‹ L'Évêque d'Autun (volume 2)Chapitre 14 sur 20 · L'OCTAVE · texte numérisé non relu

L'OCTAVE

Si noua survivons a cette journée, nous vivrons pour marcher sur la tête des rois.

(Sbakspbabb.)

Il y a pour l'homme de grands jours dans la vie! qu'ils soient deuil ou triomphe, joie ou douleur, flétrissure ou ovation, la vie en ces momens devient solennelle et complète; car l'ame et le corps sont en travail , l'esprit

et la chair éprouvent tressaillement ! Simon- Luc le pèlerin allait éprouver, pour sa part, les diverses émotions étourdissantes qui naissent, pour l'homme, des deux principes qui le constituent en sa double nature sociale et primitive : action et négation. Courbé depuis quelques longues heures bien noires , sous le faix écrasant d'une prévention de diablerie, il allait, malheureuse victime, tomber sans doute sous le glaive de la justice ecclésiastique , le plus redoutable de tous, si sourd à toute considération extérieure , si brutal dans son action! Il n'était plus éloigné que de quelques respirations peut-être du supplice , et il savait que son sort tenait à l'efficacité de l'antidote que l'inconnu lui avait apporté. Oh ! combien de longs frissons successifs sillonnèrent son épiderme et ridèrent ses pensées, dans l'attente de son sort! Une préoccupation surtout, involontaire, envahissait à chaque instant toutes les issues de son intelligence , de son intelligence formée à Técole du malheur : c'était le désespoir de manquer la réalisation du rêve de sa vie en-

tière , de sa vie d'époux outragé, de cette vie livrée, par l'injustice du maitre,à la misère, à la honte, à la colère ; de cette vie qui, depuis seize années, n'avait qu'un but, qu'une action, qu'un seul point de mire : la vengeance! Car, né dans des conditions de vasselage sévère , le jeune homme avait accepté, sans récrimination aucune , ses devoirs de serf tant qu'ils n'a vaient pas ignominieusement coudoyé ses tendances passionnelles. Fort au-dessus des autres corvéables par son intelligence et sa capacité, sa grandeur d'ame et ses supériorités physiques, il avait subi le sort de tous les autres avec une humilité qui faisait honneur à sa disgrâce! Mais depuis le jour qu'un caprice injuste et inhumain était venu salir sa vie; depuis qu'il avait trouvé ses tendances humiliées, avilies; depuis qu'un homme avait voulu dégrader son nom , sa famille , ce grand trésor de l'état obscur! oh! l'agneau était devenu tigre, et il fallait pâture à sa soif de désespoir ! Mais fatalité des choses ! alors qu'il était venu , à bons renseignemens peutêtre , à temps pour recueillir le fruit de ses

longs tourmens, une main , celte qui l'avait accablé dans le temps, l'avait saisi à la gorge, ce même jour-là, et cherchait à l'étouffer ! Et lorsqu'il se sentait sous la puissance infernale de cette volonté despotique , il ne lui restait pour tout refuge, qu'une fiole pleine de trahison peut-être ! . . .

Oh ! dans ce doute mortel de son sort, placé entre le temps et l'éternité : terrible passerelle chancelante; entre ia vie et la mort, entre ses vêtemens déchirés et la peine sépulcrale, entre son injure et sa vengeance, entre une injustice de seigneur et un arbitraire de prêtre , il sentit , à cette pensée brûlante, ses forces se fondre et son cœur trembler!

Pourtant , de temps en temps, une image bienfaisante rassérénait son ame et rendait à sa force du cœur la vigueur première; c'était l'image de Sarhetta qui soudain venait lui crier : Espère! Et il savait bien qu'aucun dévouaient de femme ne pouvait égaler celui dont la jeune fille était animée à son égard. Alors , il se complaisait heureux et plein

— r>r>7 — d'espoir dans le résultat de l'épreuve qu'il allait subir; il voyait l'étonnement du clergé, la stupéfaction des assistans , le bonheur de Sarhetta, le silence du plus grand nombre! De loin il voyait son nom , son pseudonyme volant de bouche en bouche, salué avec enthousiasme par la croyance de la foule , confié par elle à la renommée, objet en ce cas, pour les grands, de stupeur et d'épouvante! Alors il saluait avec de douces expressions d'amour le jeune homme qui était venu vers lui avec des paroles de générosité, pour le ranimer ; et avec une égide pour le défendre. Alors il oubliait son arrestation, l'interrogatoire qu'il avait subi, sa prison, ses verroux , l'épreuve qui approchait et le supplice qui devait la suivre! Il était heureux!...

