XXVI. Le Semeur
Notre évangile rejoint ensuite Marc (iv) au discours des paraboles, en négligeant provisoirement la polémique à^propos de Beclzeboul, et le mot sur les vrais parents (Me. m, 2b-35). L'auteur a été ainsi amené à changer la mise en scène du discours. Sans marquer aucune circonstance spéciale de temps ni de lieu, il dit que Jésus prononça la parabole du Semeur devant une foule nombreuse qui était venue des villes successivement évangélisées par lui (cf. viii, 4 et i). S'il néglige le lac et la barque (Mg. iv, i), c'est que ces détails ont été anticipés dans le récit de la pêche miraculeuse (iv, 3).
« Or, comme une foule nombreuse se rassemblait, et que l'on venait à lui de chaque ville » — bù il était passé, — « il diten'para-
^ « Le semeur sortit pour semer sa semence ; et, comme il semait, du (grain) tomba le long du chemin ; il fut foulé aux pieds, et les oiseaux du ciel le mangèrent.
* Et d'autre tomba sur la rocaille ; ayant levé, il se dessécha, parce qu'il n'avait pas d'humidité.
' Et d'autre tomba au milieu des épines, et poussant avec (lui), les épines l'étoufiPèrent,
8 Et d'autre tomba sur la bonne terre, et levé, porta fruit au centuple. »
Ce disant, il criait :
« Qui a oreille pour entendre entende ! »
bole ». — Suit seulement la parabole du Semeur avec son explication et les deux sentences qui viennent après celle-ci dans Marc (iv, 21-25). Luc n'a pas plus que Matthieu la parabole de la Semence, et la parabole du Sénevé viendra dans un autre contexte avec celle du Levain. C'est pourquoi l'introduction a été simplifiée,, et l'évangéliste s'abstient de dire avec Marc (m, 2) : « Et il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles ». Comme la parole sur les vrais parents sera introduite après le discours parabolique, et que la mère et les frères seront dits être « dehors », on pourrait croire que le discours se tient dans une maison, mais le préambule n'autorise aucunement cette conjecture, et l'incohérence que présentent, quant à leur localisation, les deux morceaux juxtaposés résulte des transpositions opérées par l'évangéliste.
« Le semeur sortit pour semer sa semence ». — La simplicité de ce début tient à ce que l'auteur n'a pas souci de présenter comme singulièrement original et difficile à comprendre l'enseignement parabolique. Marc (rv, 3) : « Ecoutez : voici que le semeur sortit pour semer ». On peut croire que "notre auteur dit : « semer sa semence », parce qu'il veut faire songer à la parole évangélique, à la semence jetée par l'unique Semeur. — « Et comme il semait, il tomba » — de ce grain — « le long du chemin ; il fut foulé aux pieds, et les oiseaux du ciel le mangèrent ». — Amplification descriptive de Marc {m, 4) : « il en tomba sur le chemin, et les oiseaux vinrent et le mangèrent ». Le grain tombé sur le chemin ne pouvait pas être en grande quantité, et ces quelques grains étaient supposés devoir être ramassés bientôt par les oiseaux, les chemins de campagne n'étant pas fréquentés par quantité de passants. — « Et il en tomba d'autre
240 LUC, vni,9-10
8 Or ses disciples lui demandaient quelle était cette parabole.
10 Et il dit:
« A vous il a été donné de connaître les mystères du royaume
[de Dieu, mais aux autres c'est en parabolesï(qu'ori les propose), afin q\ie,vojyant, ils ne voient pas, et, entendant, ne comprennent pas.
