‹ L'évangile selon LucChapitre 59 sur 80 · LXVI. Les enfants · texte numérisé non relu

LXVI. Les enfants

A partir de cet endroit notre évangile rejoint Marc et Matthieu ;il omet la question posée parles pharisiens au sujet du divorce (Me. x, 2-12), pro.bablement parce que l'allusion faite plus haut (xvi, 18) aura semblé suffisante et que la question du divorce, étant traitée dans Marc par rapport à la coutume juive, était de moindre intérêt pour le lecteur hellénochrétien : il est fort possible, la péricope du divorce étant artificiellement placée dans Marc à l'endroit où elle se trouve, que Luc ne l'y ait point lue, et que la rédaction se soit ensuite contentée de l'insertion (xvi, i8) plus haut rencontrée. Désormais notre évangile suivra Marc, non sans quelques omissions, " non plus sans quelques additions plus ou moins importantes

« Or on lui amenait aussi les petits enfants », — et non seulement des malades, — « pour qu'il les touchât ». — Donnée de Marc (x, i3).

LUC, xviii, 16 17 445-

^* Mais Jésus lesi appela disant :

« Laissez les enfanis venir à moi,

et ne les enipéclicz pas ;

car c'est à leurs pareils qu'appartient le royaume de Dieu. ^' En vérité je vous dis,

qui ne recevra pas le royaume de Dieu comme un enfant

n'y entrera pas. »

Le terme employé dans Luc (^pécp-ri, au lieu de TratSfa) désignerait des enfants qui viennent de naître (cf. u, 12, 16), ce qui s'accorde assez mal avec le corps de l'anecdote, où les enfants sont supposés capables de connaissance. — « Ce que voyant, les disciples les gourmandaient ». — Les disciples, comme dans Marc, s'en prennent à ceux qui amènent les enfants, et ils voudraient les écarter.

« Mais Jésus les fit venir », — il fit venir les enfants (aÛTa, se rapportant à Ppéfïi), — « près de lui, disant » — aux disciples : — « Laissez les enfants », — ici même terme que Marc, — « venir à moi et ne les empêchez pas ». — Il ne faut pas les écai'ter.carles enfants sont, en quelque façon, par leur candeur et leur simplicité, des images du vrai croyant. — « Car c'est à leurs pareils qu'appartient le royaume de Dieu. » — Le royaume de Dieu n'appartient pas qu'aux enfants, il appartient à tous ceux qui accueillent la foi dans un esprit d'enfance. L'anecdote paraît avoir été conçue pour l'illustration de celte sentence (cf. Bultmann, 16), où l'on peut reconnaître l'esprit de l'Evangile primilif, bien que la sentence ait pu être énoncée aussi bien par Un prophète chrétien que par Jésus lui-même.

Notre auteur, qui a omis, avant de l'apporter la parole de Jésus, de dire qu'il» se fâcha » (Me. x, i4), laisse tomber la conclusion de Marc (x, 16) : « Et les ayant embrassés, ils les bénit en leur imposant les mains». Il l'avait anticipée et résumée en disant, avant de rapporter les paroles du Christ aux disciples, que Jésus « appela à lui » les enfants, ce qui donne à entendre qu'il leur imposa les mains et les bénit, selon le désir des parents

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