‹ L'Évêque d'Autun (volume 2)Chapitre 5 sur 20 · L INSTALLATION · texte numérisé non relu

L INSTALLATION

Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d'expérience, malgré le nombre d'années.

( Larochefoucault. )

C'était, ce jour-là, un diorama superbe pour les fidèles que l'intérieur de la cathédrale d'Autun! La grande nef qui conduit de la grande porte au chœur était encombrée d'une foule immense de nobles dames vêtues,

selon l'usage, mi-partie à la couleur de leur blason et à celles des armes de leurs maris ou de leurs chevaliers, qui se lisaient partout émaillées et confondues et brodées en festons de soie et d'or sur les riches étoffes de leur toilette. Je ne sais quelle teinte mélancolique, produite par le rayon solaire passant au travers des mille nuances des vitraux coloriés de la grande rosace latérale , se mariait à la bigarrure multiforme des vêtemens , jetant sur les visages recueillis et à la fois impatiens , un large sentiment de rêverie pâle et douteuse où se reflétait joie et amour! L'autel, paré de mille fleurs les plus rares , se détachait imposant, et de belle humeur, au milieu du sanctuaire vide , avec à ses flancs deux candélabres dorés, à girandoles de douze bras chacune ; sur le tabernacle découvert s'élevait, nue et isolée et imposante et surtout consolatrice, la grande croix d'or massif : orgueilleux cadeau, dans sa modestie symbolique , des corps d'états de la ville ! Six grands flambeaux portant de longs cierges allumés depuis l'aurore, étaient rangés en

demi-cercle devant le tabernacle , et six autres non moins grands, dominés par ceux plus élevés de derrière, s'élevaient gigantesques aussi, sur chaque plate bande de l'autel. Deux anges de marbre, immobiles comme leur froid calcaire sous l'animation presque céleste que l'artiste avait imprimée à leurs traits, les mains jointes, un genou en terre, et les yeux attachés sur l'immortel gibet de l'homme-dieu , déployaient plus gracieux , il semblait, ce jour là leurs séduisantes formes artistiques, sublimes , symboliques ! Près de la balustrade du chœur, de grosses caisses d'orangers, pressées les unes contre les autres, mêlaient la verdure de leur épais feuillage à la richesse des ornemens.

Mais plusieurs sacristains , vêtus de bonnes robes violettes , à manches avec pèlerines de velours noir tombant en pointe sur la poitrine, vinrent, hâtifs et diligens, déployer sur les marches de l'autel, un riche et soyeux tapis, du travail le plus remarquable, décoré dans sa rosace du milieu d'un chiffre aux armes du nouveau prélat ; c'était le ca-

deau de noces que le corps municipal de la ville, faisait au nouvel époux du diocèse! Puis quelques jeunes tonsurés vinrent, qui déposèrent sur l'autel la mitre aux longues barbes, la chappe d'or, l'aube brodée par l'éloquente aiguille des dames nobles d'Autun , i'étole, les gants, et l'anneau dans un plat de vermeil. En même temps, des acolytes venaient déposer sur l'une des crédences placées à chaque flarîc de l'autel, le vase de l'eau bénite, le calice, le saint ciboire, les sandales, le bâton pastoral; et sur l'autre crédence parallèle , deux petits barils pleins du meilleur vin , deux pains , l'un doré , l'autre argenté aux armes du célébrant et de l'évêque désigné , et en plus deux cierges du poids de quatre livres chacun !

Ceci fait , tous les desservans disparurent sans bruit....

Si ce n'eût été le léger murmure des pas de ces divers desservans dans le sanctuaire , le plus profond silence eût rendu l'attente plus que solennelle et grandiose! A peine si un mouvement indiscret venait parfois trou-

bler le calme d'étiquette aristocratique et religieuse I ce n'était tout au plus de temps en temps que le frôlement de deux robes de soie se léchant Tune l'autre, ou le frottement de deux feuillets de parchemin dans les heures saintes, que deux mains gantées tournaient en môme temps ! Au-delà de ces accidens de robes de soie , ou du livre des heures , c'était dans le lieu saint le phénomène que présente un cimetière de village au jour des morts : il y a foule et recueillement ; concours et silence! on eût dit, à les voir ainsi immobiles, que toutes ces belles grandes dames, si alertes au soir d'un bal , étaient ce jour-là endormies en Dieu!