sur la pierre», — Marc (iv,5) : « sur le sol pieri'eux », — « et ayant germé, il sécha pai'ce qu'il n'avait pas d'humidité ». — Notre auteur paraît avoir trouvé un peu loux'd et n'avoir pas bien compris le développement de Marc : « où il n'eut pas beaucoup de terre, et il leva bientôt ». On dirait qu'il n'a pas perçu le rapport établi entre le peu de terre et la germination rapide ; il se représente le grain sur des pierres où il peut germer pour être aussitôt desséché, mais ce grain aurait été dans les mêmes conditions que celui du chemin, et mangé parlesoiseaux. — «Et il en tomba d'autre au milieu des épines, et les épines, croissant en même temps » — que le grain, ■ — « l'étouffèrent ». — Marc (iv, y) ajoute : « et il ne donna pas de fruit », trait qui a paru inutile aux deux autres synoptiques, mais qui n'est pas superflu dans l'économie de la parabole, pour signifier que ce grain, qui a levé, quia grandi, n'a pu cependant venir en épi. — « Et il en tomba d'autre sur la bonne terre, et ayant levé, il porta fruit au centuple ». — Ici encore Marc(iv, 8) montrait la croissance de la plante, cette fois jusqu'à maturité, avec un produit abondant et varié : « trente, et soixante, et cent pour un ». Notre auteur, abrégeant celle conclusion, retient leplus gros chiffre, ce qui fait ressortir l'abondance du produit, sans marquer la variété. On peut dire que l'abondance est ce qui importe le plus ; mais la variété est un trait de nature et qui avait aussi un sens pour l'application de la parabole. — « C^e disant, il criait ; « Qui a oreilles pour entendre entende I » — Dans Marc (iv, g), la pause finale, qui précède l'invitation à pénétrer le, sens de la parabole, est indiquée par la simple reprise : « et il dit », qui fait ressortir en même temps l'avertissement. Notre auteur accentue la formule, probablement pour faire valoir le caractère d'oracle qui appartient à l'enseignement de Jésus.
«Or ses disciples lui demandaient ce qu'était cette parabole», — ce qu'elle signifiait en son appliéation à la matière du règne de Dieu. Ainsi les disciples ne demandent pas, comme dans Marc (iv, lo), la
LUC, viir^ 11 2'41
11 Mais voici la parabole :
la semence est la parole de Dieu.
raison de l'enseignement parabolique mais la signification particulière, de la parabole qui vient d'être dite. L'auteur n'en retient pas moins la réponse qui convient à la question générale posée dans Marc. Pour simplifier la mise en scène et supprimer des allées et venues inexplicables, n'ayant pas parlé du lac ni de Ja barque, il ne dit pas non plus que Jésus se soit retiré à l'écart avec son entourage de disciples et les Douze. Par suite, il semblerait que la question des disciples ait été faite en public, et que Jésus y ait répondu de même, en sorte que « les autres», ceux à qui Dieu refuse la connaissance des mystères, se trouveraient entendre et cette déclaration si fâcheuse pour eux, et l'explication de la parabole, qui est censée pourtant réservée aux disciples. L'harmonie de notre récit est donc plus apparente que réelle, l'auteur ayant eu souci d'un certain ordre extérieur plutôt que des vraisemblances et même du problème que soulève dans Marc la question des disciples.
«Et il dit; «A vous il a été donné de connaître les secrets du royaume de Dieu ». — Au lieu de Marc (iv, ii) : « C'est à vous qu'a été donné le secret (xb (xuaTT^piov) du règne de Dieu ». Il y a une nuance entre posséder le mystère indépendamment des paraboles, et connaître les particularités du mystère moyennant les paraboles. On peut dire que notre auteur n'attache pas au mot « mystère » le même sens que. Marc. — «Mais aux autres», — aux. Juifs incrédules, — «c'est en paraboles » — que sont proposés les secrets salutaires. Marc : « mais à ces gens du dehors tout arrive en paraboles ». Notre auteur tient compte de ce que, dans les discours publics de Jésus, il y a autre 'chose que des paraboles ; peut-être aussi a-t-il trouvé que la formule ; « gens du dehors », manquait de couleur locale et ne convenait pas pour désigner les Juifs. ~ « Afin que, voyant, ils ne voient pas, et, entendant, ne comprennent pas ». — Notre auteur a soin de laisser tomber la finale (Me iv, 12) : « de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné », en ayant été probablement choqué, et, tout en déclarant providentiel l'aveuglement des Juifs, ne trouvant pas intérêt à y insister en cet endroit, où il n'a pas pour contre-partie la vocation des G<'.ntils, Il reste cependant que les secrets du royaume sont dits en paraboles devant les Juifs pour que ceux-ci n'y comprennent rien .
