‹ L'EvangileChapitre 48 sur 108 · LA DERNIÈRE SEMAINE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE SEMAINE

142. l'entrée a Jérusalem. — Le lendemain, il se mit en route pour Jérusalem. Quand il fut arrivé à Bethphagé, non loin de Bethanie, sur la montagne des Oliviers, il envoya deux disciples, en disant : « Allez à la ferme qui est en face de vous. Sitôt entrés, vous y trouverez attachés une ânesse et son ânon, sur lequel personne n'est jamais monté ; détachez-le et amenez-le moi. Si l'on vous dit : Que faites-vous là ? pourquoi le détachez-vous ? répondez que le Seigneur en a besoin, et aussitôt on les laissera aller. »

Les envoyés partirent, et, comme il leur avait dit, ils trouvèrent un ânon attaché dehors à la porte entre deux chemins. Pendant qu'ils le détachaient, ses maîtres qui étaient là leur dirent : « Qu'avez-vous à détacher Fanon ?.» Ils répondirent, comme Jésus le leur avait commandé : « C'est parce que le Seigneur en a besoin. » Alors on le leur laissa.

Ils amenèrent à Jésus l'ânesse et l'ânon, jetèrent leurs manteaux sur celui-ci, et y firent monter Jésus. Tout ceci fut fait pour l'accomplissement de ce qui avait été dit par le prophète : « Dites à la fille de Sion : Ne crains pas ; voici ton Roi qui t'arrive plein de douceur, assis sur

une ânesse et sur l'ânon de celle qui porte le joug. » Les disciples ne s'en aperçurent pas sur le moment ; niais quand Jésus fut glorifié, ils se rappelèrent que .ces choses avaient été écrites à son sujet. Voilà donc ce qu'ils lui firent.

// se mit en route pour Jérusalem. Le lendemain du repas, premier jour de la semaine, le Sauveur partit de Bethanie pour Jérusalem. A mi-chemin se trouvait le petit village de Bethphagé. Arrivé là, Jésus envoya deux disciples à une ferme voisine,' dont il est probable que les habitants le connaissaient bien, à cause du voisinage de Bethanie. Les deux disciples devaient y trouver attachés une ânesse et son ânon que personne n'avait encore monté ; ils les détacheront pour les lui amener. Si on les interpelle, ils diront que le Seigneur en a besoin et on les laissera aller.

Les choses se passèrent comme il avait dit.

Saint Matthieu, suivant ici encore un procédé qui lui est familier, joint l'ànesse et Fanon, comme si les deux animaux servaient à la fois de monture. Les trois autres évangélistes notent avec plus de précision que le Sauveur monta sur l'ânon. C'est pour cela que, d'après saint Marc et saint Luc, Notre-Seigneur prend la peine d'observer que personne n'est encore monté sur l'ânon, détail qui serait oiseux si le jeune animal n'avait qu'à accompagner sa mère.

? Une pareille monture, d'usage ordinaire en Orient, n'avait rien de vulgaire ni de ridicule. Le Sauveur pouvait parfaitement l'employer pour se présenter à Jérusalem avec une sorte * d'apparat triomphal. Les disciples mirent des manteaux sur l'animal, pour servir de housse d'honneur. Saint Matthieu observe qu'à ce modeste cortège s'appliquaient les paroles

du prophète: d'abord d'Isaïe, 62, 11: « Dites à la fille de Sion : Ton Sauveur vient », et ensuite de Zacharie, 9, 9 : « Voici que ton roi vient à toi ; il est juste et protégé de Dieu, humble et monté sur un âne, sur un poulain, petit 'd'une ânesse. » Les apôtres ne s'aperçurent que plus tard de la relation qui existait entre ces paroles et la marche de Jésus vers Jérusalem. Après sa résurrection, en effet, le Sauveur ouvrit leur esprit à l'intelligence des Ecritures (208), et ils s'habituèrent à recueillir dans les saints Livres ce qui à l'avance se rapportait à leur Maître.

La foule nombreuse qui était arrivée pour le jour de la fête, apprenant que Jésus venait à Jérusalem, se porta à sa rencontre. Pendant qu'il s'avançait en descendant le mont des Oliviers, beaucoup étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches d'arbres et en jonchaient la route ; un très grand nombre avaient en main des rameaux de palmiers. Les multitudes de ses disciples, toutes joyeuses, se mirent à louer Dieu à haute voix, de toutes les merveilles dont elles avaient été témoins, et, tant ceux qui marchaient devant que ceux qui suivaient, s'écriaient : « Hosanna au Fils de David, Roi d'Israël ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni l'avènement du règne de notre père David ! Hosanna ! Paix dans le ciel, gloire au plus haut des cieux ! » La foule qui était avec lui quand il rappela Lazare du tombeau et le ressuscita d'entre les morts, lui rendait témoignage, et la multitude s'était portée à sa rencon-

tre, parce qu'elle avait entendu parler des miracles qu'il avait opérés.

Quelques-uns des pharisiens, qui étaient au milieu de la foule, lui dirent : « Maître, faites donc taire vos disciples. » Il leur répondit : « Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront. »

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