LXIX. L'aveugle de Jéricho
Par suite de ces omissions la guéi'ison de l'aveugle de Jéricho vient ' après la dernière prophétie de la passion. Notre auteur place le. miracle avant l'entrée de Jésus à Jéricho, tandis que Marc (x, 46 ; Mt. XX, 29) le met au sortir de la ville, parce qu'il a pensé amener plus convenablement l'histoire de Zachée (xix, i-ioj en la faisant pré-
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3* Entendant foule passer, il demanda ce que c'était,
3' et on lui apprit que c'était Jésus le Nazoréen qui passait.
'8 Et il cria, disant :
« Jésus lils de David, aie pitié de moi. » ^» Et ceux qui marchaient devant le reprenaient pour qu'il se tiit ;
mais lui n'en criait que beaucoup plus fort :
« Fils dé David, aie pitié de moi. »
céder pai* la guérison de l'aveugle. Il prépare au Christ une entrée solennelle dans Jéricho, sorte de prélude à la manifestation messianique sur le mont des Oliviers, et il place le miracle auparavant, afin d'avoir une foule enthousiaste autour de Jésus dans Jéricho. La coordination de ces récits à la parabole des Mines donne à penser qu'il a voulu figurer dans la guérison de l'aveugle la conversion des judéo-chrétiens, et dans le cas de Zachée celle des Gentils, les deux devant se produire avant le grand avènement, annoncé dans la parabole.
« Or advint, comme il approchait de Jéricho ». — Inutile de se demander, par quelle voie Jésus arrive à Jéricho ; mais rien dans notre évangile n'invite à supposer que Jésus vient de la Pérée (cf. Lagrange, 485), où Marc (x, i) l'a conduit. Marc (x, 4^) : « Et ils arrivèi'ent à Jéricho, et comme il sortait dé Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse. » Notre auteur ne dit rien des- disciples, mais il va utiliser la foule — « Qu'un aveugle était assis au bord du chemin, demandant l'aumône ». — Marc disait le nom de l'aveugle, Bar-Timée.
« Et entendant passer une foule »,-:- la foule dont parle Marc^ — «il demanda ce que c'était; et on l'informa que c'était Jésus le Nazoréen qui passait ». — Paraphrase de Marc fx, 47) :'« Et 'apprenant que c'était Jésus leNazarène » qui passait avec la foule d'abord mentionnée. — « Et il cria, disant : « Jésus fils de David, aie pitié de moi ». — Cette acclamation messianique n'est aucunement préparée; il n'en faut pas chercher d'autre raison que la signification symbolique du récit, qui, dans Marc, prélude immédiatement à l'espèce de triomphe, symbolique aussi, qu'on a placé au mont des Oliviers pour accomplissement de prophétie. — « Et ceux qui marchaient devant». — Ce sont les premiers de la troupe qui rencontrent d'abord l'aveugle. Marc (x, 48) : « plusieurs ». — « Le reprenaient durement pour qu'il se tût », etc.
«Et s'étant arrêté, Jésus ordonna qu'on le lui amenât». — Marc (x, 49) : « Et s'arrêtant, Jésus dit : « Appelez-le ». — « Et quand il se
LUC, XVIII, 4J-4ti ; xix, 1 Ao3-
*" El s'élant arrêté, Jésus ordonna qu'on le lui amenât ;
et quand il se fut approché, il lui demanda : *i « Que veux-lu que je te fasse ? »
Et il dit : c( Seigneur, que je voie ! » ^8 Et Jésus lui dit :
« Vois. Ta foi l'a sauvé. »
*8Et aussitôt, il vit,
et il le suivait en glorifiant Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu. ^^^ Et étant entré, il traversait Jéricho.
fut approché, il lui demanda : « Que veux-tu que je te fasse ?» — Grande simplification de Marc (x, 49-5o) : encouragement de la loule à l'aveugle, qui jette son manteau pour venir promptement auprès de Jésus. — « Et il dit : « Seigneur ». — Mai^c (x, 5i) ■: « Maître » [rabbouni). — « Que je voie ». El Jésus, lui dit : « Vois ». — Marc (x, 52) : (( Va ». — « Ta foi t'a sauvé. » Et aussitôt il jouit de la vue, et il le suivit en glorifiant Dieu». — Marc : « et il le suivit dans le chemin ». Notre auteur ne se contente pas de faire louer Dieu par l'aveugle. — « Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu. »
Le miracle de Jéricho se présente dans les mômes conditions que les principaux miracles galiléens : il est symbolique et figure le salut, la lumière donnée à la foi ; il se place convenablement à l'entrée du grand mystère, et il a pu d'abord être conçu en accomplissement de la prophétie d'Isaïe (xxxv, 4 '■> cf. Le. vu, 22, supra, p. 224); la localisation à Jéricho tient à la coordination établie dans Marc entre ce miracle et le triomphe au mont des Oliviers ; la nuance particulière que prend ce symbolisme dans Luc se détermine par la signification de l'histoii'e deZachée, fiction propre à notre évangile^