Jéms et les Evangiles
3 20 l'ÈVE NOUVELLIi:
lorsqu'il arrête les bras levés d'une lapidation. Une pauvre femme a péché, elle a été surprise avec lamant, qui d'ailleurs a fui, que Ton a laissé fuir, contre qui personne ne s'indigne. Son mari sans doute Ta entraînée sur la place publique. Et tous ses amis, qui certainement n'auraient pas demandé mieux, chacun à part soi, de la précipiter à leur profit dans la même faute, se coalisent, jalousement, sadiquement, pour l'exterminer. Mais Jésus ne raisonne pas comme les légistes, il ne se demande pas quelles conséquences entraîne la faute de l'épouse, quels désagréments contre le mari, contre le plan de la société. Pour lui, il ne voit ([ue l'acte, l'acte seul. Et à tous ces hommes qui tous ont été adultères ou n'auraient pas mieux demandé de l'être, il répond l'incisive phrase : « Que celui qui n'a pas péché lui jette la première pierre ! » Homme, es-tu assez pur pour juger la femme ! Si tu es aussi impur qu'elle, tu ne saurais la punir, ton péché vaut le sien. Allezvous-en chacun vers votre remords. — Et les Juifs, gens pratiques, le comprirent bien ainsi, puisqu'ils s'apaisèrent et déguerpirent.
Comment, d'ailleurs, Jésus eut-il pu être cruel pour sa mère et ne pas pardonner à toute femme?
l'ève nouvelle 3îl
Jésus n'est pas, d'après la légende, si pleine d'un mystique et profond enseignement, le fils d'un charpentier, le fils d'un homme ; il n'est relié à l'humanité que par la femme, par sa mère; le reste lui vient de Dieu; il passe au milieu des mâles grossiers, brutaux et vils, comme parmi une race inférieure qui n'est pas la sienne. Ceci ne nous dit-il point à la lumière de la grâce que tout ce qu'il y a de bon dans les cœurs et les cerveaux des saints et des élus leur arrive de la femme, et que l'homme n'a été pour leur enfance qu'un protecteur, un bon dogue, et qu'il n'est pas digne de délier les cordons de leurs souliers.
LE FÉMINISME RELIGIEUX
La religion, entcnds-je crier à mes oreilles, n'a plus encore longtemps à vivre. La religion va finir. Le grand Pan va mourir une dernière fois. Mettons que les religions faiblissent dans une humanité moins docile; c'est que la Religion véritable doit apparaître sur ces ruines et construire le temple éternel. Dieu, étant le seul être véritable, n'a qu'à gagner à voir anéantir ses idoles. La crise
lorsqu'il arrête les bras levés d'une lapidation. Une pauvre femme a péché, elle a été surprise avec lamant, qui d'ailleurs a fui, que Ton a laissé fuir, contre qui personne ne s'indigne. Son mari sans doute Ta entraînée sur la place publique. Et tous ses amis, qui certainement n'auraient pas demandé mieux, chacun à part soi, de la précipiter à leur profit dans la même faute, se coalisent, jalousement, sadiquement, pour l'exterminer. Mais Jésus ne raisonne pas comme les légistes, il ne se demande pas quelles conséquences entraîne la faute de l'épouse, quels désagrérnents contre le mari, contre le plan de la société. Pour lui, il ne voit que l'acte, l'acte seul. Et à tous ces hommes qui tous ont été adultères ou n'auraient pas mieux demandé de l'être, il répond l'incisive phrase : « Que celui qui n'a pas péché lui jette la première pierre ! » Homme, es-tu assez pur pour juger la femme ! Si tu es aussi impur qu'elle, tu ne saurais la punir, ton péché vaut le sien. Allezvous-en chacun vers votre remords. — Et les Juifs, gens pratiques, le comprirent bien ainsi, puisqu'ils s'apaisèrent et déguerpirent.
Comment, d'ailleurs, Jésus eut-il pu être cruel pour sa mère et ne pas pardonner à toute femme?
l'ève nouvelle 3îl
Jésus n'est pas, d'après la légende, si pleine d'un mystique et profond enseignement, le fils d'un charpentier, le fils d'un homme ; il n'est relié à l'humanité que par la femme, par sa mère; le reste lui vient de Dieu ; il passe au milieu des mâles grossiers, brutaux et vils, comme parmi une race inférieure qui n'est pas la sienne. Ceci ne nous dit-il point à la lumière de la grâce que tout ce qu'il y a de bon dans les cœurs et les cerveaux des saints ot des élus leur arrive de la femme, et que l'homme n'a été pour leur enfance qu'un protecteur, un bon dogue, et qu'il n'est pas digne de délier les cordons de leurs souliers.
