‹ L'évangile selon LucChapitre 26 sur 80 · XXV. Les femmes qui suivaient Jésus · texte numérisé non relu

XXV. Les femmes qui suivaient Jésus

On dirait que cette anecdote de pécheresse fournit à l'évangéliste l'occasion de signaler brièvement d'autres femmes qui ont tenu leur place dans l'histoire ou dans la légende évangélique. Bien que nulle tache proprement morale n'ait été attachée à leur conduite, notre auteur les mentionne après la pécheresse en tant que personnes plus ou moins disqualifiées par le genre de maladie dont elles avaient été atteintes. Il lient à montrer la condescendante bonté du Christ, qui mangeait avec les publicains, acceptait les hommages des pécheresses et agréait les services de personnes qui avaient été possédées du démon. Quand on en vient au détail, il se trouve qu'une seule femme

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* et quelques femmes

qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies : Marie appelée Magdalène,

dont sept démons étaient sortis; ' loanna, femme de Chouza, intendant d'Hérode,

Susanna et plusieurs autres,

qui les assistaient

de ce qu'elles possédaient.

est signalée comme ayant été démoniaque, et, bien que la main de l'évangéliste se reconnaisse dans ce passage, on se demande, mais avec beaucoup d'hésitation, si le fond de la nolice ne viendrait pas de Luc. Dans la combinaison rédactionnelle, cette mention des femmes sert à préparer leur intervention dans l'histoire de la passion (xxni, 49. 55 ; XXIV, II, 2a-a4). Elle se trouve aussi inaugurer une période du ministère galiléen où Jésus est représenté comme voyageant à travers la Galilée ; mais, dans la suite, on ne parlera pas plus des femmes que si elles étaient absentes, Jésus voyagera désormais avec ses disciples, après n'avoir passé qu'assez peu de temps à Capharnaûm.

« Et advint ensuite qu'il s'en allait par ville et village, prêchant et annonçant le royaume de Dieu ». — Formule déjà rencontrée (iv, 4^)- — « Kt les Douze étaient avec lui ». — Us sont censés accompagner régulièrement Jésus depuis l'élection quia été racontée plus haut(vi, ,i3-i6). — « Ainsi que certaines femmes qui avaient été guéries de mauvais espi'its et de maladies ». — L'indication pourrait n'être pas à serrer de trop près, comme si toutes les femmes en question avaient été possédées ou malades, et que toutes aient suivi régulièrement Jésus. Il serait incroyable que toutes en même temps aient suivi la troupe évangélique en l'assistant de leurs propres ressources.

Ces femmes auraient été assez nombreuses, et on dit les noms de quelques-unes : — « Marie, dite Magdalène », — ainsi appelée probablement, pour la distinguer d'autres Marie (cf. xxiv, lo, Marie de Jacques), d'après son lieu d'origine, qui serait Magdala, petite ville située sur la rive occidentale du lac de Tibériade. Le nom, toutefois, pourrait avoir une autre origine et un autre sens. — « De laquelle sept démons étaient sortis ». — Gomme il s'agit d'une possession réelle, c'est-à-dire d'une maladie mentale affectant le caractère d'une septuple possession, ce trait n'autorise en aucune façon l'identification de Marie avec la pécheresse dont il vient d'être parlé. Si l'évangéliste avait eu cette idée, il n'aurait pas manqué de la signifier, et il ne pré-

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^ Or, comme se rasseniblait foule nombreuse, et que de chaque ville on venait à lui, il dit en parabole : •

senterait pasMarie la Mag.lalène comme un personnage nouveaa. Les sept démons dont il s'agit ne sont pas spécialement connus; leurnombre indique une forme particulière et intense de possession (cf. xi, 26). « Jeanne femme de Ghouza, intendant d'Hérode ».. — Le nom de Kûzâ se rencontre dans les inscriptions" nabatéennes (Corpus inscr. semit. II, I, 227). On a supposé que Jeanne était veuve, mais le texte ne la présente pas comme telle, et peut-être n'est-elle-pas censée avoir suivi les prédieatenrs, mais leur avoir fourni seulement des subsides. Son mari aurait été attaché à la personne d'Antipas, comme intendant ou majordome (cf. Agt. xiii, i, où l'on signale un frère de lait ou un familier du même Hérode). — « Susanne et plusieurs autres, qui les servaient de ce qui était à elles ». — Quelques témoins (mss. S A) lisent : « qui le servaient » (cf. Me. xv, 4^) ; "fi^is c'est la troupe entière qui avait besoin d'assistance. Ces femmes sont donc censées jouir d'une certaine aisance, ce qui ne laisse pas de contraster avec le genre de vie qu'on leur attribue en les faisant voyager dans la compagnie des missionnaires pour les servir. Le trait pourrait bien avoir été conçu d'après la coutume des temps apostoliques, et la notice, apparemment destinée à illustrer le i*écit des pérégrinations évangéliques dont le voyage à Jérusalem sera la dernière, pourrait n'être qu'une amplification de celle qui a été ajoutée dans Marc '(loc. cil.) au récit de la passion.

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