UN AUTRE AVEUGLE
140. un autre aveugle. — Quand il eut ainsi parlé, Jésus marcha en avant pour monter à Jérusalem.
Comme il partait de Jéricho, avec ses disciples et une foule très considérable, un aveugle, Barlimée (fils de Timée), était assis au bord de la route et mendiait. Quand celui-ci eut appris que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier et à dire : « Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. » Beaucoup lui adressaient des menaces pour le faire taire ; mais il n'en criait que plus fort : « Fils de David, ayez pitié de moi. » Jésus s'arrêta et commanda de l'appeler. On appela alors l'aveugle en lui disant : « Aie bon courage, lève-toi, il t'apppelle. » Jetant son manteau, celui-ci s'élança et vint à lui. Jésus prit la parole et lui dit : (( Que veux tu que je te fasse? » L'aveugle lui répondit : « Maître, que je voie ! » Jésus lui dit : « Va, ta foi t'a sauvé. » Aussitôt il vit, et il le suivit sur la route.
S. LUC, 19, 28 ; S. MATTHIEU, 20, 29-34 ; s. MARC,
Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Saint Matthieu parle de deux aveugles guéris à la sortie de Jéricho, saint Luc d'un aveugle guéri à l'entrée et saint Marc d'un aveugle, nommé Bartimée, guéri au départ. Il est probable que le premier évangéliste groupe ici en un seul épisode deux miracles analogues, mais distincts. En réalité, il y aurait eu deux guérisons, dont saint Luc mentionne la première et saint Marc la seconde. Ce dernier évangéliste donne le nom de l'infirme et ajoute quelques détails particuliers. Après avoir voulu faire taire l'aveugle, la
LE FESTIN A BETHANIE 125
foule lui dit d'avoir bon courage parce que Jésus l'appelle. Il jette alors son manteau et vient tout joyeux auprès du Sauveur. Enfin, une fois guéri, il suit Jésus sur le chemin.
Les autres circonstances sont identiques dans les trois récits. Mais on ne peut guère s'étonner que le second aveugle ait su par le détail, pendant la journée que Jésus passa à Jéricho, de quelle manière avait procédé son compagnon pour être guéri. Il s'applique donc à faire comme lui, appelle Jésus « fils de David » et lui répond que ce qu'il demande, c'est de voir. La grâce espérée lui est en effet accordée dans les mêmes conditions.