‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 22 sur 40 · UNE SC^E SUR LK GRAHD PONT · texte numérisé non relu

UNE SC^E SUR LK GRAHD PONT

Mucro, mucro , tvagùta tt. ad oeàdtndami Uma ti m àUeifià»! , etfidftoM.

EzicBin, XXI, a&

> GhÎTiI gUitsI ion do rooneia. ligniie ton UncdUat.etbrillt duu la «Un <Ib qai doit frtpper. .

lie pniphtte ÉiicaïU.

Qui pourrait exprimer l'iDdignation , la foreur de Rolloa quand U vit ses envoyés revenir de Paris sans réponse I

Aussitôt il donne des ordres pour qae ses troupes des deux rives de la Seine se préparent à un assaut général , qu'il £xe au lendemain , peu après que le soleil aura atteint la moitié de son cours. En vain on lui représenta 'que les machines que l'on fabriquait , d'après les avis du savant %iti , n'étaient point encore entièrement terminées-

«Des machines! s'écria-t-il; les hommes de

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CHAPITRfKXZII, OHS BCÈRE, etL. if)

coeur ont-ils besoin de recourir à ces inventions de la faiblesse? Des lances et des bras vigoureux, voilà les meilleurs iostruments de guerre; voilà ce qui, seul, procure la victoire. Avonsnous eu besoin dé -machines pour inspirer la terreur partout où l'on nous a vus paraître ; pour soumettre cent formidables cités? »

Les ordres de Rollon furent transmis aux deux camps; et les -Parisiens s'aperçurent, non sans de vives inquiétudes, du haut de leurs tours, qu'un mouvement extraordinaire semblait agiter If s deux corps d'armée des assiégeants.

£n même temps,' Rollon expédia vers le Mont- Valérien de fidèles messagers, qu'il chargea d'emmener avec eux, et dans le jour même, Adelinde.

Voici la lettre qu'il écrivait à Judith':

a Chèce épouse , j'ai toujours l'espoir de reu mettre bientôt dans tes bras ton fils bien-aimé. a Mais il faut qu'Adelinde vienne me trouver; « il faut qu'elle parte , à l'instant même, seule , V avec l'escorte des braves que je lui envoie. « Qu'elle vienne sans nuls bagages , dans ses a plus simples atours ; je l'attends.

(c Je ne puis encore te dire quels sont les mo- « tifs de mon impatience. Mais qu'elle vienne. »

Judith ne douta plus dès lors qu'AdeKnde ne dût è|re la rançon qu'il faudrait céder pour la r5.

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ia8 cHAPiT&i XXXII. -

délivraoce de son fiU ; et elle s'empressa de montrer sa lettre à sa jeune amie , sans lui faire part de ses idées, sans même l'engager, à obtempérer à la pressante demande de RoUon. Mais Adelinde qui, depuis le jour fatal où son amant était devenu prisonnier du comte, son frère, n'avait cessé de verser des larmes, que pour tomber dans une langueur qui ressemblait presque à la mort, se lève aussitôt dans un état d'exaltation impossible à dépeindre.

a.OhI s'écria-t-elle , je le vois, je le sens, c'est moi qui suis destinée à le délivrer de ses fers, à lui sauver la- vie ! Mon Dieu , que je te remercie! Partons, partons à l'heure même. Où sont les messagers de £.ollon ? sont - ils prêts ? me voilà. Mon frère et l'évêque Gozlin , quand je serai dans leurs mains, m'accableront sans doute d'injures , de reproches; peut-être ils me tueront (nais il sera sauvé! il me devra la vie,

comme il l'a doit à Godiva ! Bile n'aura plus sur moi cet avantage »

Et aussitôt elle va trouver les guerriers de Rollon, et hâte leur départ. Judith, qui suivait tous ses pas, l'admirait, se sentait attendrie. Elle lui pressa tendrement la main, et imprima sur son front un long baiser.

