MILTO
Dès que le chapitre fut hors de l'hôtel du prévaricateur , il rentra dans la salie de ses délibérations; l'archidiacre y proposa les mesures d'urgence qui furent adoptées par assis et levé; de suite un clerc fut dépêché au
pouvoir temporel pour requérir aide et main forte ; toute la milice aux ordres de la connétablie et déléguée à Autun, fut mise à la libre disposition du chapitre, et une demi-heure après, l'hôtel de l'évêque était cerné de toutes parts. Cette puissance brutale mise à côté du pouvoir spirituel, épouvanta tout le monde; car rarement l'appareil de guerre accompagnait la loi canonique; mais cette fois le coupable avait la haute main , on craignit qu'il n'usât de son ascendant sur la foule, et la hallebarde couvrit de son faisceau de fer le droit canon.
Alors un des vicaires-généraux se rendit au palais épiscopal, et demanda au portier la clé des grilles. Le pauvre vieux serviteur stupéfait, les décrocha, honteux, de son ceinturon de cuir, et les présenta à l'officier délégué par la justice ecclésiastique, qui les donna en garde à l'un des clercs qui le suivaient; puis s'adressant à un capitaine de la milice soldée, il le pria de le faire assister de quatre hommes d'armes; le capitaine détacha un décurion avec quatre hommes... Le grand-vicaire
— 2ir> — les invita à le suivre; il avait une mission terrible à remplir : signifier au jeune prélat sa mise en accusation ; le constituer prisonnier en son hôtel épiscopal , avec sommation de lui livrer la femme impie et adultère qui avait arraché à l'Église son époux consacré.
Quand le grand-vicaire délégué du chapitre, entra dans l'appartement du jeune infortuné prélat, il le trouva à moitié vêtu, dans un abattement extrême , assis auprès de la jeune fille qui n'osait, elle non plus, lever le regard sur ceux qui entraient... L'officier du pouvoir ecclésiastique ne vit pas d'abord en entrant, l'anneau fatal qui mariait Renaud à Sarhetta, et Sarhetla à son amant.
« Au nom du chapitre assemblé, qui m'envoie après mûre délibération, dit l'archidiacre, sommation vous est faite de remettre, entre mes mains la femme complice de votre sacrilège!... »
Renaud de Maubert n'entendit pas la voix du prêtre, et ne leva pas même sur lui le regard. Un bourdonnement étrange faisait le sabbat dans son cerveau... Je ne sais quel
étrange bruit de cloches sonnant les glas d'agonie, mêlé à des grincemens de fer, s'entrechoquait dans sa tête et y portait une douleur atroce qui lui enlevait l'usage de l'intelligence. Ce tocsin horrible ne cessait de temps en temps que pour faire place à un sourd murmure de voix qui le fustigeait, non moins pénible! Puis il voyait à travers le brouillard qui couvrait ses idées : l'archidiacre et le chapitre , le tribunal et l'oificialité , le peuple assemblé, curieux et insolent, et l'affreuse ignominie de sa dégradation I... Tout cela se présentait à son esprit pêle-mêle, tourbillonnant et atroce !
Cependant le grand -vicaire n'ayant point obtenu de réponse, s'approcha de plus près et répéta sa phrase...
« Au nom du chapitre assemblé qui m'envoie vers vous...
— Vers moi...
— Après mûre délibération;
— Après mûre délibération... le chapitre...
— Injonction vous est faite de re»€
entre mes mains, la complice de votre sacrilège. »
Mais le même silence accueillit encore la parole du prêtre...
Celui-ci alors ordonna à deux des hommes d'armes de saisir la jeune fille, et les deux soldats allaient obéir, quand le gran d-vicaire aperçut la chaîne de fer qui resserrait dans un atroce lien , ces deux existences infortunées. . .
