LUC, H
dans la ville de David.
^2 Et ceci vous sera signe :
vous trouverez enfant en langes et couché en crèche. »
^* Et tout à coup il y eut avec l'ange troupe d'année céleste,
qui louaient Dieu et disaient :
^* ce Gloire en haut à Dieu,
et sur terre paix chez hommes d'élection. »
ratrices de l'ordre et de la paix dans le monde, titre de princes que l'on flatte de l'apothéose (cf. Lagrange, [^ô), au Messie que les Juifs Rttendent(cf.jN. iv, 25,2g, 4'-^). Le mot «Seigneur» (xûpioç), au contraire, a moins de relief, et il est permis de se demander si l'auteur n'avait pas écrit simplement: « le Christ de Seigneur ». Mais il semble plutôt que l'évangéliste a évité de dire : « le Christ de Seigneur», c'est-à-dire « le Messie de lahvé », et que le mot « Seigneur » est employé ici, comme « Sauveur », d'après l'usage païen qui l'appliquait aussi bien aux dieux et aux empereurs divinisés (Lagbange, lec. cil.). Le Messie dont il s'agit est le vrai Seigneur, comme il est l'unique Sauveur. Ce Sauveur, qui est le Christ, est né, comme il devait naître, — « dans la ville de David », — à Bethléem. Et parlant comme les anciens prophètes (I Sam. x, a ; Is. xxxvii, 3o ; XXXVIII, "j), l'ange donne aux bergers un signe pour reconnaître l'enfant Christ. — « Et ceci vous sera signe : vous trouverez un enfant en langes et couché en crèche». — On voit bien maintenant pourquoi le narrateur a parlé plus haut de langes et de crèche : il faut admettre que le renseignement est suffisant pour que les bergers trouvent promptement et sûrement le Chi'ist.
Avant que l'ange s'éloigne, l'apparition s'élargit. — « Et tout à coup il y eut avec l'ange une ti*oupe d'armée céleste », — toute une foule d'autres anges, — « qui louaient Dieu et qui disaient : « Gloire dans les hauteurs à Dieu ». — Sur cette première partie de l'hymne angélique les témoins du texte sont d'accord; pour la seconde partie les plus anciens manuscrits grecs et les latins lisent : — « Et sur terre paix aux hommes de bienveillance», — ou « d'élection», aux élus de Dieu. La plupart des mànusci'its grecs et des versions syriaques (à commencer par Ss.) ont : « Et sur terre paix, aux hommes bienveillance». La première leçon fournit une sorte de distique dont les deux membres se correspondent en un parallélisme si exact qu'il paraît intentionnel. La seconde leçon donne un tristique dont les deux derniers membres correspondent moins bien au
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1^ Et quand les anges furent partis d'auprès d'eux au cieL, les bergers se dirent entre eux ; « Rendons-nous donc à Belhlécin.
et vo^'ons cette chose survenue, que le Seigneur nous a fait savoir. »
^* Et ils vinrent en hàle,
et ils trouvèrent Marie et Joseph, et l'enfant couché dans la crèche.
" El à cette vue, ils racontèrent la parole
premier, et le troisième alïecte un caractère franchement uni versalisle qui n'est pas dans le ton général des récits. L'idée principale reste la même : l'œuvre du Sauveur annoncé consiste à donner la paix ou le salut au monde, à glorifier Dieu par le salut des prédestinés. Il est beaucoup moins indiqué d'entendre le « bon plaisir » (tùooy.h.) de la bonne volonté des hommes, l'auteur imitant le langage de l'Ancicu Testament et qualifiant les bénéficiaires du salut plutôt qu'il n'en détermine les conditions. Le sens de «bonne volonté » peut nous sembler plus clair, mais il est, en réalité, moins clairement indiqué par le texte (cf. x, ar). Ce chant des anges, approprié à la circonstance, n'exprime pas un simple vœu, mais une assertion, l'honneur étant, en principe, acquis à Dieu, et la grâce aux élus, par la naissance du Messie. On peut dire môme que c'est une véritable acclamatiou messianique, d'ailleurs imitée de celle dont Jésus sera plus tard salué sur le mont des Oliviers (x[x,38). Mais l'intervenlion collective des anges et leur petit cantique sont, pour ainsi dire, superposés au récit, comme s'ils avaient été ajoutés après coup, de la même façon que le Magnificat et le Benedictus. Ils forment seulement une strophe de quatre lignes, c'est-à-dire de moitié plus courte que ses voisines .