Mais l'orgue soudain a jeté , de ses tuyaux d'harmonie, mille cris de joie et d'amour! il rit d'abord et folâtre sous la main savante de son interprète, badine et lance ses arpèges flûtes et mélodieux , et ses longues séries diatoniques ou chromatiques, pour reprendre bientôt son langage plus filé qui est sa nature propre, son allure mélodique descendue de la musique céleste , ses chants primordiaux

qui participent de l'essence de l'ange ! car il faut à cette grave parole presque tombée d'en haut , de graves pensées , et à ces larges pensées une forme grandiose et réfléchie ! C'est alors que l'orgue paraît dans sa vérité , dans son éloquence, dans tout son charme! C'est alors que le cœur des hommes s'élevant peu à peu à cet unisson , répète en écho les sublimes inspirations poétiquement religieuses qu'il peut seul traduire et répéter; l'orgue aussi , considéré dans l'ordre de la formule musicale , est le type du mode sacré ; sa fonction dans le fonctionnement harmonique , est d'élever la pensée de la terre jusqu'à la contemplation du trône de Dieu! c'est de lier par des accords développés et fondus le recueillement des âmes au pied de l'autel du Dieu mort en croix! l'orgue c'est l'organe de la religion , c'est la parole inspirée des prophètes, c'est la voix symbolique du cuite extérieur! grande et mâle et timbrée, puissante sur les nerfs , comme la parole de foi Pest sur l'esprit, l'espérance sur le cœur, la charité sur l'ame. L'orgue enfin, c'est la

vertu théologale de la chaire chrétienne! Mais cependant le mâle écho du sanctuaire s'était endormi, après avoir ronflé ses longues traînées harmoniques , qui s'étaient allé perdre contre les vitraux du chœur ! La tête du cortège venait de toucher de son front d'encens le seuil préparé du lieu saint, et le nouvel époux de l'église était encore loin; l'orgue l'attendait , car l'orgue un jour de noce ne chante que pour l'époux et l'épousée! Aussi regarda-t-il, sans plus s'émouvoir qu'un homme endormi, passer sous ses yeux les acolytes, les chantres, le lutrin , les croix et les bannières des paroisses de la ville ; sans s'émouvoir il laissa défiler les ordres; tels que les prêtres de chœur, les sous-diacres, les diacres auxdalmatiques, les curés emboîtés dans leurs longues chappes de soie aux mille couleurs brochées d'arabesques et de fleurs, les chanoines colletés dans leur camail à capuce rejeté en arrière; il ne se soucia pas davantage des échevins et du maire de la ville , pas plus des nobles que des bourgeois, pas plus des grands barons que des nobles! Tout

passa indifférent pour lui , l'archidiacre même et ses desservans ne furent pas davantage distingués! L'orgue; là, n;avait qu'une seule personne en vue! C'était l'évêque, aussi tant que l'évêque n'arrivait pas, se tenait-il silencieux dans son coin désiré de ceux-ci : les personnes nerveuses; oublié par ceux-là : les passions latentes; soupiré par ceux qui voyaient, à travers ses accens , le prélat souhaité; oublié par ceux pour qui tous ces accens même passaient inécoutés en présence du prélat attendu! Mais l'orgue , lui, sans plus s'inquiéter du souvenir ou de l'oubli de tel ou de tel, se renfermait indolent et pourtant solennel derrière ses créneaux harmoniques, heureux du rôle imposant qu'il allait jouer bientôt dans la fête de ce grand jour!

