XV. Le lépreux
Ayant intercalé la vocation des disciples entre la tournée de prédication dans les villes galiléennes et la guérison du lépreux, notre évangéliste introduit «elle-ci et rejoint Marc (i, 4o) en disant :. — « Et il advint, comme il était dans une des villes », — une de ces villes où l'on a dit plus haut qu'il était allé prêcher. Dans Marc le i:écit n'est pas localisé, et il fait en quelque manière double emploi avec ceux delà première journée à Capharnaûm. — « Se ti-ouva un homme plein de lèpre )) .— ^ Marc: « un lépreux ». La formule de Luc est, dit-on plus énergique et plus technique ; elle paraît avoir été choisie surtout pour l'équilibre rythmique de la ligne où elle se trouve. — « Or, ayant vu Jésus », — cet homme, — « prosterné », — à la lettre : <.( tombé
^'* Et il lui enjoignit de ne dire rien à personne,
mais : « Va te tnontrer au prêtre,
et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse,
en attestation pour eux. »
^^ Mais de plus en plus se répandait sa renommée,
et des foules nombreuses se réunissaient pour l'entendre
et se faire guérir de leurs maladies ; ^^ mais lui se relirait dans les déserts et priait.
sur face », — «le pria, disant : «Seigneur, si tu veux, tu peux me pui*ifier ». — Marc n'a pas « Seigneur » (cf. supr. pp. 171, 172). — « Et ■élendantla main », — Marc(i, 41) dit d'abord: «pris de compassion », — « il le toucha, disant: « Je le veux, sois purifié ».Et aussitôt la lèpre •s'en alla de lui». — Marc (i, 42) ajoute assez inutilement, à moins qu'il n'ait une arrière-pensée symbolique : « et il fut purifié ». — « Et il lui enjoignit de ne le dire à personne ». — Dans Mai'c (i, 4^), Jésus parle sévèrement au lépreux et le met dehors; notre auteur paraît supposer -que laguérisonaétéfaitedans un lieu public, probablement en pleine irue, ce qui rend assez superflue la défense de divulguer le miracle, mais dispense le narrateur de dire que la défense n'a pas été observée {Me. I, 45) ; le miracle est connu sans que le lépreux ait besoin d'en parler. — << Mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse », — afin que cela soit — « en attestation pour eux», — en témoignage officiel de la guérison vis-à-vis du public. Puisque Jésus prescrit à l'homme de se taire au sujet du miracle, la •formule : « en témoignage pour eux », ne peut guère s'entendre (avec Lagrange, 164) d'un témoignage touchant le respect de Jésus pour les observances de la Loi. — « Et sa renommée », — en suite de ce miracle, — « allait croissant, et des foules nombreuses se l'éunis. saierit pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies ». — Dans Marc, Jésus, par suite de l'indiscrétion du lépreux, « ne pouvait plus entrer publiquement en ville » sans être assiégé par la foule qui sollicitait la guérison de ses malades. — « Mais lui se retirait dans les déserts et priait ». — Marc: « mais il restait dehors en des lieux •déserts, et l'on venait à lui de toutes parts ». — L'évangéliste ne veut pas que Jésus se soit soustrait inutilement à l'empressement delà foule, ni que le désir d'y échapper ait été le seul motif de sa i^etraite. Le trait de la prière ne laisse pas d'avoir été emprunté à Marc dans le récit précédent (Me. i,35), où notre auteur n'avait pas jugé à propos de l'utiliser.
A. LoisY. — L''Eçangile selon Luc. la
" Et advint, un certain jour, qu'il était à enseigner ; et étaient assis des pharisiens et des docteurs de la Loi, qui étaient venus <3e tous les lîourgps de Galilée et de Judée,.
' I e* de Jérusalem ;.
et vertu de Seigneuï" l'incitait à faire gué riaon.
La guérison du lépreux est un nairaclc non localisé, symbolique, que l'on dirait accompli tout exprès dans le cadre 'dé la Loi, et qui signifie ce qu'on a mis en termes exprès dans l'histoire du paralytique, à savoir la puissance de purification, de justification^ qui appartient, au Fils de l'homme, au Christ du mystère.