand, l'épouvantable jour du Seigneur, » lorsque je viendrai moimême sur les nuées juger les vivants et les morts, et « il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, » il convertira les Juifs, réconciliera la Synagogue avec l'Eglise, renversera le mur de séparation et rétablira le royaume de Dieu dans toute sa splendeur (Voy. Rom. ix, 25-26; Eph. n, 13-15).
(( Mais, » dans un autre sens, « je vous le dis, Elie est déjà venu; » un nouvel Elie, doué, comme le pre-
M1" 40. Et interrogabant eum, dicentes : Quid ergo dicunt Pharisaei et Scribœ, quia Eliam oportet yenire prinrùm? — M* il. At ille respondcns, ait eis : Elias qxiidem venturus est, et Mf cum venerit primo restituet omnia; et quomodo scriptum est in Fiîium hominis; nt multa patiatur et contemnatur. — M. DÎCO autem vobis, quia Elias jam venit,
mier, d'un zèle ardent, d'une énergie et d'un courage que rien ne pouvait abattre, est apparu au milieu des Juifs, pour les préparer à ma venue, « et ils ne Vont pas connu; » il est resté un étranger pour eux, ils n'ont pas reconnu sa mission divine^ ils n'ont pas écouté sa voix, « et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu; » ils l'ont persécuté, jeté dans un cachot, sacrifié à la haine d'une femme méchante et impudique. « C'est ainsi qu'ils feront mourir le Fils de l'homme; » ils le trahiront de la même manière; lui aussi, ils le livreront à la mort. « Alors ses disciples comprirent qu'il leur avait parlé de Jean-Baptiste. »
POLÉMIQUE RATIONALISTE
1° « La Transfiguration n'est pas un fait historique., c'est un « mythe. » — Les difficultés que Strauss oppose à la réalité historique du récit n'offrent rien de sérieux, et se trouvent réfutées d'avance par les explications que nous avons données. — a) Tandis que saint Matthieu « place la scène de la Transfiguration de Jésus- Christ six jours après l'entretien qui précède de Jésus avec ses Apôtres, saint Luc met entre ces deux événements un intervalle de huit jours. » — Saint Luc dit que la Transfiguration eut lieu environ huit jours après : « Fere (lies octo, » parce qu'il comprend, dans ce nombre, le jour où Jésus fit le discours précédemment indiqué et celui où eut lieu la Transfiguration : il n'y a donc là aucune contradiction. — V) « On oppose le silence de saint Jean. » — Pourquoi aurait-il rapporté ce qui se trouvait déjà dans les trois évangiles qu'il se proposait seulement de compléter? — c) « Strauss trouve que la résurrection ou l'apparition des morts est impossible. » — A-t-il donc mesuré la puissance de l'Etre infini, et lui est-il donné de lui assigner des bornes? — d) « Mais comment les Apôtres purent-ils connaître que c'était Moïse et Elie? » — Ils le purent connaître, ou par leur entretien avec Jésus, ou par une lumière, une ré-
el non cognoverunt eum, sed fecerunt in eo qiicecumque volucrunt. Sic et Filins hominis passurus est ab cis. — 43. Tune intellexerunt discipuli, quia do Joanno Baptista dixisset eis.
Hl, XVII. 1-13. — S LXIX. TltANSFIGURATION DE J.-C. 95
vélation supérieure. — é) « Avaient-ils uu corps fantastique ou réel, et comment concevoir l'un ou l'autre? »
— On sait qu'Elie fut enlevé dans le ciel en corps et en âme; il avait donc un corps réel, lors de la Transfiguration. Maldonat pense qu'il dut en être de même de Moïse; qu'importe d'ailleurs? nous ne voyons pas quelle difficulté sérieuse on peut tirer de là. — « Le but de la Transfiguration semble puéril au docteur Strau
— C'est qu'il ne le comprend pas (Voy. ce que nous avons dit précédemment). Jésus-Christ y apparaît comme le centre de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'accomplissement de tout ce qui était figuré et prédit, etc.
/) « La lumière, chez les Orientaux, est l'emblème de la divinité. Le sort futur des justes, dans l'Ancien Testament, est comparé h l'éclat du soleil et des astres. Moïse revient du Sinaï, la face resplendissante. Or, Jésus ne devait pas être inférieur à Moïse; il dut aussi être transfiguré sur une montagne; il dut avoir sa voix du ciel, sa nuée lumineuse, etc. » — Ici, cependant, la règle de gradation semble violée, car la scène du mont Sinaï offre quelque chose de plus imposant, de plus grandiose que celle du mont Thabor. — Mais qu'est-ce que tout cela prouve? Avec de pareils procédés, il n'est rien dont on ne puisse faire un mythe; Strauss luimôme en deviendrait un très-facilement.
