‹ L'EvangileChapitre 61 sur 108 · LE CHRIST, FILS DE DAVID · texte numérisé non relu

LE CHRIST, FILS DE DAVID

taient pendant qu'il enseignait dans le temple, il demanda ce qu'ils pensaient du Christ et de qui il était fils. La question du Christ occupait anxieusement tous les esprits ; Jésus voulait faire préciser les idées à son sujet.

On lui répondit que le Christ était fils de David, c'est-à-dire son descendant. On avait raison ; c'est pour cela que ceux qui voulaient reconnaître en Jésus le Messie l'appelaient souvent « fils de David ». Mais de cet aveu, il fallait tirer une autre conclusion. Le Sauveur en appela alors au texte du psaume 109, 1, 2, dans lequel David appelle le Christ son Seigneur. Il fallait donc que le Christ fût à la fois descendant de David et supérieur à David, ayant David pour père, mais étant Fils d'un autre Père de qui lui venait sa grandeur.

Il était difficile de répondre à la question sans aboutir à une conclusion que les pharisiens se refusaient à admettre, la divinité du Messie, incompatible, à leur sens, avec l'unité de Dieu. Ils préférèrent laisser la question sans réponse, et ne plus se commettre avec quelqu'un qu'ils ne réussissaient pas à embarrasser, alors qu'il les embarrassait si fort.

étrangers, parmi ceux qui étaient montés pour adorer au jour de la fête, s'approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui ils adressaient cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » Philippe alla le dire à André ; André à son tour et Philippe le dirent à Jésus.

Jésus répondit en leur disant : « Voici venue l'heure où le Fils de l'homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de

blé qui tombe sur la terre ne meurt point, il reste seul ; mais s'il meurt, il produit beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie, la perdra, et celui qui déteste sa vie en ce monde, la garde pour la vie éternelle. Que celui qui est mon serviteur me suive, et là où je suis, sera aussi mon serviteur. Celui qui aura été mon serviteur, mon Père le traitera avec honneur.

« En ce moment mon âme est troublée. Que dirai-je donc? Père, délivrez-moi de cette heurelà. Mais c'est pour cette heure-là que je suis venu. Père, glorifiez votre nom. »

Seigneur, nous coulons voir Jésus. Parmi les pèlerins venus au temple pour la Pâque, il se trouva des étrangers, n'appartenant pas à la nationalité juive, mais qui cependant avaient fait le voyage pour adorer le vrai Dieu. Les étrangers avaient le droit de pénétrer dans les grands parvis du temple afin d'y prier ; mais une barrière leur fermait l'accès des parvis intérieurs des femmes, d'Israël et des prêtres ; l'entrée leur en était interdite sous peine de mort. Ces étrangers étaient probablement des prosélytes.

On appelait prosélytes des hommes qui n'appartenaient pas à la nationalité juive, mais cjui adoptaient les croyances et les pratiques des Juifs, dans la mesure qui leur était possible. Ils demeuraient pour les Juifs des étrangers. Les prosélytes complets n'étaient agrégés à la nationalité juive qu'à trois conditions : se soumettre à la circoncision, recevoir un baptême ou ablution qui conférait la pureté légale et offrir un sacrifice spécial.

L'évangéliste ne dit pas ce qu'étaient les étrangers dont il parle. Venus de loin, ils désiraient voir Jésus

qu'ils ne connaissaient pas, mais dont ils avaient entendu parler. Philippe et André leur ménagèrent ce qu'ils souhaitaient.

Le Sauveur prit occasion de cet incident pour faire allusion à sa mort imminente. Le moment de sa glorification va venir, et son nom sera connu parmi toutes les nations, dont ces étrangers sont comme les prémices. Mais il lui faut auparavant passer par la souffrance et la mort. Le grain ne donne son fruit que s'il tombe en terre et y meurt. A son exemple, ses disciples devront savoir sacrifier leur vie présente, pour gagner la vie éternelle (67). Ceux qui l'imiteront ainsi partageront un jour sa glorieuse demeure du ciel et seront traités avec honneur parle Père.