« Mais voici la parabole ». — L'évangéliste amène, sans autre préambule, l'explication du Semeur, comme si cette explication était
A. LoisY. — VEvangile selon Luc. • 16
242 LUC, vm, 12
^2 Ceux qui sont le long du chemin sont ceux qui ont entendu ; ensuite vient le diable, et il enlève la parole de leurs cœurs, pour qu'ils ne soient pas sauvés en cro3'anl.
justifiée par le principe qui vient d'être posé; et Jésus ne s'étonne^ pas, comme dans Marc* (iv, i3), de l'inintelligence des disciples, parce que, si l'hagiographie a d'abord évité (viii, lo) de paraître attribuer à ceux-ci une science qu'ils n'avaient pas encore, il ne veut pas non plus les diminuer dans la considération du lecteur. — « La semence est la parole de Dieu», — c'est-à-dire la prédication évangélique. Eclaircissement de Marc (iv, i4) : «Le semeur sème la parole », en correspondance avec la formule initiale (viii, 5) : «Le semeur soi*tit semer sa semence ». — On ne dit pas qui est le semeur : ce sont, en général les missionnaires de l'Evangile, et non seulement- Jésus, qui d'ailleurs les assiste. La comparaison porte sur les fortunes diver-ses du grain jeté par le semeur et sur celles de la parole jetée par le prédicateur évangélique. — « Et ceux qui sont le long, du chemin », — comme dans Marc (iv, i5), la semence se trouve ne plus désigner la parole, mais les hommes à qui la parole a été adi'essée, — « sont ceux qui ont entendu » — la parole, et — « à qui ensuite le diable », — Marc: « Satan», — « vient enlever dé leur cœur la pai'ole, pour qu'ils ne soient pas sauvés en croyant ». — Cette finale, que notre auteur ajoute à la donnée de Marc, semblerait avoir un son paulinien (cf. Rom. i, i6 ; I Cou. i, 21) ; mais il s'agit de la foi à la parole, et ce n'est que transposition du menàbre de phrase qui a été omis plus haut (vin, 11), quand il s'agissait d'expliquer, d'après Marc(et Isaïe), le but des paraboles. On pourrait même se demander si c'est le diable qui ne veut pas le salut des hommes, et si ce ne serait pas Dieu qui permettrait au. diable d'enlever la parole,, afin que le hommes n'arrivent pas au salut moyennant la foi. Si notre auteur s'abstientde dire avec Marc que le diable vient « aussitôt», cène doit pas être pour laisser une place à la responsabilité de ceux pour qui la parole est immédiatement perdue, les deux autres synoptiques ne songant pas plus que Marc à cette responsabilité, et semblant vouloir expliquer le fait au moyen de la prédestination plutôt que par une attention particulière à la part qui sei'ait celle de la liberté humaine dans les conditions morales de l'effet produit en telles circonstances.
« Et ceux qui sont sur la pierre », — Marc (iv, 16) : « ceux qui sont semés sur les endroits pierreux, — « sont ceux qui, lorsqu'ils entendent, reçoivent avec joie la parole; et ils n'ont pas de racine »,
" Ceux qui sont sur la rocaille sont ceux qui, lorsqu'ils
[ont entendu, avec joie reçoivent la parole ; et ceux-là n'ont pas de racine, ils croient pour un temps, et en temps d'épreuve ils se retirent.
^* Ce qui tombe sur les épines, ce sont ceux qui ont
[entendu, et qui par soucis, richesse, plaisirs de la vie, allant, sont étouffés et n'arrivent pas à maturité,
^^ Ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, l'ayant entendue de cœur droit et bon, retiennent la parole et portent fruit par patience.