2° « La scène de la Transfiguration est, tout simplement, un songe » (Rau, Gabier, Kunoël, etc.). — Pendant ou après une prière prononcée par Jésus, et dans laquelle il fut question de Moïse et d'Elie, et- où l'on demandait l'arrivée prochaine de ces précurseurs messianiques, les trois Apôtres fatigués s'endorment, conservant dans leurs oreilles assoupies le bruit de ces noms prononcés par Jésus; ils rêvèrent que Moïse et Elie étaient présents, et que Jésus étail transfiguré xt tout brillant d'une Lumièi ! ; et ces images flottè-
rent pendant quelque temps devant leurs yeux, au premier moment de leur réveil, où leurs idées n'étaient pas encore revenues bien claires. » — On a trouvé, non sans raison, assez extraordinaire que les Apôtres aient eu, simultanément tous trois, absolument le même songe,
et qu'ils aient pris tous ce songe pour une réalité ; aussi, Kunoël soupçonne-t-il que Pierre, le seul qui ait parlé, est aussi le seul qui aura rêvé, et que les évangélistes auront attribué aux trois Apôtres, en vertu de la figure appelée synecdoque, ce qui n'était arrivé qu'à l'un d'eux. On voit que ces habiles interprètes ne restent jamais à court. Il faut, en vérité, que l'illusion dont saint Pierre fut victime et qui lui fit confondre un songe avec la réalité, fût bien tenace et bien opiniâtre, pour lui avoir fait dire dans son épître : « Nous entendîmes nous-mêmes cette voix qui venait du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la montagne. » — Il est aussi assez étrange que Jésus leur eût défendu de parler d'un songe imaginaire, etc.
3° « La scène de la Transfiguration n'était autre qu'un rendez-vous secret de Jésus avec les Esséniens. » — C'est le docteur Paulus qui a fait cette grande découverte. 11 lui paraît toutefois assez difficile de décider, d'une manière précise, quels étaient ces deux hommes auxquels ils avaient donné rendez-vous sur la montagne du Thabor. Kunoël croit reconnaître en eux Nicodème et Joseph d'Arimathie; mais Venturini est porté à croire que c'étaient plutôt des Esséniens, avec lesquels Jésus était associé en secret, les mêmes qui le cachèrent chez eux, suivant lui, après sa prétendue ascension au ciel. L'objet de leur entretien était de faire connaître à Jésus les projets hostiles des Pharisiens, et d'examiner les moyens à prendre pour y échapper. Avant leur arrivée, Jésus priait, et les Apôtres s'étaient endormis. Aux voix étrangères qu'ils entendent auprès de Jésus, ils se réveillent et aperçoivent leur Maître debout sur un point de la montagne plus élevé que celui où ils se trouvaient, resplendissant d'un éclat extraordinaire, qui provenait des premiers rayons de l'aurore, ou du soleil levant, qui tombaient d'aplomb sur lui, et peut-être, étaient réfléchis par des neiges voisines. Dans le premier moment de la surprise, ils croient voir dans ce phénomène une splendeur surnaturelle, et ils aperçoivent les deux hommes que, dans leur crédulité superstitieuse, ils prennent pour Moïse et Elie : leur confusion augmente quand ils voient ces deux incon-
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nus disparaître dans une claire nuée du matin, qui s'abaissa au moment où ils partirent, et quand ils entendirent ces deux étrangers, peut-être le père inconnu de Jésus, dit l'impudent Venturini, crier du milieu de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » — Ils prirent naturellement cette voix pour une voix crloste, et ils essayèrent de retenir ces deux hommes prêts à quitter Jésus, en s'écriant : « Il fait lou rester ici, faisons-// trois lentes, » etc. — Tel est l'odieux et ridicule travestissement que les naturalistes modernes de l'Allemagne protestante n'ont pas craint de faire subir au récit évangélique. Nous croirions faire injure au bon sens de nos lecteurs que de nous abaisser à réfuter toutes ces absurdes inventions, toutes ces profanations sacrilèges du texte sacré, qui font la honte du protestantisme.