A la pensée de sa passion, l'âme du Sauveur fut troublée, comme elle devait l'être bientôt au jardin de l'agonie. Il demanda à son Père d'être délivré de cette heure terrible ; mais, se reprenant par un elFort de volonté généreuse, il rappela que cette heure était le but de toute sa vie, et il acquiesça de lout cœur à Tordre de son Père, en lui disant : « Père, glorifiez votre nom v, tirez votre gloire de mon obéissance, de mes souffrances acceptées pour T expiation des péchés du monde, et ensuite de la propagation et du triomphe de l'évangile.

Alors une voix vint du ciel : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » La foule qui était debout à écouter disait que c'était un coup de tonnerre. D'autres disaient : « Un ange lui a parlé. » Jésus prit la parole et dit : « Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est faite entendre, mais à cause de vous. C'est maintenant le jugement du monde ; c'est maintenant que le prince

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de ce monde va être jeté dehors. Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi. » Il parlait ainsi pour signifier de quelle mort il allait mourir.

La foule lui répondit : « Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement. Comment dites-vous donc : Il faut que le Fils de l'homme soit élevé? Quel est ce Fils de l'homme? » Jésus leur dit : « La lumière est encore parmi vous pour un peu de temps. Marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous saisissent pas ; car celui qui marche dans les ténèbres ne sait où aller. Pendant que vous avez la lumière, croyez à la lumière, pour que vous soyez les fils de la lumière. »

Après avoir ainsi parlé, Jésus s'en alla et se déroba à leur vue.

s. jean, 12, 20-36.

Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. Comme aux jours du baptême et de la transfiguration, la voix du Père se fit alors entendre pour rendre témoignage à son Fils. Dieu a déjà été glorifié par les vertus, la prédication et les miracles du Sauveur ; il le sera encore par sa passion, sa mort et sa résurrection.

La foule entendit le bruit de cette voix puissante, mais sans saisir le sens de ce qu'elle disait. Les uns crurent à un coup de tonnerre, les antres à la parole d'un ange. Jésus expliqua ce qu'il en était.

Cette voix avait retenti, non pas pour lui, qui n'ignorait rien des volontés de son Père, mais pour l'assistance. Elle signifiait que Dieu se tenait attentif aux événements qui allaient suivre. Le

monde va établir les éléments de son jugement, par la manière dont il se comportera à l'égard de l'envoyé de Dieu. Le prince de ce monde, Satan, sera rejeté hors du domaine qu'il a usurpé. Quant au Sauveur, il sera élevé de terre et attaché à la croix : de là, il attirera tout à lui, et ce qui semble devoir anéantir son action servira au contraire à la répandre et à la rendre plus efficace.

^ Le sens de l'expression « être élevé de terre » (25) n'échappa pas à l'assistance. Elle comprit que le Sauveur voulait parler de sa mort. Mais comme les prophètes annonçaient le règne éternel du Messie, elle se trouvait déroutée : si Jésus est le Messie, comment se fait-il qu'il parle de sa propre mort ?

Ici encore, les prophéties étaient mal comprises. L'explication devait en être donnée par les événements. On n'avait qu'à écouter Jésus et à croire en lui : tout alors s'éclairerait. Il n'était plus là que pour très peu de temps ; il importait donc de marcher à sa lumière, si l'on voulait devenir fils de la lumière.

155. incrédulité des juifs. — Bien qu'il eût fait un si grand nombre de miracles devant eux, ils ne croyaient pas en lui. C'était pour l'accomplissement de l'oracle du prophète Isaïe, qui a dit : « Seigneur, qui a cru à ce qu'il a entendu de nous? A qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? » Ils ne pouvaient croire parce qu' Isaïe a dit encore : « Il a aveuglé leurs yeux et endurci leurs cœurs, afin que leurs yeux\e voient pas, que leurs cœurs ne comprennent pas, pour se convertir et pour que je les guérisse. » C'est ce qu'a dit Isaïe quand il a vu sa gloire et qu'il a parlé de lui.

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