‹ L'évangile selon LucChapitre 9 sur 80 · LUC · texte numérisé non relu

LUC

'^ Pour éclairer ceux qui sont assis en ténèbres et ombre de mort, pour diriger nos pas en chemin de paix, d

mandée par le contexte immédiat, et la seconde établissant un meilleur équilibre dans le cantique par la correspondance de la fin avec le comnîencement. Avec le verbe au futur, il semblerait que la visite en question dût se distinguer dé celle qui a été signalée d'abord ^i, 68), et désigner le grand avènement, ' la parousie du Christ; mais l'objet de cet avènement n'est pas la conversion des hommes, et dans tous les cas, il ne semble pas que l'auteur veuille distinguer deux visites ; s'il a mis le futur dans notre passage, c'est par rapport à ce qui vient d'être dit de Jean ; et la visite est la manifestation de Dieu ; pour la rédaction évangélique, celle du Christ — « lumière d'en haut », — ou « orient d'en haut » (àvaToX-ri kl ui|/ou;; cf. xxiv, 49)- Il n'est pas question d'un soleil qui se lève en haut, mais d'un lever de soleil qui vient du ciel. Ni l'étoile de Balaam ni l'étoile des mages ne sont en cause ; outre que le mot (àvaToX-/)) s'emploie couramment pour désigner le lever du soleil, un lever d'étoile n'est pas ce qu'il faut pour éclairer le monde. Plusieurs estiment que « l'orient » signifie le salut messianique (d'après Mal. m, 20 ; Is. lviiï, 8 ; lx, i-a ; JuG. V, 3i) ; d'autres trouvent là une désignation personnelle du Messie, suggérée par certains passages des Septante (jÉa. xxiii, 5 ; Zach. III, 8 ; VI, 12 ; peu importe que l'hébreu donne un autre sens). Il semble que la formule : « orient d'en haut », ne soit pas à prendre comme sujet du verbe « visiter », mais en apposition avec le sujet, qui est Dieu, dont l'épiphanie, venant « d'en haut » sera comme un « soleil levant» . — « Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre delà mort ». — Expressions d'Isaïe(ix, 1), dont Matthieu (iv, 16) fait application au ministère galiléen de Jésus. Notre auteur pouvait les entendre des Gentils ; mais le « nous » qui précède et celui qui vient ensuite permettent d'y voir aussi bien le peuple Israélite, coupable ou non, mais malheureux, avant la ihanifestation du salut. Ces.ténèbresse dissipent maintenant, et la voie du salut s'éclaire. — « Pour dii'iger nos pas dans le chemin de la paix », — pour que le peuple fidèle marche sans obstacle dans la voie du bien, qui est celle du bonheur (cf. Is. lix, 8). Cette partie du cantique se termine dans la même perspective que la première, surtout si les deux n'ont finalement en vue que la félicité promise à Israël.

LUC, I, 80-jr, 1 109

^° Or l'enfant grandissait et se fortifiait en esprit, et il fut dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël.

" Or advint, en ces jours- là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant recensement de l'univers entier :

« Or l'enfant grandit » — physiquement — « et il se fortifia en esprit », — son développement intérieur suivant celui de son corps. — (( Et il fut dans les déserts ». — On ne dit pas depuis quel temps, mais le lecteur entend bien que ce fut seulement quand il fut devenu grand. Les déserts sont ceux de Juda, à l'ouest de la mer Morte. Il y avait des esséniens dans cette région ; mais notre hagiographe n'a pas pensé à eux, ou bien il ne désire pas qu'on y pense. Ce qu'on sait de Jean est trop peu sûr pour que l'on puisse dire si et dans quelle mesure il a pu subir l'influence de cette secte d'ailleurs insuffisamment connue. — « Jusqu'au jour de sa manifestation à Israël ». — . Le mot(àvâSetii;) signifierait plutôt» désignation» : il est sous-entendu que Dieu a institué Jean prophète quand par sa prédication publique Jean lui-même s'est vévélé tel devant le peuple. L'hagiographe paraît s'être souvenu du jeûne Samuel grandissant dans la retraite du sanctuaire jusqu'à ce que sa réputation de prophète se répandît dans tout Israël (le rapport est avec I Sam. ii, ii ; m, 19-21, plutôt qu'avec JuG. xiii, 24-20). Cette notice assez vague est évidemment destinée à rattacher les récits merveilleux de la naissance à ce qu'on lira plus loin touchant l'œuvre de Jean. On aura pensé qu'il avait dû rompre de bonne heure avec la société, pour s'adonner au genre de vie extraordinaire dont parlait la tradition évangélique. Du reste, cette tradition supposait ou voulait donner à entendre que Jésus n'avait eu de rapports avec Jean qu'à l'occasion de son baptême, et ce qu'on nous dit de la précoce retraite du Précurseur dans la solitude paraît être en rapport avec cette hypothèse ou cette intention.

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