Mais à ce moment la première serrure cria sous la pression de la clef du geôlier, puis un second grincement de fer se fit entendre. Un prêtre, vêtu d'un surplis blanc sur sa soutane noire, entra j tenant d'une main son bréviaire, et de l'autre une petite lanterne sourde d'où s'échappait une clarté pâle et cahotante.

L'apparition de cet homme changea tout le rêve en réalité pour le prisonnier : supplice, épreuve, prison, interrogatoire, arrestation, redevinrent pour l'infortuné l'arrestation, l'interrogatoire , la prison, l'épreuve, le supplice!... Un grand tremblement s'empara de tout le corps de Simon-Luc; jamais, dans sa vie de malheur, il n'avait senti une pareille agonie , jamais il n'avait éprouvé un éblouissement si étourdissant. Le prêtre qui venait à lui, lui paraissait être un empoisonneur qui, sous la douceur de ses paroles, lui apportait le mot dont l'amertume épouvante la vie : mort ! Dans le surplis qui le couvrait, il voyait le suaire dont il serait couvert bientôt ; dans le livre qu'il tenait à la main, il ne voyait qu'un seul endroit : l'office des trépassés; dans la lumière douteuse qui arrivait jusqu'à son œilt le plus douteux passage de la terre au tombeau !...

Simon-Luc, ainsi replongé dans le flot de la réalité, sentit sa tête bourdonner comme un homme qui tombe dans l'eau; mais le prêtre chargé d'explorer en dernier ressort les

dernières dépositions du prévenu était auprès de lui , debout, immobile et sévère. Enfin il se coiffa de son bonnet carré, et s'adressant à l'inconnu, il lui dit :

— La voix publique qui gronde là haut sur terre vous accuse de sorcellerie; êtes-vous coupable , répondez -moi !

Le pèlerin ne répondit rien , et le prêtre ajouta :

— Ou aimez-vous mieux que ça soit l'eau et le feu qui répondent pour vous ?

— Si je dis oui , je mentirai; et si je dis non, vous direz que je mens; j'aime mieux l'épreuve !

— L'épreuve est terrible : de l'eau bouillante et du feu ; elle vous confondra , prenez garde !

— Si votre épreuve est le jugement de Dieu...

— En doutez-vous? s'écria le prêtre.

— Je vous répondrai quand j'aurai passé par là; mais si votre épreuve est le jugement de Dieu, j'en sortirai glorieux , et alors je vous aurai répondu; si elle n'est qu'un fait humain ,

je tomberai sa victime; mais il n'importe.

— Que veniez -vous taire dans Autun, justement le jour de l'installation de monseigneur?

— Je passais, pèlerin-voyageur , chantant ma complainte, cherchant quelque ville amie qui voulût bien, au jour d'une installation, m* accueillir selon mon vœu, et l'ayant trouvée ici, au lieu de l'hospitalité que je demandais, on m'a donné la prison.

— Votre complainte a troublé la conscience d'un homme !

— Et suis-je cause, moi, s'il y a des pécheurs sur terre?

— N'êtes-vous jamais venu en cette ville?

— Je demande l'épreuve puisqu'il faut que je la subisse, et n'ai pas besoin de perdre mes paroles en réponses qui ne me sauveraient pas.

— L'épreuve, dites-vous?

— Oui !

— Vous la subirez avant une heure!

Le prêtre se retira.

