LA SCANDINAVE ET LE CYCLONE PLEIN DE GERMES
La Scandinave, la Norvégienne surtout est, quelque chose de mystérieux et de terrible. En cette moderne revit le barbare blanc, pareil aux frimas, qui descendit sur le monde aux époques gigantesques. Comme je demandais à Tune d'entre elles d'où leur venait cet élan formidable, parfois destructeur : « C'est que nous nous levons, » dit-elle. Elle se lève, en effet; son ame se lève et c'est un soleil sur des glaces ; elle a médité pendant des siècles, comme scm soleil est resté enfoui des mois et des mois sous lopaque hiver. Et c'est maintenant un printemps déchaîné, un de ces printemps qui éclatent de toutes parts, comme en connaissent ces patries, un printemps qui ressemble à une
menace de la nature, à une éruption verte et fleurie. Femmes indomptables, consciences qui se sont concentrées jusqu'à devenir une explosion! Elles ont leur Orphée et leur Shakespeare en Ibsen et en B jornson, qui nous les révélèrent avec leurs ténèbres, avec leurs flambeaux — des flambeaux qui mettent le feu au vieux monde. Elles méritent à elles seules toute une étude. Nous avons entendu M. Hugues Le Roux, et M""" Hudry-Menoa raconter ces tempéraments frénétiques qui ont le culte farouche de leur génie. Tout se plie, tout s'écarte ou se brise devant l'héroïne au cœur sauvage, où la grande Frigga des épopées primitives renaît.Elles ontmis en fureur ce pauvre Strindberg, ellesj),ût eil eff*et le culte d'un idéal tellement aigu et nouveau que le monde s'eff*raie, recule, et les cerveaux faibles qui les approchent sont emportés p ar ce to urbillon qui charrie le deuil et la victoire comme un cyclone plein de germes.