« Et quand les anges fuirent partis d'auprès d'eux au ciel ». — Noter la gaucherie de cette reprise . — « Les bergers se dirent entre eux: « Rendons-nous donc à Bethléem, et voyons cette chose arrivée », — cet événement extraordinaire, : — « que le Seigneur nous a fait savoir». Et ils vinrent en hâte», — àtraversla campagne, jusqu'à Bethléem, — « et ils trouvèrent », — on pourrait traduire : « ils découvrirent» (àveSpav) — « Marie et Joseph, et l'enfant couché dans la crèche », — comme l'ange le leur avait dit. L'enfant dans la crèche est le «signe » donné ; c'est, visiblement, pour l'auteur, le trait le plus significatif du récit. — a Et l'ayant vu, ils i-acontèrent ce qui leur
dite à eux touchant cet enfant ; ^^ et tous ceux qui les entendirent furent en admiration
de ce qui leur éiail dit par les bergers. '^^ Mais Marie retenait toutes ces paroles,
les méditant en son cœur.
^° Kt s'en retournèrent les bergers,
glorifiant et louant Dieu
pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu,
selon qu'il leur avait été dit.
avait été dit touchant cet enfant». — Il semblerait que toute la ville ait été sur pied pour les recevoir et qu'ils aient des gens à qui raconter, au milieu de la nuit, ce qui leur est ariùvé. — « Et tous ceux qui les entendirent furent en admiration de ce qui leur était dit par les bergers ». — L'étonnement s'explique, maison a déjà dit la même chose pour Jean-Baptiste (i, 63, 65-66).
Avant de laisser partir les bergers, lé rédacteur évangélique intercale dans le récit une note à propos de Marie. — « Or Marie retenait toutes ces pai'oles », — les récits des bergers, — « les méditant en son cœur ». — L'évangéliste aurait-il voulu donner une garantie à des merveilles que la première génération chrétienne et tous les contemporains avaient ignorées, et suggérer l'idée d'une tradition plus ou moins secrète, remontant à Marie elle-même, il est permis d'en douter ; et peut-être co)ivient-il de ne pas lui prêter une si grande habileté dans la Qction ; l'auteur de cette remarque, dont on trouvera plus loin la répétition, semble avoir été plutôt préoccupé de donner plus de relief au personnage de Marie ; iln'entend pas signifier que Marie ait gardé ces souvenirs afin de les dire plus tard, mais que, témoin de ces grands événements, elle y apportait le religieux intérêt qui convenait à la mère du Christ. On verra que la même remarque, dans le second passage où elle se trouve (il, 5i), paraît destinée à cori-iger l'impression fâcheuse que l'anecdote racontée pourx'ait laisser. Le rédacteur se refuse à prêter des cantiques à Marie comme il en a prêté à Elisabeth et à Zacharie, mais il a trouvé moyen de faire valoir son silence. Seulement la remarque vient ici en surcharge, comme les cantiques ; elle coupe par le milieu la dernière strophe concernant les bergers, et elle y ajoute deux lignes en surnombre.
« Et les bergers s'en i-etournèrent » — auprès de leurs troupeaux, — «glorifiant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu» — delà part de l'ange, — « et qu'ils avaient vu comme il leur avait été dit», —
'^ El lorsque furent accomplis huit jours pour sa circon-
[cision, on lui donna le nom de Jésus, qui avait été indiqué par Tang-e avant sa conception dans le sein.
22 Et lorsque furent accomplis les jours de leur purification
[selon la Loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
ayant trouvé l'enfant Christ dans 165 conditions indiquées par le messager céleste.