LES HOMMES NOUVEAUX
Mais la femme nouvelle a secoué la lote, son sourire triste et charmant, ciselé par l'expérience, n'a pas la fatuité de la force virile. Elle répond:
« Je ne puis que peu de chose encore touteseule.
Je ne suis qu'une petite et faible élite au milieu du
troupeau inconscient et névrosé des autres femmes.
Je ne puis que si l'homme A^eut. Et l'homme moderne
ne A^oudra pas. Il a beau nous devenir de moins en
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moins hostile, il ne peut pas vouloir entièrement parce qu'ilne compr end pas jusqu^au bo ut. Il est enlisé dans le préjugé où sa mère, où sa femme le maintiennent encore. Il est inquiet au lieu d'être brutal et ricaneur comme sesancêtres; maisiln'est pas prêt pour cette réforme si profonde, que l'univers tout entier — religion, lois, ordre social, art, science et jusqu'à un certain point les apparences physiques — sera transformé du tout au tout. Nous demandons à tue-téte et à tue^coeur des hommes nouveaux. Nous les demandons ou plutôt nous les
^ créerons et ceux-là seront les collaborateurs v^ tables de la femme. Nous leur aurons appris l'abo -
• mination du préjugé du sexe, l'horreur de la force brutale comme solution des affaires de la cité jet du monde, Ja supériorité de l'int elligence sur le s sens, la gloire et le bienfait d'aimer en restant fiers et libres, la bêtise néfaste d'être un maître, le culte de la vie sacrée même en ses débilités et ses défaillances, — le respect de la mort où nous jugent et nous inspirent les Dieux. »
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