LE FÉMINISME RELIGIEUX
La religion, entends-je crier à mes oreilles, n'a plus encore longtemps à vivre. La religion va finir. Le grand Pan va mourir une dernière fois. Mettons que les religions faiblissent dans une humanité moins docile; c'est que la Religion véritable doit apparaître sur ces ruines et construire le temple éternel. Dieu, étant le seul être véritable, n'a qu'à gagner à voir anéantir ses idoles. La crise
lorsqu'il arrête les bras levés d'une lapidation. Une pauvre femme a péché, elle a été surprise avec lamant, qui d'ailleurs a fui, que l'on a laissé fuir, contre qui personne ne s'indigne. Son mari sans doute l'a entraînée sur la place publique. Et tous ses amis, qui certainement n'auraient pas demandé mieux, chacun à part soi, de la précipiter à leur profit dans la même faute, se coalisent, jalousement, sadiquement, pour l'exterminer. Mais Jésus ne raisonne pas comme les légistes, il ne se demande pas quelles conséquences entraîne la faute de l'épouse, quels désagréments contre le mari, contre le plan de la société. Pour lui, il ne voit ([uc lactc, l'acte seul. Et à tous ces hommes qui tous ont été adultères ou n'auraient pas mieux demandé de l'être, il répond l'incisive phrase : « Que celui qui n'a pas péché lui jette la première pierre ! » Homme, es-tu assez pur pour juger la femme ! Si tu es aussi impur qu'elle, tu ne saurais la punir, ton péché vaut le sien. Allezvous-en chacun vers votre remords. — Et les Juifs, gens pratiques, lecomprirent bien ainsi, puisqu'ils s'apaisèrent et déguerpirent.
Comment, d'ailleurs, Jésus eut-il pu être cruel pour sa mère et ne pas pardonner à toute femme?
l'ève nouvelle 3îl
Jésus n'est pas, d'après la légende, si pleine d'un mystique et profond enseignement, le fils d'un charpentier, le fils d'un homme; il n'est relié à l'humanité que par la femme, par sa mère; le reste lui vient de Dieu ; il passe au milieu des mâles grossiers, brutaux et vils, comme parmi une race inférieure qui n'est pas la sienne. Ceci ne nous dit-il point à la lumière de la grâce que tout ce qu'il y a de bon dans les cœurs et les cerveaux des saints et des élus leur arrive de la femme, et que l'homme n'a été pour leur enfance qu'un protecteur, un bon dogue, et qu'il n'est pas digne de délier les cordons de leurs souliers.
LE FÉMINISME RELIGIEUX
La religion, entcnds-je crier à mes oreilles, n'a plus encore longtemps à vivre. La religion va finir. Le grand Pan va mourir une dernière fois. Mettons que les religions faiblissent dans une humanité moins docile; c'est que la Religion véritable doit apparaître sur ces ruines et construire le temple éternel. Dieu, étant le seul être véritable, n'a qu'à gagner à voir anéantir ses idoles. La crise
3 2t l'ÈVS NOIVKILLB
qui sur la terre fait vaciller la toute-puissance de rhomme, a son contre-coup dans le ciel. La di- %nnité virile rentre un peu dans Tombre. (>ela est si vrai que le catholicisme multiplie sur les autels Teffigie de la Vierge qui en chasse même son fils. Aux âmes sensibles, Jésus n'apparaît plus; la Vierge apparaît sans cesse. Les miracles de notre temps ne sont attribués qu'à elle. La femme secoue le Aneil édifice des conciles. « A-t-elle une âme? » se demandaient-ils. En tout cas-, elle posséda longtemps une bourse abondante, des larmes infinies, cette foi mémorable qui remue les montagnes. Tout cola au profit du « vieillard à la grande barbe blanche », symbole, idéalisation do l'éternel oppresseur.
Mais voilà que la femme s'est lassée d'adorer le fantôme du tyrannique et capricieux vieillard. Les hommes nouveaux pressentant l'avenir, l'ont raillé et se sont détournés de lui, car il est l'ignorance, la cruauté et le passé. La divinité barbue et rogue a trop déçu notre espoir; elle a été trop dure, trop sanglante, trop ennemie du progrès, trop impitoyable pour les pauvres et pour les faibles. Elle a trop ressemblé au Roi et à l'époux. Elle est devenue tellement insupportable qu'il a bien fallu
la rénover, par son fils le jeune homme, celui où vit la femme, le doux adolescent qui traîne après lui les âmes et les peuples, parce qu'il a de tendres yeux et un geste qui indique le Ciel. Plus Jésus est jeune, plus il enthousiasme le monde; le voilà tout petit enfant,et l'univers est à lui.
C'est que l'enfant nous prépare à la femme, c'est que la femme et l'enfant sont liés l'un à l'autre, indissolublement. Voilà l'emblème du mystère physique plus admirable que la renaissance quotidienne du soleil, le rajeunissement annuel de la terre et le Ueurissement éternel des étoiles.