‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 11 sur 40 · LE VCCU UE CHASTETÉ. I · texte numérisé non relu

LE VCCU UE CHASTETÉ. I

« conarae si je le proiKHiçais au pied des autels : « je jure de gjirder, toute ma vie, cette virginité u qui a U»t d'attraits pour vous, si l'homme qui u est étendu là, sur cette couche, reprend ses sens, « recouvre la santé.. Je pitsserai tout le reste de « mes jours près de lui , corame une sœur près a d'un frère. Je l'aimerai peut-être, mais d'un « amour chaste et pur. Sans cesse ensemble , nous « vous prierons, nous vous invttquerons. Oh! ren> « dez-le à la lumière , pour prix du saciifice libre et sincère que je vous fais, doux Jésus et Vierge « sans tache , de tous les plaisirs que je pouvais « me promettre dans ce monde. Qu'il vive ! et je « me livre à vous tout entière , et rae consacre « pour toujours à vous honorer , à vous servir. » K A peiue elle finissait cette fervente prière, qu'elle crut remarquer quelque mouvement sur le Ut.

a Oh! comme elle fut heureuse, quand elle vît Tîmothée se soulever à demi et^ sans efforts, se mettre sur. son séant! Le calme régnait sur tous ses traits; ses premières paroles furent :

« Oh ! - pourquoi sitôt disparaître , vous qui m'apportiez la santé! ne pourrais -je vous retenir? » Et il tendait les bras a>mme pour saisir quelque objet.qui lui échappait.

« Il jeta ensuite autour de lui des regards étonnés ; et quand il aperçut Marina qui était res-

D,a,l,zc.bvG00gIe

I 38 CnA.I>lTRS XXVI.

tée à genoux, ta bouche eotr'ouverte, les matos levées vers le ciel :

« J'ai dormi bien Icmg-temps, n'est -il pas vrai, mon jeune ami ? mais qu'il était doux , le rêve qui occupait ma pensée ! C'est vous, ou du moins , c'était une femme qui avait vus traits, votre voix, que j'ai vue descendre du ciel; vêtue d'une longue robe blanche, elle tenait dans ses bras un eniant nu , comme dans les statues de nos églises; son sein était découvert, comme dansnosstatues encore ; mais qu'il était d'une bien plus belle forme, d'une blancheur plus éclatante! Elle s'est penchée vers moi , et approchant de ma bouche un de ses seins , qu'elle pressait doucement d'une main : « Bois, disait-elle; bois la sauté , la vigueur, la vie..» Mes lèvres ont saisi avec avidité l'attrayant objet qui venait les caresser, et j'ai senti couler aussitôt dans tous mes membres avec la divine liqueur une ineffable volupié. '

II n'est aucune partie de tout mon être qui n'ait participé à l'extase que j'éprouvais. Un doux calme a succédé à ce ravissement. Mais , déjà ma divine nourrice n'était plus penchée sur ma couche; je l'ai vue reprendre le chemin du ciel. Elle m'a. dit de loin, en souriant comme vous souriez, mon frère : o Tu es guéri; lève-toi et marche. » C'est alors que je me suis réveillé*. »

• Voy« la DOI« XXXIX.

Douze. bvGoQglf

Page 1