— Marc ajoutait : « en eux-mêmes »; — « ils croient pour un temps », — Marc : «ils ne durent pas », — « et au moment de l'épreuve ils se retirent », — Marc : « la persécution survenant ensuite à cause de la parole, ils sont aussitôt rebutés »,. Notre auteur a pu trouver que « la persécution pour la parole » anticipait trop sensiblement sur la perspective du discours ; mais l'idée vague de « tentation » fait que ce cas ne se distingue plus nettement du troisième. On remarquera qu'ici la sécession est mise en relief, et dans Marc le défaut de persévérance.
« Et ce qui est tombé sur les épines ». — Marc (iv, i8) : « et les autres qui sont semés sur les épines ». Notre auteur s'est aperçu que c^est le grain, non l'homme, dont on peut dire qu'il est semé. Chétive amélioration, puisque les hommes, au lieu de la parole, sont toujoui's figurés par le grain qui tombe, et que l'évangélisle, pour sauver l'unité de sa phrase et la symétrie de ce cas avec les autres, en vient à dire que les hommes eux-mêmes, avançant dans la vie, sont étouffés par les soucis de ce monde avant d'être mûrs. — « Ce sont ceux qui ont entendu et qui, s'en allant, sont étouffés par les soucis, la richesse, les plaisirs de la vie et n'arrivent pas à maturité ». — Max'c disait beaucoup mieux : « Ce sont ceux qui ont écouté la pai-ole, et les soucis du monde, la séduction des richesses, les convoitises d'autre sorte, s'introduisant, étouffent la parole ».
« Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, la retiennent dans un cœur droit et bon », — Marc (iv, 20) : « Et ceux qui ont été semés sur la bonne terre, ce sont ceux qui écoutent la pai'ole et qui l'acceptent», — a et portent du fruit en
^* Personne, ayant allumé lampe, ne la cache sous vase ou ne la met sous lit ; mais sur support on la met, pour que les entrants voient la lumière.
^' Car rien n'est caché qui manifeste ne devienne, ni secret qui ne soit connu et au jour n'arrive.
patience », — ou en persévérance, ce quiles distingue des précédents ^ notamment de ceux qui « se retirent » (viii, i3), et assure la fécondité de la parole. Ces fruits de la foi persévérante remplacent les chiffres que donne encore ici Marc : « et qui portent des fruits, à trente, à soixante, à cent'pour un ». Seul des trois synoptiques, notre évanj^éliste a pensé à mettre en relief la persévérance de ceux en qui la parole arrive à produire sou fruit.
Il a voulu rattacher la comparaison de la lampe au commentairedu Semeur, en laissant tomber la reprise de Marc (iv, 21): « Et il leur dit ». Son idée paraît être que la parole, qui est une lumière, ne doit pas être, en ceux qui Tout reçue, comme une lampe sous le boisseau. Il n^est peut-être pas indifférent de noter que la période initiale de l'Evangile, celle qui correspond au ministère de Jésus, est aussi bien celle du secret non dévoilé encore et que fera connaître la prédication apostolique ; et ce sont toujours considérations rétrospectives, par application de sentences proverbiales à la fortune du christianisme naissant . Sans doute ne faut-il pas serrer de trop près ces applications, ni déduire, par exemple, du présent passage,que l'Evangile primitif était une doctrine tout ésotérique.