Tout à coup le grand géant mélodique se dresse sur le triple clavier, et comme la foudre qui éclate auciel, éclate en accens modulés, tonne et rugit, rit et flatte! c'est une succession non interrompue de grands cris de joie, de longs complimens du cœur, de folle ivresse, il roule en éclats , tombe, se relève , retombe

encore , et rit, gronde et caresse, et se berce , uii instant, dans un cantabile suave, pour donner un dernier grand chorus d'allégresse, dans un tutti pompeux!

C'était l'évêque qui venait de s'arrêter sous le portique de son église métropolitaine , où la consécration l'attendait , et qui donnait au peuple sa bénédiction , saluant de tous côtés ses ouailles au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! Alors vinrent les principaux curés de la ville, qui le revêtirent de ses habits pontificaux. Cette cérémonie achevée, le jeune prélat se mit à genoux , fit sa prière suivant l'usage sur le seuil, baisa la croix; Les autres curés lui présentèrent l'aspersoir et il aspergea la foule, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; puis il bénit l'encens dans la navette, et donna une autre fois encore sa bénédiction au peuple! Pendant tout ce temps, l'orgue chantait avec grande allégresse, car l'époux venait d'arriver!

En ce moment, les évèques assistans vinrent suivis du chapitre recevoir l'aspirant, et l'introduisirent jusqu'aux pieds de l'autel, où

— JM8 — il s'agenouilla en face du tabernacle poli et doré, sculpté en rondes bosses et avec un art infini; la marche de l'autel était recouverte avec un coussin de velours fourré de plumes , garni de franges d'or, et brodé au chiffre de la maison de Maubert.

Quelques instans après , l'évêque célébrant vêtu d'une large chappe de drap d'or à arabesques multiples, la mitre en tête, le bâton pastoral à la main , parut précédé d'un grand nombre d'acolytes, qui, une fois arrivés dans le sanctuaire, se divisèrent en deux escouades, Tune qui suivit l'officiant, l'autre qui se cramponna à l'aspirant, selon l'usage en pareil cas! Alors le grave évêque d'Autun, se releva, et deux évêques, ses assistans, vinrent se placer à ses côtés, et restèrent debout au milieu du chœur, en face du célébrant qui monta les degrés de l'autel , où un siège épiscopal, dressé vis-à-vis le tabernacle, l'attendait; et il s'y plaça toujours la mitre en tête, et la crosse ou bâton pastoral en main, avec une grande dignité.

Aussitôt un des évêques assistans, celui de

droite , adressa la parole au célébrant, en lui disant :

— Reverendissime pater — Très digne prélat,

postulat sancta mater ec- l'Kglise catholique, notre clesia catholica ut hune sainte mère, demande que presbyterum ad onus Epis- messire Renaud de Maucopatussublevelis. bert soit élevé à la charge

d'Evèque

Alors le célébrant se leva; et élevant la voix avec majesté , il dit :

— Messire Renaud de Maubert peut-il représenter devant vous , messeigneurs , le mandement apostolique signé de la main de notre Saint-Père le Pape, sans lequel je ne puis obtempérer à votre prière ?

— Oui , monseigneur , lut-il répliqué.

Et aussitôt l'assistant placé à la gauche de l'aspirant , lui présenta un large parchemin déployé, timbré aux armes pontificales qui commençait par ces mots :

« Christissimo in Christo filio et Rinaïdino de Maubert episcopo.

Innocent. PP. VI. Conferimus, etc.

— ISO —

Et qui se terminait par ceux-ci :

« Datum Avenione apud palatium episcopale, sexto decimo Kalend. Januarii, sub anno incarnationis dominicae 1359. »

Celait le mandement apostolique, conférant au nom du pape Innocent VI, l'investiture de l'évêché d'Autun à messire Renaud de Maubert , et qu'un chanoine acolyte alla présenter à l'officiant.

Alors sur l'ordre que lui en intima l'évêque célébrant, le notaire apostolique donna à haute et intelligible voix , lecture de cette longue pièce , qui consacrait authentiquement les droits ecclésiastiques du nouveau prélat.

Cette lecture achevée, le notaire du célébrant lui rendit ce mandement, et ajouta :

— Dieu soit loué !