Simon-Luc, étourdi d'abord par celte (1er-

nière parole du prêtre, perdit toute idée; il ne vit plus, pour un moment, que la foule houleuse et goguenarde qui le couvrait de huées et de rires; il ne comprit plus que la flamme du bûcher où il devait tremper son bras, et la chaudière en ébullition où il Fallait plonger. Il ne saisissait plus rien de ce qu'il avait éprouvé depuis vingt heures, qu'une idée confuse et triviale des choses et des hommes ; il avait presque perdu toule intelligence, quand tout à coup le souvenir du jeune inconnu revint, consolant et secourable, caresser son ame; il se rappela le spécifique contenu dans son flacon de verre, et se prit à sourire avec une sorte de désespoir mêlé dé confiance; et lui qui, une heure auparavant, avait soupçonné dans la démarche de l'inconnu quelque trahison , n'y vit plus qu'un moyen de salut, et il employa le préservatif comme on le lui avait recommandé. Sa toilette d'accusé ainsi faite, il se sentit plus calme, et se disposait à reprendre ses pensées, quand un bruit sourd et confus bourdonna à ses oreilles reposées; il en éprouva dans l'aine

une grande tristesse; il sembla pressentir, tant sa rêverie devint profonde , que c'était le tourbillon populaire qui hurlait au-dessus de sa tête avec ses milliers de voix humaines et fauves, qui, de ses mille pieds remuans, s'agitait au-dessus de lui, impatient et hargneux, dans l'attente de son arrivée.

Or, quand Simon-Luc arriva sur le Parvis, il le trouva encombré d'une grande foison de spectateurs qui l'attendaient avec curiosité et empressement. Jamais peut-être spectacle de ce genre n'avait attiré tant de monde ; on eût dit que ce jour devait décider du sort de la ville d'Autun, tant les habitans se pressaient émerveillés et fiévreux aux apprêts de la cérémonie de la double épreuve. L'accusé eut grande peine à pénétrer, entouré de son escorte, dans l'épais rempart de curieux qui de tous côtés le pressaient. Pourtant, après bien des efforts, bien des cris, bien des jurons de la part des Àutunois et des soldats, Simon-Luc arriva aux pieds de l'estrade où devait s'accomplir le mandement de l'évêque.

C'était un échafaud élevé de vingt pieds au-

dessus du sol. Un seul escalier aux larges degrés conduisait sur le plateau. Aucun ornement, aucune parure ne le décoraient. Les instrumens seuls de l'épreuve y figuraient entourés des délégués ecclésiastiques chargés de supplicier le prévenu. On voyait d'u.) côté un large fourneau de fer, ouvert tout autour par de larges gueules béantes , au-dessus desquelles reposait une grille en fer sur laquelle on alimentait la tlamme ; de l'autre côté, un fourneau parallèle et en tout semblable, portait en plus une bassine d'eau bouillante, qu'on avait soin d'entretenir au moyen d'un feu ardent.

Quand Simon-Luc arriva, il n'y eut pour lui aucune cérémonie particulière, seulement comme il avait pieds et poings liés, des valets sei'vans le prirent à bras, le portèrent sur l'échafaud, et le déposèrent au milieu des exécuteurs qui l'y attendaient. Ce fut alors que le malheureux parut dans toute la plénitude de son infortuné : il n'était vêtu que d'un simple rochetde toile assez grossière; il avait la tète nue, les bras découverts; il portait

une corde autour du cou 5 tout en lui respirait le condamné à mort. Il resta debout ainsi en vue de tous, dans son dénuement , environ un quart d'heure, lorsqu'enfin la messe du prône s'acheva !

Alors tout le clergé haut, moyen et petit, précédant l'évèque, vint prendre place dans l'estrade qui lui était réservée. Oh ! dans ce moment redoutable pour le prévenu, Simon- Luc, presque certain de se retirer victorieux de l'épreuve avec les honneurs de l'innocence, se sentit pourtant atteint à l'ame de morsures cruelles. Son courage faillit à lui faire défaut ; il allait demander grâce et avouer peutêtre une intelligence directe avec le diable qu'il n'avait jamais ni vu ni connu , lorsque le sévère prélat donna le signal de l'exécution.

