MARIE-MADELEINE ET LES APOTRES
A cette vue, Marie-Madeleine s'en alla en courant trouver Simon-Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait, et elle leur dit : « Ils ont ôté le Seigneur du monument, et nous ne savons pas où ils l'ont mis. » Aussitôt Pierre se leva, et, avec l'autre disciple, ils coururent à la hâte au tombeau. s. JEAN, 20, 1-3.
Ils ont ôté le Seigneur du monument. Quand les femmes arrivèrent au jardin, il n'y avait plus ni gardes autour du tombeau, ni ange assis sur la pierre ; mais elles virent de loin la pierre roulée de côté et la porte ouverte. Sans examiner davantage, Marie-Madeleine conclut immédiatement qu'on avait enlevé le corps et elle courut en ville pour en avertir les apôtres. Pierre et Jean se mirent en route pour se rendre compte de ce qu'il en était.
Pendant ce temps, les autres femmes, entrant dans
le tombeau, ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Elles en étaient toutes consternées en elles-mêmes, quand soudain elles virent apparaître près d'elles deux hommes vêtus d'une robe éclatante. Effrayées elles inclinèrent leur visage vers le sol. Puis, sur la droite, elles virent un jeune homme assis.
Et l'ange, prenant la parole, dit aux femmes : (( N'ayez pas peur. Je sais que vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié. Pourquoi cherchez-vous un vivant parmi les morts? Il n'est pas ici, il est ressuscité, comme il l'avait dit. Rappelez-vous le langage qu'il vous a tenu, pendant qu'il était encore en Galilée : Il faut, disait-il, que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite. » — Elles se rappelèrent en effet ses paroles. — « Venez, voyez l'endroit où le Seigneur avait été placé. Et maintenant allez au plus vite dire à ses disciples et à Pierre qu'il est ressuscité. Il vous précédera en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit lui-même. Voilà ce que j'avais à vous annoncer. » Elles sortirent aussitôt du tombeau, saisies de crainte et d'effroi, et coururent porter la nouvelle aux disciples. En même temps leur joie était grande, mais la crainte les empêcha de parler à personne.
Il nest pas ici, il est ressuscité. Les autres femmes, restées clans le jardin après le départ de Madeleine, s'approchèrent du tombeau ouvert et n'y virent
plus le corps de leur Maître, ce dont elles furent consternées.
Deux anges leur apparurent alors sous la forme humaine et revêtus de robes éclatantes. Saint Luc et saint Jean parlent ici de deux anges, saint Matthieu et saint Marc d'un seul. Les deux premiers mentionnent les deux anges qui apparurent, les deux autres l'ange qui prit la parole. Cet ange, en effet, s'adressa aux femmes, naturellement effrayées de l'apparition, pour leur annoncer la résurrection. Il y a une gradation visible dans l'annonce qu'il leur fait : Vous cherchez Jésus, qui a été crucifié ; — on ne cherche pas un vivant parmi les morts ; — il n'est plus ici ; — il est ressuscité ; — c'est luimême qui, en Galilée, avait fait savoir qu'il en devait être ainsi. En entendant ces paroles, elles se rappelèrent la prédiction de Jésus, à laquelle jusque-là elles n'avaient pas fait attention.
L'ange leur fit regarder de plus près la banquette de pierre sur laquelle Jésus avait reposé, et il leur commanda d'aller dire aux disciples et à Pierre, mis à part comme chef des apôtres, que leur Maître était ressuscité. Il ajouta que Jésus les devancerait en Galilée, et que là ils le verraient à loisir.
Les futures apparitions en Galilée excluent si peu celles qui vont avoir lieu à Jérusalem, que saint Matthieu, après avoir rapporté les paroles de fange, va raconter l'apparition de Jésus aux saintes femmes sur le chemin.
Aussitôt après avoir reçu le message des anges, les saintes femmes quittèrent le jardin pour aller porter la nouvelle aux disciples. Leur joie était grande, mais accompagnée d'une vive crainte. Aussi, en chemin, ne parlèrent-elles à personne de ce qu'elles avaient vu.