Puis le célébrant donna à Renaud sa bénédiction suprême, et lui tendit son anneau béni à baiser !

Alors le célébrant se replaça sur son fauteuil richement habillé , et le regard posément fixé sur le jeune évêque, il lui fit signe

de la main d'approcher. Renaud de Maubert accompagné des évêques ses assistans , fit quelques pas en avant, et se vint placer à genoux devant un prie-dieu , sur lequel le livre des évangiles était déposé et ouvert. Alors le célébrant lui fit cette demande :

— Messire Renaud de Maubert, délégué vers nous par mandement de notre Saint-Père le pape Innocent VIe du nom, promettez-vous devant Dieu le père, le Fils, le Saint-Esprit par qui toutes choses qui existent, sont, promettez - vous d'être fidèle à Saint-Pierre , ou à son successeur nommé en Saint-Conclave?

— Je le jure, dit Renaud.

— Promettez-vous d'obéir à la sainte église, catholique, apostolique et romaine ?

— Je le jure!

— Au Pape qui en est et en sera le représentant sur toute la chrétienté !

— Je le jure!

— Promettez -vous par ce même serment, de les défendre de tout votre pouvoir î

— Je le jure!

— im -

— De ne point révéler les secrets que le saint père vous aura confiés ?

— Je le jure!

— De maintenir envers et contre tous le papal romain?

— Je le j lire!

— De protéger les régales de Saint-Pierre ?

— Je le jure !

— Promettez-vous de protéger les droits de la sainte Église romaine? Ses honneurs? Ses privilèges? Son auctorité?

— Je le jure?

— Promettez - vous de n'entrer jamais dans aucun conseil contre l'église! Ou contre son chef?

— Je le jure!

— Dans aucune machination ?

— Je le jure !

— Promettez-vous de révéler fidèlement à la cour pontificale, ce qui leur serait contraire ou nuisible?

— Je le jure!

— Promettez-vous d'observer les règles des SS. Pères.

— Je le jure !

— Les décrels , les ordres , les provisions apostoliques et les mandemens? Et notamment tout ce qui est contenu dans celui qui vous confère ce siège ?

— Je le jure!

— Promettez-vous de poursuivre les hérétiques à la foi catholique? Les rebelles au Saint-Père! Les sorciers, enchanteurs, et tous ceux qui ont pactisé avec Satanas?

— Je le jure!

— Promettez - vous de rendre à Innocent VI , ou à son légitime successeur , compte de votre administration diocésaine?

— Je le jure!

— Promettez -vous de ne lui laisser ignorer jamais l'état de la discipline de votre bercail?

— Je le jure!

— Promettez-vous d'exécuter ponctuellement et avec humilité les mandemens apostoliques, soit pour vous, soit pour les ministres de l'Église? •

— Je le jure!

— Promettez- vous de souffrir la mort plutôt

que de consentir à aucun acte humiliant pour l'autorité de la sainte Église catholique, apostolique et romaine?

— Je le jure!

— Vous l'avez entendu, mes très révérends seigneurs laïques, ecclésiastiques et abbés; vous, messeigneurs ses parrains, dit-il aux deux évêques assistans, concédez donc !

— fiat 9 fiât ,fiat, dit tout le clergé !

Alors les deux assistans prirent chacun d'une main le jeune prélat, et l'aidèrent à se relever; puis, ils le présentèrent ainsi à l'évoque célébrant qui lui tendit sa main à baiser.

Renaud de Maubert y apposa avec respect ses lèvres , depuis long-temps oublieuses de tous baisers.

Tel était , au pied de la lettre , le serment exigé de tout aspirant à l'épiscopat; mais ce serment devait être et fut en effet immédiatement suivi de l'examen public du demandeur. Cet examen est un canon d'un concile de Carthage, lequel concerne la charge épiscopale.