« Arrêtez , dit-il aux soldats, car je croyais comme tous les autres qu'ils n'étaient que coupables... ils sont malheureux; respecta leur sort.... »
Les soldats se replacèrent dans leur immobilité, le grand-vicaire continua :
« Hélas ! voilà donc l'explication de ce grand et inconcevable malheur... Voyez, ditil au décurion...
— Oui, monsieur le grand- vicaire...
— Quelque infernale main a passé sans doute sur ces deux têtes...
— C'est toujours ainsi...
— Et leur bonheur d'hier, s'est tout à coup changé en désespoir aujourd'hui...
— Oh ! combien de fois dans les camps n'avons-nous pas vu la chose....
— Hier, le ciel en secret; aujourd'hui, l'enfer en public.
— Voilà, mon digne ecclésiastique...
— Oh! voilà donc à quoi tient la réputation des hommes...
— Voilà...
— La réputation, c'est un vernis qu'un air passant ronge et emporte...
— C'est ce que je me suis dit souvent. . . la réputation , c'est. . . voilà, mon digne prêtre. . .
— Hier, leur faute était cachée, et on les disait vertueux...
— Voilà !
— Et le respect , la considération les accueillait de toutes parts...
— 0 mon Dieu!...
— Aujourd'hui le sacrilège est connu.
— C'est-là le guignon...
— Et... la malédiction les frappe...
— C'est pourtant vrai...
— Et cependant qu'y a-t-il de changé dans leur vie...
— Je vous le demande. . .
— - Un rideau levé; quand il était tombé...
— Mon Dieu , oui , un rideau.
— Voilà tout... et la puissance d'hier est toute faiblesse aujourd'hui...
— Voyez la chose...
— Et leurs cœurs triomphans l'un par Vautre hier, s'entremordent, avec rage peutêtre, aujourd'hui...
— Dam , que voulez-vous , monsieur l'archidiacre.
— Et tout cela sans doute, est l'œuvre de quelque haine, de quelque jalousie...
— Voilà...
— Ou de quelque noire vengeance...
— C'est un fait...
— Et les voilà tous deux , les infortunés, qui se recherchaient hier , qui craignaient l'un l'autre que leur liaison vînt à se rompre...
— Oh ! d'abord c'est toujours ainsi que ça arrive...
— Qui auraient donné leur sang pour la maintenir toujours...
— Ah ! leur sang , je crois bien...
— Les voilà aujourd'hui maudissant I« nœud de fer qui les assemble et les coud l'un à l'autre... les voilà se maudissant peutêtre...
— Voilà...
— S'outrageant dans leur pensée... Oh ! les voilà s'anathématisant...
— Oh ! c'est trop sensible , monsieur l'abbé....
— Car si la passion qui tremble au cœur de l'homme est bien puissante sur lui , il y a quelque chose de plus fort que ramour pourtant, c'est le besoin de la vie... »
Et l'indulgent grand-vicaire, forcé d'accomplir la mission qui lui était confiée, s'amusait avec compassion , triste et douloureux, dans ce long commentaire de la position malheureuse des deux amans... Long-temps encore il se perdit dans ses réflexions, lorsque enfin, se rappelant le motif qui l'avait amené , il s'adressa à Renaud de Maubert, en lui prenant la main gauche restée libre.
« Messire Renaud !
— 9ti) —
— Qui m'appelle ?
— C'est moi, grand- vicaire en la cathédrale d'Autun...
— Autun!... ah! oui... Et moi j'en suis l'évêque...
— L'évêque! hélas!
— Je vous reconnais... Vous venez vers moi... pourquoi... je vous prie?...
— Monseigneur , je suis délégué du chapitre...
— Le chapitre?... ah! oui... je me rappelle!...
— Qui m'envoie formaliser...
— Eh bien ! . . . Monsieur le grand-vicaire. . . qui vous arrête... faites votre métier...
— 11 le faut...
—Voyons ! après le pouvoir, l'abaissement.
— Ministre du ciel tombé dans l'ornière du grand chemin des gentils, écoutez donc l'ordre que vous envoie le chapitre assemblé... et délibérant sur la prévarication de l'évêque d'Autun.