Le jour était sur son déclin lorsque la. petite

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DUE scÈiTE sna~ le gbahd pont. 239 escorte, au milieu de laquelle voyageait Adelïnde, arriva près du camp' établi dans le parc du palais des Thermes. Kollon se proioenait alors, plein d'une sombre mélancolie , sur ta grève que la Seifie avait laissée à découvert k quelques pas du camp.

Il fit approcher Adelinde, qui Voulut, à son aspect, se jeter à ses pieds ou dans ses bras. Il la retint, et, prenant un visage sérieux et presque sévère, il lui dit : «Demain, Adelinde, il vous faudra faire preuve de courage; mais, je l'espère, vous verrez du moins votre amant. Allez vous reposer dans la chambre que vous occupiez autrefois en ce palais; à demain »

Gomme il s'aperçut qu'elle se disposait à parler, à lui demanderquelques explications :« Ne m'interrogez pas, ajouta-t-il; je ne vous dirai po'mt, et vous ne devez pas connaître mes projets, a Puis , jetant sur elle un froid regard : « C'est bien : vous voilà telle que je voulais vous voir, sans parure, les cheveux en désordre. Restez ainsi : c'est ainsi qu'il faut que vous soyez demain. Retirez-vous. »

On fit entrer Adelinde , confuse et tremblante , dans le palais des Thermes.

Quand ^lle se vit seule dans cette même chambre qui lui rappelait tant t't de si douces sensations, son cœur se brisa, elle fondit en

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a3o CHAPITBB ZXXII.

larmes. Ce lendemain , qu'on lui avait annoncé d'une voix si grave, presque sinistre, elle le redoutait comme un jour de mort. Mais elles revenaient aussi à son espiit, ces consolantes 'pi- Tolei '. Demain , vous verrez votre amant; et, alors, elle eût désiré que l'aurore parût. Ce tut ainsi qu'elle passa la nuit entière, flottant entre la crainte et l'espérance.

Dès l'aube du jour, les troupes odnnandes des deux camps* étaient sous les armes : tant au nord qu'au midi , les rives de la Seine étaient couvertes de guerriers dont les casques de fer, les boucliers, les lances réfléchissaient les premiers rayons du soleil. I«urs bannières -de couleur rouge s'élevaient comme des phares éclatants au milieu de ces forêts de lances. Z^es Parisiens s'étaient réunis sur leurs murs, sur leurs tours, sat le grand pont : l'inquiétude, l'anxiété se pe*gnaient sur tous les visages. On observait le plus profond silence.

J^s Normands aussi restaient immobiles : ils semblaient attendre le signal de l'assaut.

Une heure avant le milieu du jour, on vit s'avancer, à force de rames et dans le plus grand ordre , cinq cents barques remplies de guerriers normands. T^e vaste canal qui séparait les deux

DolizccbvGoOglf

VBE SCÈÏB SUB LB OEAITU POITC. a3l

divisions des troupes de Rollon disparut bientôt aiixyeux;onD'aperceTaitpIasqu'uaeseuIegrande année rangée en face du grand pont , et qui le débordait beaucoup de l'un et de l'autre côté. Quel aspect pour tes Parisiens qu'un long armbtice avait déshabitués des soins , des &tâgues de la guerre !

A un signal donné par Rollon , qui , d'un tertre qu'il avait fait élever sur la rive , inspectait toute l'année , une grande barque qui était à la tétë des autres s'en détacha , et s'approcha du ter> tre. Au milieu de la barque s'élevait une estrade couverte d'un drap noir , et sur l'estrade on voyait dominer. un poteau , haut seulement de quatre pieds.

D'après les ordres de Rollon, on avaitamené près de lui Adelinde. Il n'avait seulement pas jeté les yeux sur elle, et paraissait uniquement occupé dé l'ordre à établir dans son armée et des apprêts du combat. Mais enfin it s'en approcha, et, lui prenant durement la main, la força de le suivre et de monter avec lui sur la barque oii était dressée la nnîre estrade. A peine y a-t-elle posé le pied que deux vigoureux Korroaiids la saisissent, la font monter sur Técbafaud , et la lient fortement au poteau par le milieu du corps. ' Tremblante, éperdue, se croyant à sa dernière heure , ell« leva les yeux vers le ciel , et puis

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aSa cHAnTRE xxxti,

laissa retonlbe^ sa tête sur son sein, qui, comme

son cœur, palpitait avec force.