Adonc , l'évêque aspirant étant resté de-

bout en présence du célébrant; ce dernier lui adressa ces demandes :

— Messire Renaud de Maubert , promu par bulles de notre Saint-Père le pape, Innocent sixième du nom , à la charge d'évêque d'Autun; promettez-vous de soumettre votre prudence au sens de la sainte écriture?

— Je le promets à l'église que j'épouse aujourd'hui ï

— Promettez-vous d'obéir au Saint-Père le pape, qui est le vicaire de J.-C. sur terre ?

— Je le promets à l'Église !

— Promettez- vous d'humilier votre esprit devant les saints mystères?

— Je le promets à l'Église!

— Promettez-vous d'observer les coinmandemens de la sainte Église romaine?

— Je le promets à vous, mon père !

— Promettez -vous d'être en garde contre le malin esprit?

— Je le promets à l'Église!

— Promettez-vous de vivre selon la pureté des mœurs des pères de l'Eglise?

— Je le promets à l'Église !

— Promettez -vous de rester dans la foi fidèle aux dogmes du christianisme?

— Je le promets à l'Église !

— Ceci étant, je vous tiens pour bon et fidèle époux de l'Eglise.

— Dieu soit loué !

— Et constant apôtre de la foi !

— Dieu soit loué !

— Sursum corda! dirent les deux évêques assistans, parrains de Renaud.

Alors deux acolytes vinrent, qui enlevèrent de dessus les degrés de l'autel le siège épiscopal dressé pour le célébrant , et les deux grands- vicaires en chappes de velours écarlate à franges d'or, débarrassèrent le célébrant de sa lourde chappe de drap d'or, et le revêtirent de la chasuble aussi de drap d'or, ce qui signifiait à tous que la messe allait commencer, pour compléter la cérémonie qui précède. Dès que le saint sacrifice eut été terminé , le noble prélat quitta de lui-même le pluvial et les acolytes lui donnèrent les sandales au chant des psaumes, puis il reçut d'eux, toujours au chant des psaumes la croix pastorale,

l'étole, et les autres ornemens pontificaux, et décoré des insignes de sa dignité éminente, le récipiendaire alla se présenter à l'autel où il lut l'office de la messe de mariage, ayant à ses côtés les deux évêquesses parrains. Quand cette formalité fut remplie, le grave prélat alla faire sa révérence au consacrant, qui l'attendait assis sur son trône au côté dextre de l'autel. Celui-ci alors fit entendre ces graves paroles dans lesquelles sont résumées les fonctionsépi scopales :

« Il faut quel'évêque juge, interprète, consacre, confère les ordres, sacrifie, baptise et confesse. »

Alors , l'évêque célébrant et tous les assistans se prosternèrent à genoux en terre , les mains jointes aplat, et élevées jusqu'à la poitrine ; le nouveau prélat consacré se prosterna, lui aussi, aux pieds du célébrant, à plat ventre sur les degrés de l'autel , dans la posture la plus humiliée; alors le célébrant, tenant à la main gauche son bâton pastoral , qui lui fut apporté par l'archidiacre , se releva, et fil de la droite le signe de la croix sur

l'aspirant; les évèques et les assistans répétèrent la même cérémonie, et l'aspirant se releva restant toutefois à genoux. Alors le célébrant prit le livre des évangiles, et le posa tout grand ouvert sur les épaules du futur évêque incliné , et il invita les deux assistans à poser avec lui la main sur la tête du prélat consacré en disant :

— Accipe spiritum sanctum , reçois l'esprit saint.

€eci étant achevé, des acolytes mirent une serviette sur le cou de l'évêque désigné, et le célébrant lui oignit la tête avec le Saint Chrême à l'endroit même de la couronne.

Après cette première onction, le célébrant passa à celle des deux mains , que l'évêque désigné tenait posées en croix. Cette onction se fît comme toujours , c'est à dire : du pouce de la main droite à l'index gauche, et du pouce de la gauche à l'index droit ; après quoi le célébrant , lui ayant oint les paumes des mains, termina cette onction par une oraison et procéda à la bénédiction du bâton pastoral , l'aspergea d'eau bénite et le remit

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