Renaud de Maubert n'entendit que la dernière parole du grand -vicaire.
* Autun... dit-il... Autun... c'est ma ville épiscopale... le chapitre de mon siège d'Autun , que me veut-il donc? Vous, qui venez de sa part, sans doute, vous me le direz.
— C'est là le point difficile de ma mission.
— Oh ! dites, monsieur le grand-vicaire.
— Il le faut..
— Voyons. .
— Le chapitre vous assigne pour prison cet appartement.
— Ah! cet appartement...
— Et il appose à votre garde...
— A ma garde?..
— Ces soldats de la milice soldée...
— Ces soldats à ma garde; cet appartement pour prison., dit le jeune évêque qui , à l'air de sa physionomie, semblait sortir d'un long cauchemar... et c'est le chapitre qui me donne tout cela...
— Oui ; et il m'a chargé de vous inviter à lui renvoyer votre complice...
— Ma complice ?
— Oui...
— - Quelle complice ?
— Ne vous rappelez-vous pas?..
— Je ne sais ce que vous voulez dire.*. » Et Renaud de Maubert regarda fixement
en face, le grand-vicaire avec un air hébété ; il se tenait l'œil fixe, le front plissé, la bouche stupide, et regardant de tous côtés autour de lui, il semblait ne rien voir, ne rien comprendre,ne se souvenir de rien, quand tout à coup rapprochant sa prunelle hagarde des objets et des personnes qui l'approchaient , il vint à poser l'œil sur Sarhetta...
« Ah ! s'écria-t-il... ma complice... oui., oui, je comprends... cette femme!., ah!..
— Oui.
— Cette jeune étrangère...
— Le chapitre demande qu'elle lui soit par vous livrée...
— Que me fait cette femme... que m'importe cette fille!., tenez... la voilà!... prenez... emmenez , emportez cette femme !... je vous la livre... prenez donc!.. »
Et un mouvement d'horreur accompagna cette explosion colérique en disant ces mots, il voulut gesticuler des deux mains. Mais
— 2U<2 — soudain le bruit de la chaîne qui le liait à la jeune lille tomba de nouveau étourdissant et infernal sur son cerveau , et le bourdonnement des voix humaines qui l'avaient jeté dansson évanouissement, se mêla, accusateur et terrible, au glas des cloches qui ronflaient de nouveau , à côté du grincement de ïev qui lavait d'abord étourdi, troublé! alors il \)wdit le souvenir des hommes et des chosel'hallucination redoubla ses tortures sur le malheureux, furibonde et acharnée.
Le grand-vicaire avant de quitter Renaud, lui dit encore :
« Et cette complice...
— Eh bien! la voici...
— Le chapitre la demande.
— Que le chapitre vienne l'enlever luimôme... vous voyez !...
— Les infortunés ! dit le grand-vicaire. » Et il se retira , laissant à la porte de la
chambre où étaient les deux accusés, les quatre hommes d'armes en sentinelle; et il retourna de suite vers le chapitre assemblé , pour lui rendre comte de ce qu'il avait vu.
Pendant tout le temps que dura cette scène, Sarhetta anéantie, hébétée, Tarne contuse et le cerveau pesant, ne vit rien, ne comprit rien, n'entendit rien, ne sentit rien; chez elle l'atonie de toutes les facultés était si complète, si effroyable qu'elle tenait de l'abrutissement...
Et à côté du deuil général , à coté de la confusion des deux amans ; à côté de la consternation du clergé, un homme, malheureux auteur de tout ce scandale : le bâtard dOrney, mordu au cœur par un remord acharné, se frappait la poitrine et accusait son fatal génie de tout le mal qu'il avait causé... Ce prélat qu'il aimait et qu'il venait de sacrifier à une atroce velléité de vengeance... Cette jeune fille qu'il aimait et qu'il avait immolée, parce qu'elle aimait ailleurs, revenaient tous deux à la fois sans cesse à sa pensée , et la meurtrissaient dans le frottement inoui de leurs deux destinées abattues, fiévreuses...