Alors les valets servans , placés pour attiser et remuer le feu , se mirent chacun en tâche; les uns apportaient du bois , les autres le plaçaient dans la fournaise , ceux-ci le remuaient avec de longs tisonniers de fer, afin d'exciter le feu, ceux-là soufflaient continuellement

afin de donner à la flamme plus d'activité et plus de force.

A ce moment quatre hommes, les plus forts entre les valets servans , s'emparèrent de l'accusé , et le firent approcher du fourneau qui contenait l'eau bouillante. L'un d'eux tenant à la main deux feuilles de fer, les appliqua au bras droit de Simon-Luc , un autre les y attacha tandis que les deux autres l'empêchaient de remuer. Alors tous se mirent ensemble à l'ouvrage, fournisseurs , attiseurs , souffleurs, exécuteurs, tous en même temps redoublèrent d'activité.

Et l'archidiacre parut sur l'estrade et ordonna que le bras droit du prévenu fût plongé dans la chaudière, et fixa à la durée d'un pater le temps qu'il devait y rester; les exécuteurs obéirent, et aussitôt un choeur de jeunes choristes récita à haute voix l'oraison dominicale.

Mais , ô surprise et désapointement ! le pèlerin inconnu ne donnait aucun signe de douleur, et tous attendaient qu'on retirât son bras de l'eau , pour voir comment il était

défiguré. L'oraison terminée, l'archidiacre alla lui-même vers le prévenu , et lui ordonna de sortir son bras de l'eau. Simon-Luc obéit sans se presser ni s'émouvoir ; son bras était sain comme avant l'épreuve.

Quelques voix dans la foule crièrent : Miracle î mais l'archidiacre fit signe de se taire , et soupçonnant quelques diableries de plus , il ordonna au clerc porteur du goupillon , de le lui passer, alin de voir s'il n'y aurait pas dans cette eau quelque préparation magique; et à trois fois il jeta dans la bassine de l'eau sainte, et aux trois fois il ne remarqua dans l'eau bouillante aucune contorsion , comme il fût arrivé si elle eût contenu quelques maléfices.

Alors une grande joie sillonna le visage de Simon-Luc; quelque grande pensée semblait sourire à son esprit , et lui parler au cœur, quand l'archidiacre le fit transporter vers la flamme de l'autre fournaise. On lui attacha, comme la première fois, le bras, qu'on engaîna dans une double lame de fer, afin qu'il ne pût plus le courber. Mais cette fois c'était

le gauche, car les croyances du temps avaient accrédité ce principe qu on souffrait plus, en tout , de la partie gauche, et on le lui plongea dans les flammes. Les choristes reprirent la psalmodie de l'oraison dominicale; mais cette fois encore, pendant tout le temps quelle dura , Simon-Luc ne changea nullement de visage; car, quand on retira son bras de la flamme où on l'avait plongé, on le trouva intact comme auparavant...

Ce fut alors dans l'assemblée un mouvement unanime d'exaltation et d'amour. Cet homme que la foule eût couvert de boue et de crachats, s'il eût été trouvé, à leur manière, coupable, devint l'idole de son enthousiasme et de sa préférence. De tous côtés on criait i

— Miracle! miracle!

— Innocence ! innocence!

— Noël ! noël!

— No ! no !

— Innocence! innocence, miracle, noël!..

no!...

L'étrange et adroit prélat Renaud , voyant l'excitation générale , résolut d'en profiter et

de partager avec l'innocence les honneurs de la journée ; il se détacha de tout le clergé et vînt , lui qui avait demandé et ordonné l'épreuve, jusqu'au pied de l'échafaud où était encore Simon-Luc, et l'ayant béni, il lui fit baiser son anneau épiscopal. C'est peu, s'adressant à l'inconnu , il lui dit :

— Quel est votre nom?

— Simon-Luc on me nomme.

— Simon-Luc , le ciel s'est déclaré pour vous, les hommes doivent vous accepter dans leur sein. Que voulez -vous , en récompense de ce que j'ai ordonné contre vous?