Rollon se place aussitôt debout près d'eUe.

Il tient à la main un sabre nu.

]Lâ sinistre barque a quitté la rive ; elle vogue vers le grand pont; dix autres barques couvertes de guerriers, dont l'arc est tendu., la suivent, lui servent d'escorte. Us sont tout prêts à lancer leurs dards contre tout Pariùen qui tentenit . seulement de bander un arc.

La plus petite de ces barques, qui portait des hérauts d'armes , s'approche de tnès-près de la plus grande arche du pont : les hérauts , après avoir sonné deux fois du cor , somment, au nom de Rollon , le comte Eudes de faire conduire Adalbert sur le pont. Ils ne lui accordent qu'une heure pour se décider.

La grande barque qui portait Âdelinde et Roi' Ion s'était assez rapprochée du pont pour que la multitude qui le couvrait pût reconnaître la sœur de leur comte, et même entendre ses gémissements.. Bientôt l'air retentit d'accents plaintif et douloureux. Bes hommes de toutes les classes du peuple se précipitaient vers les parapets du pont : ils tendaient vers Rollon des bras suppliants z^Grâce! grâce! s'écriaient-ils, brave chef des Normands ! Cetle jeune fille nous est si chère! elle fut toujours le refuge, la conso-

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uns scÈRB SDS le oraud tout. a33 latrtce des ttiatheureux ! Votre fils tous sera rendu ; nous ne permettrons pas qu'il lui soit bit le moindre mal. »

BoUon baissa alors le glaive que, jusque-là , il avait tenu levé sur la tête d'Adelinde ; m«s il conserva sou aspect menaçant Sa stature colossale , l'expression terrible de ses traits , inspiraient à la fois aux Parisiens de l'admiration et de l'effroi.

Pour se décider à prononcer ta grâce d'Adalbèrt, le comte Eudes n'avait pas attendu que tout le peuple de Paris nianife^tàt ses sentiments. Bien qu'il ne lui pardonnât pas d'avoir enlevé sa soeiir le jour même où elle allait conclure un brillant byménée, il avait senti que faire périr sur Técbafaud le fits d'un chef d'ennemis si puissants, c'était s'exposer à de sanglantes représailles. Gozlin, lui-même, qui n'avait d'abord montré tant de rigueur, d'inflexibilité, que dans l'intention d'amener Rollon à faire quelques fM-opositions de paix avantageuses, voyait à présent qu'avec un homme du caractère de ce magnanime mais orgueilleux chef, des menaces seraient toujours sans succè». D'un commiui accord , le prince et l'évêque avaient ordonné qu'on fit sortir Adalbert de son affreux cachot , et qu'on l'amenât en leur présence. Eux-mêmes avaient .détaché ses chaînes.

a34 CHAPITRE XXUI.

Au moment même où le peuple de Paris demandait à grands cris que Ton présentât te jeune prisonnier à son p^%, le comte et l'éréque étaient sortis du palais, et s'avançaient vers le pont. Adatbert, au milieu d'eux, mardiâit libre, sans entraves ; un seul garde les devançait, qni portait et feisait flotter dans l*air un long drapean l^anc.

A cette vue, le peuple battit des mains, les accueillit par des cris de joie ; la foule se séparait avec respect pour leur ouvrir nn plus libre passage, et bientôt ils se montrèrent sur le pont, aux yeux du chef des Normands.'

Rollon «'apercevant que son fils était sans chaînes, qu'il n'était même pas entouré de gardes , qu'un drapeau , emblème de paix , avait été placé à dessein près de lui , ordonne aussitôt qu'on brise les liens qui retenaient AdeUnde au poteau.