Il se disait le malheureux jeune homme, épouvanté de son étrange aveuglement, navré comme tout bon cœur qui n'a suivi pour
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agir, que l'iuipulsion malheureuse d'un moment d'erreur.
— Oh! combien ce lâche plaisir d'un moment me coûte de remords et de chagrins! Mon Dieu, quand l'homme est incertain du mal qui lui arrive, quel désir infernal le pousse donc à savoir? Oh ! il y a dans tout ceci une fatalité bien grande; j'étais tranquille il y a un an... 11 y a un an, j'avais chassé de ma pensée, toute pensée malsaine et exotique; renfermé, il y a un an, dans mon être seul, j'y trouvais vie et repos... eh bien! il a fallu qu'un prélat que j'aime vînt prendre un jour trop tôt possession de son siège ; il a fallu que ce môme jour un pèlerin voyageur que je ne connais maintenant qu'à peine , passât dans la ville, qu'il s'arrêtât devant le cortège; c'est si séduisant le cortège qui forme la noce d'un évêque! il a fallu qu'une jeune fille accompagnât cet homme de passage; il a fallu que j'aimasse tout à coup cette jeune fille, en même temps peut-être que tout à coup elle s'éprenait d'amour, elle-même aussi, pour le jeune évêque... Puis, ô dérision; il a fallu que le
pèlerin voyageur fût incriminé; il a fallu que je le sauvasse; que j'obtinsse sa compagne pour récompense, et qu'heureux de la possession de celte femme , un soupçon surgît en mon cœur. . . fatalité ! ... oh! bien grande fatalité... il a fallu que j'éclaircisse ce doute porté sur l'étrangère; il a fallu que j'arrivasse à la connaissance du mal : fruit amer de la ramée sociale; il a fallu que je saisisse ma vengeance!... oh! et voilà qu'aujourd'hui je suis seul sur la terre ; seul parce que j'ai , de ma propre main, jeté dans l'abîme deux êtres auxquels je tenais par une fibre du cœur; Tune pour l'aimer, l'autre pour être, de lui, aimé... Malédiction sur ma conduite ; malédiction sur ma jalousie ; sur tout malédiction ! et ce stupide carillonneur, qui s'en va sur la folie d'un désespéré se pendre à sa cloche, et qui, ajoutant foi au mensonge de mes paroles, est allé, dans un branle d'agonie, donner le branle à toute cette calamité... oh ! maudit soit le butor qui a pu me croire ; mais, quoi ! le pauvre homme n'a agi que mû par un grand sentiment d'intérêt pour le pasteur... Et je l'act.2. is
cuse; et je le flétris, et je l'outrage... Oh! i| a bien fait lui!... et sa faute, si faute il y a de sa part, retombe sur moi seul; sur moi qui ai trompé sa bonne foi; sur moi, qui
ai égaré sa sensibilité et j'en rendrai,
pour lui, compte là haut, moi!... et quel compte?... un compte terrible!... oh! bien terrible!... hélas!... Dieu lui-même, qui est clément et bon, me pourra-t-il pardonner ma faute?... Renaud, Sarhetta, les pauvres infortunés!... oh!... Renaud, surtout... Renaud qui m'aimait comme un père aime son enfant unique... Sans mélange d'aucune autre affection paternelle, de cet amour pur qu'on n'éprouve que pour son amant !... oh! et c'est moi qui ai jeté Renaud à la gueule de la justice ecclésiastique : cette louve affamée qui dévore ses propres enfans... quand elle n'a pas à poser la dent sur ses pères!... Hélas! comme son cœur doit saigner!... Et nul moyen de le sauver!... J'ai fermé sur lui, en cadenassant moi-même l'anneau de fer à son poignet, tout accès à l'indulgence de ses juges!... Et dire que je l'ai voulu!... le pen-