A cette parole du jeune prélat, la physionomie du pèlerin s'éclaira de la même expression dont elle s'était éclairée après la première épreuve; seulement, à travers la joie immodérée qui la déterminait , on lisait un grand sentiment d'assurance, une profonde conscience de sa force , une inénarrable supériorité de pensées, ce signe caractéristique du génie. Alors, sans se troubler, sans balbutier, sans hésiter, Simon-Luc répondit avec presque bonhomie :

— Monseigneur, je n'ambitionne qu'une seule chose : c'est d'avoir auprès de vous le sort qu'avait mon accusateur.

— Simon-Luc, sois l'enfant de Dieu et des hommes î Je te nomme, à la place de Clément, barbier et valet de chambre en notre palais épiscopai.

— Grâces à vous, monseigneur!

— Grâces à Dieu !

— Hosanna!...

Et l'imprudent évêque descendit de dessus l'échafaud, et s'étant misa la tête de son clergé, rentra dans la cathédrale.

* De ce jour, Simon-Luc était barbier-valet de chambre de Renaud, et le maladroit Clément fut relégué, par le plus encore maladroit évêque, à la poterne de l'hôtel, en qualité de garde-clés. Ne dirait-on pas vraiment qu'il y avait dans tout ceci quelque chose de la main . de Dieu, ou plutôt quelque grande combinaison de Satanas contre le nouveau prélat?

Quand le peuple, témoin de ce qui s'était passé, eut vu son évêque participant de son admiration, son enthousiasme n'eut plus de

bornes. Quelques uns, les plus rapprochés de réchafaud,y voulurent monter, pour donner à Simon-Luc l'ovation improvisée; mais les gardes qui en défendaient les degrés se serrer rent pour empêcher cet élan spontané et presque pardonnable au menu peuple de ce siècle.

11 se fit un hourra sur ce point, une poussée, un flux épouvantable! et les gardes qui entouraient l'estrade furent obligés d'aller au secours de leurs camarades. Alors , les plus lestes escaladèrent à force de bras jusque sur le plateau, d'autres formant la courte échelle, facilitèrent à leurs voisins le chemin pour arriver jusqu'à l'innocent. Les archers, ainsi trompés, cédèrent alors de toutes parts , et chacun put atteindre jusqu'à Simon-Luc î

Alors , quelques jeunes gens improvisant avec leurs vêtemens une civière, placèrent dessus Simon-Luc, et se mirent à le promener ainsi par toute la ville, avec des cris d'allégresse; toute la foule les suivait criant, et s' évertuant comme eux à la glorification du réchappé.... La place du Parvis fut évacuée

en un instant. Ce fut une installation nouvelle qui eut lieu ce jour là dans Autun ; après l'évêque, son barbier eut, à huitaine, son installation ; selon le rituel , toute grande fête a son octave ; cette cérémonie fut l'octave de l'autre.

Cependant quelques clercs, plus curieux du fait que les autres , étaient restés sur l'échafaud pour vérifier à œil posé l'eau et le feu. Ils n'aperçurent ni dans le feu ni dans l'eau, aucun indice de magie, et ils s'émerveillèrent fort de ce qui venait d'arriver!

Alors l'un d'entre eux, détachant du foyer un des tisons tout en feu, se mit à tracer sur les planches de l'échafaud le millésime du fait , avec une mention que Simon-Luc retrouvera peut-être plus tard, dans une autre grande circonstance où la hiérarchie ecclésiastique le fera venir pour accomplir un des grands actes de sa justice, et auquel la nouvelle charge qu'il va exercer auprès du nouvel évêque sera liée !

Fatalité des chances humaines !

La formule de l'enregistrement de ce grand

l'ait étant devenue illisible pour ceux qui ont consigné cette relation, nous ne la donnerons non plus qu'ils ont fait!

Mais comme l'échafaud, qui avait été élevé pour Simon-Luc, resta debout sur la place du Parvis , la tradition rapporte, et moi avec elle , que quand les jeunes clercs se furent retirés , chacun put lire , celui qui savait lire, ces mots gravés à chaud , dit-on , sur le plancher de l'échafaud.

L'an 1359, Simon- Luc innocent par le jeu et Veau!

Consécration pyramidale et unique peutêtre dans les chroniques populaires!...

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