« Mais personne, allumant une lampe, ne la cache sous un vase oune la met sous le lit ». — Marc : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?» — « Mais on la met sur le support, afin que ceux qui entrent voient la lumière ». — Marc i « N'est-ce pas pour être mise sur le support? » Mais ce qu'y ajoute notre évangile se trouve en rapport avec Matthieu (v, i5) et trahit l'influence de sa source (cf. xi, 33). — " Car rien n'est caché qui nedevienne manifeste », — Mai'c (iv, 22) : « Car il n'y a rien de caché que pour être manifesté » ; — « ni secret qui ne soit connu et n'arrive au jour ». — Marc : « Rien n'est secret que pour venir au jour ». On pourrait se demander si notre auteur entend, comme Marc paraît l'avoir entendu, que la parole est faite pour être publiée par ceux qui
" Voyez donc comment vous écoulez :
«ar, celui qui a, à lui l'on donnera ; et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera ôté. »
l'ont reçue avec foi, ou bien si c'est là conduite du croyant qui doit faire briller la parole en procurant l'édification de tous; mais le premier sens convient mieux à la teneur du texte, et le présent développement ne continue pas l'explication de la parabole du Semeur, en insistant sur le fruit de la parole dans les individus ; il marque plutôt le rôle des disciples en tant qu'agents de la parole. L'évangéliste a jugé inutile de répéter ici l'apostrophe de Marc (iv, aS) : « Si quelqu'.un a des oreilles pour entendre, qu'il entende », et il omet de même la reprise (Me. iv, 24) : « Et il leur dit », devant la sentence suivante.
a Voyez donc comment vous écoutez », — Marc (iv, 24) : « Faites attention à ce que vous entendez », Notre auteur veut dire que celui qui est vraiment attentif à la parole et qui la pratique en recueillera un profit croissant, tandis que l'auditeur imparfait perdra le peu de bien spirituel qu'il avait ou croyait avoir. — « Car à qui a l'on donnera ; et à qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir sera ôté ». — Marc (iv, 25) disait: «même ce qu'il a». Notre évangéliste aura pensé qu'on ne peut rien prendre, à qui n'a rien; le paradoxe n'est atténué que dans la forme et incomplètement, car la possibilité de l'enlèvement n'est pas donnée par une possession apparente. Mais peut-être a-t-il voulu signifier surtout que les auditeui^s imparfaits ne possèdent pas réellement la parole, et que les Juifs, qui semblent posséder l'Ecriture, l'ont réellement perdue, témoignant (jar leur incrédulité qu'ils ne la comprennent pas. Entre l'invitation à écouter comme il faut, et cette sentence, il a omis la sentence de la mesure (Me, IV, 24 b), qu'il avait rapportée auparavant (vi, 38), Il va montrer dans l'anecdote suivante comment les vrais auditeurs sont ceux qui écoutent la parole de Dieu pour la mettre en pratique. Et il arrête ici le discours des paraboles, négligeant aussi les remarques finales de Marc (iv, 33-34) sur les paraboles que Jésus disait au peuple, sauf à les expliquer en particulier à ses disciples. Ce discours n'est pas pour lui comme pour Marc l'inauguration d'un enseignement spécial, directement coordonné à l'endurcissement des Juifs. Les éléments. plus ou moins cohérents par lesquels a été constituée
^8 Et vinrent le trouver sa mère et ses frères, et ils ne pouvaient le joindre, h cause de la foule. 2° Maiè on l'avertit :
a Ta mère et tes frères sont là dehors, voulant te voir, d
la relation de Marc n'en sont pas moins discernables : un cadre artificiel englobant la parabole du Semeur et quelques sentences proverbiales, le commentaire du Semeur, la théorie générale du" mystère chrétien, intelligible au croyant dans les paraboles, voilé pour le non croyant sous la parabole. La théorie suppose le mystère institué ; le commentaire allégorique du Semeur est en rapport avec les expériences de la propagande chrétienne ; la parabole du Semeur est susceptible, par elle-même, de mainte application ; elle appartient à la tradition juive (cf. IV Esnn. viii, 4i)- Dans les conditions où la tradition évangélique nous la présente, rien ne prouve qu'elle ait été utilisée par Jésus. De bonne heure on l'aura trouvée propre à figm'er les résultats variés de la prédication chrétienne, de l'action du Christ enseignant; et de là vient que, dans Marc, elle est présentée en symbole de l'enseignement évangélique.