ser. . . C'est à se damner vraiment. . . oh ! comme son cœur doit me maudire î... moi qui l'ai livré à ses bourreaux... Car ils l'ont tous vu lié au pilori que je lui avais fait : Sarhetta!. . Que faire?... attendre le jour du jugement, et aller révéler hautement mon attentat!... 'me présenter au tribunal et dire : cette chaîne de fer, c'est moi qui l'ai passée à son bras; ce branle c'est moi qui l'ai ordonné. . .C'est moi ! . . . moi qui ait tout conduit dans cette nuit atroce... et alors les juges... les juges7... Oh! ils me diront qu'une jeune fille reposait avec l'accusé sur le même chevet; car c'est moi qui les ai fait appeler pour l'y voir... ils me diront que Renaud a failli à son serment, que Renaud a menti à Dieu et à l'église; ils me diront que Renaud a violé son vœu de chasteté... ils me diront qu'ils l'ont vu... et qu'il est félon à la sainte église, félon au Pape, félon à ses ouailles, félon à Dieu!... Et moi... moi je ne pourrai pas leur répondre : non!... moi je ne pourrai pas dire effrontément aux quarante regards sexagénaires qui l'ont vu : vous avez mal vu!... votre regard a menti à
votre conscience, que votre conscience punisse votre regard... dans ce regard il es: entré du scandale, du péché... Et le péché (ils de l'Enfer brûle le regard qui le contemple!... D'ailleurs moi... si je voulais nier le fait , j'ajouterais le mensonge du défenseur à la culpabilité de l'accusé et le prévenu serait condamnable deux fois... car c'est un rôle divin que celui de défenseur, sinon c'est un soutien qui écrase... Oui, mais voici qui est bien en thèse canonique et judiciaire. Mais considéré sous le point de vue de la charité chrétienne, il y a plus, sous le point de vue du simple droit naturel , le mensonge qui sauve un homme est une bonne action ; car la vie d'un homme vaut mieux à elle seule que tout le droit canonique dans tous ses titres réunis!... Insensé!... Et que te servira de mentir à ses juges puisque tu ne sauveras pas Renaud?... Oh! deux fois insensé!... que te servira de leur tout dévoiler puisqu'ils te riront de dédain, de pitié, de sarcasme, au nez!... Malheur, Michel, malheur sur toi î... Malheur! car, en te vengeant, tu t'es prive.
irréiléchi, même de la satisfaction de pouvoir t'accuser plus tard!... Et c'est bien fait pour toi... car tu te rongeras le corps par l'ame et l'ame par le corps !.. . Oh ! c'est la peine du talion cela!. . c'est la justice de Dieu qui passe sur ta destinée coupable!... A merveille ! je comprends cette justice là !... celui qui a frappé son semblable dans sa vie à venir a mérité que le contre-coup le frappât dans la sienne !... (Test ainsi que la punition de nos fautes commence par le supplice même que nous cherchions à infliger aux autres!... 0 mon Dieu, l'en fer pour le méchant sousle coup de cette réaction, c'est la vie que tu lui donnes, ou plutôt que tu ne lui reprends pas !... »
Et l'infortuné jeune homme tomba dans un grand vague de pensées... Jamais il n'avait senti un si grand affaiblissement dans son aine ; jamais si terrible éboulement ne s'était opéré dans son esprit; jamais depuis qu'il avait vu à nu la misère des misères humaines, il n'avait senti un dénuement si profond, une lassitude si grande, une défaillance si complète du cœur...
Et aux heures du repas, il ne parai pas
dans la salle ; et à l'heure du couvre-feu il ne songea pas qu'il était las et qu'il fallait se coucher...
Et plusieurs mortelles journées se passèrent ainsi sans qu'il prît ni sommeil, ni alimens.
La fièvre qui ne le quittait pas le nourrissait de son brasier dévorant, tout en rongeant ses chairs... l'infortuné !...