ENSEIGNEMENTS PRATIQUES
M1. XVII, v. 1. « Six jours après, Jésus prit Pieire, Jacques et Jean son frère, et les conduisit en un lien écarte', sur une • haute montagne. » — Le chemin de la perfection est rude et difficile ; on n'y parvient que par degré ; il faut se faire violence, monter, grimper... ; mais on en est bien dédommagé quand on est arrivé au sommet. — Les grâces extraordinaires ne sont pas le partage de tous ; Dieu les accorde à qui il lui plaît. On ne doit ni les désirer ni les envier : chacun doit s'en reconnaître indigne ; on peut se sauver sans elles et se perdre avec elles. — Les six jours sont la figure de notre pèlerinage sur la terre, en attendant que nous soyons admis à voir le Seigneur dans sa gloire. — Jésus choisit pour témoins de sa Transfiguration : a) Pierre, l'homme de la foi; V) Jacques, le premier qui acheta le ciel par le martyre; c) Jean, le disciple de Y amour, celui que Jésus aimait. Ce sont les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, qui doivent nous ouvrir les portes du ciel. Ces trois Apôtres furent choisis pour être les témoins de la Transfiguration de Jésus-Christ, parce qu'ils devaient être les témoins de son agonie au jardin des Olives. Les consolations de la grâce que Dieu nous fait goûter ont pour but de nous préparer aux souffrances et aux épreuves, qui sont généralement le partage des enfants de Dieu; il faut souffrir avec Jésus-Christ, pour être glorifié avec lui.
L. IX. v. 29. « Pendant qu'il priai/., un changement subit se manifesta dans son extérieur, M*, et il fut transfiguré devant
Duiiaut. L'Lvana.— T. 111. 9
eux. Sa face resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la neige. » — Pour recevoir les grâces et les communications divines, il faut quitter le tumulte du monde, élever son âme vers le ciel, s'unir à Dieu par la prière. La prière a une véritable puissance de transformation ; elle répand la lumière clans notre intelligence, échauffe notre cœur du feu de l'amour divin, en nous unissant à la source de toute lumière et de toute grâce ; elle nous donne un avant-goût des joies du paradis, et transfigure en quelque sorte l'homme tout entier, le corps aussi bien que l'âme : les vertus chrétiennes impriment leur sceau même sur la face extérieure de l'homme. — La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ est aussi pour nous une révélation, un reflet de la vie bienheureuse qui nous attend dans le ciel ; les membres de Jésus-Christ prendront part un jour â la gloire de leur Chef. Notre corps terrestre sera aussi un jour transfiguré à la ressemblance du corps glorieux de Jésus-Christ.
v. 3. « Et voilà que Moïse et Elie leur apparurent, conversant avec lui. » — Jésus-Christ est le centre où se réunissent l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est pour préparer sa venue que la loi a été donnée : c'était pour l'annoncer que les prophètes avaient parlé. C'est en lui que la loi et les figures trouvent leur accomplissement, que la loi trouve sa perfection, son complément. Jésus-Christ est officiellement proclamé le Rédempteur du monde. — Moïse et Elie sont pour nous les témoins de la vie future, de l'immortalité de l'âme. Il y a donc une vie après la mort, et l'homme ne meurt pas tout entier : l'âme peut donc vivre sans ce corps grossier et animal auquel elle est enchaînée. Les enfants d'un Dieu éternel doivent être immortels.
L. « Ils s entretenaient de la mort qu'il devait subir à Jérusalem. » — Les souffrances et la mort de Jésus-Christ pour la rédemption du genre humain étaient le terme de sa mission sur la terre, et le but constant de toutes ses pensées. Elles sont également l'objet continuel de la contemplation et de l'admiration des saints et des anges dans le ciel ; elle.> doivent être de même pour nous, sur la terre, le sujet habituel de nos méditations, de notre admiration, de nos louanges, de nos actions de grâces, de notre amour, etc. — H y a une relation nécessaire entre le Thabor et le Calvaire, et l'un conduit à l'autre. — Les saints du ciel s'intéressent à ce qui concerne le bonheur des hommes, et nous avons bien raison de mettre en eux notre confiance, et de les choisir pour intercesseurs auprès du trône de Dieu.
v. 4. « S' adressant à Jésus, Pierre lui dit : Seigneur, il nous est bon de demeurer ici : Faisons-^/ trois lentes ; M' car il ne savait ce qu'il disait. » — Oui, il est bon d'être avec Jésus : celui qui est près de lui est véritablement heureux ; il trouve