I. Tyrannie de la passion dominante
1) Sa nature. — C'est une possession véritable : « Attuli filium vwum, habentem spiritum malum. » — Elle rend le démon maître de notre cœur. Il se sert de nos dispositions naturelles pour nous entraîner au mal. — 2) L'état déplorable où elle réduit sa victime : « Allidit illum, et spumat, et stridet dentibus, et areseit, etc. » — La fureur, le dépit, l'amour, la haine, la crainte, le repentir, la rage, le désespoir, etc., l'agitent tour à tour et lui font subir mille cruels supplices. — 3) Ses dangers. — Elle nous entraine presque irrésistiblement a notre perte éternelle : a Fréquenter eum inignemet in aquam misit, vt eum perderet. » — 4) Sa durée. — Elle commence presque avec l'homme, et ne finit souvent qu'avec lui. Elle devient, en quelque sorte, une seconde nature, dont nous ne pouvons nous délivrer... : « Quantum temporis est ex quo hoc accidit? » — « Ab infantiâ. » — 5) Ses effets. — Elle nous rend : a) inconstants, versatiles, toujours prêts à retomber dans une nouvelle rechute : « Lunadeus est. » — b) EIlo nous rend muets, nous ferme la bouche au tribunal de la pénitence ; « Mutum. » — ej Elle nous rend sourds, insensibles à la voix de Dieu. aux reproches de notre conscience, etc. : « Surdum. »