La jeune fille alors tombe à genoux sur l'estrade noire, et levant les bras vers l'endroit du pont où se tenaient, dans un morne silence, le comte Eudes, l'évêque Goziin dans ses habits pontificaux, et, entre eux, son amant Adalbert, tel qu'il était, au palais des Thermes, lorsqu'il tomba dans les mains des ennemis , elle cria de toute la force qu'elle put donner à sa Toix :

« Cher Eudes , mon noble frère , je suis cou-

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CKB SCinE SDR LE GRAMD PORT. a35

a pable envers toi , eavers mon pays. La mort a qu'un eDuemi généreux répugne à me donner, «je te la demande. Je bénirai le coup qui irte « frappera , si tu rends le fils innocent à son « père » '

Eudes se couvrit les yeux de ses deux mains.

Voulait-il cacher ses larmes, ou se dérober à un spectacle humiliant pour son orgueil ?...

Mais Adalbert, s'adressant à la foule.qui Tenvironnait :

« Braves Parisiens, cria-t-il, vous ne penneta trez p)as que [a sœur de votre comte, celle dont ■ vous avâz apprécié les vertus, ait jamais à rea douter ta vengeance d'une famille offensée. Elle 1 est ma- bien-aimée , cdle que j'avais choisie tf pour épouse : mes compatriotes la respecte- « ront, l'honcn^ront, comme ils respecteid et hp- « norent moD père. Qu'elle reste au milieu d'eux. « Quant à moi, disposez de ma vie, elle est entre «.vos mains. Vous croyez voir en moi un per- « fide, un vil espion : veogez-vous; mais appre- « nez que l'amour seul m'avait conduit dans vos « murs ; que l'amour seul avait pu m'inspirer « l'idée de paraître au miUeu de vous autrement « qu'en guerrier. Tout déguisement est indigne n de moi.... ■

Il allait continuer; mais le peuple l'interrompit par les cris unanimes de « f^iye le fils de

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a36 . CHAPITRE xxxir.

RoUonî Grâce poar le jeune guerrier, pour l'amant d'Adelïnde ! »

L'évêque Gozlin s'avança alors plus près du parapet.

« — Chef des Normands , dit-il en s'adressant à « Roilon, TOUS en qui je me plais à reconnaître « une magnanimité que nous n'avons pas toua jours rencontrée dans les autres chefs de votre « nation , n'est-il aucun moyen -de terminer une « guerre qui, depuis trop long-temps, fait couler « le sang des bommes? Peut-être ces jeunes gens ■ qui s'aiment , qui voudraient s'unir , sont-ils « les instruments dont s'est servie la Providence « pour réconcilier nos deux nattons. D'après mes « avis, le comte Eudes est disposé ( et ce matin « même il m'en a doimé sa parole ) à vous pro- « poser des conditions de paix , que sans doute a. vous accepterez. Dans quelques jours , vous re- « cévrez de lui un message qui vous fera conte naître ses intentions. Jusque-là , que chacun a de nous garde l'otage que la fortune a remis « dans ses mains

— J'y consens, répondit RoUon ; mais si mon fils reste parmi vous , jurez qu'il sera honorablement traité, comme je jure que la belle Ade- Hride recevra de Judith, ma noble épouse, tous les soins qu'une mère doit avoir pour sa fille chérie.... «

UlfE .SafeWK SDB LE GBAHD POHT. 2^7

Eudes aussitôt s'écrie, transporté de joie :

« — Rollon, crois à la parole du comte de Faa ris ; il prend ton fils sous sa sauvegarda Ton « fils a déjà moD estime par sa valeur , un jour i peut-être j[ aura mon amitié; et, si tu ac* a ceptes les propositions qui te seront bientôt c^tes ma sœur....

« — .Et moi, dit à son tour Goziin en élevant « UD bras , je jure, par l'Evangile, que votre fils « n'aura point d'autre prison que le palais où «j'habite; qu'il vivra près de moi; que....

a — C'est assez, dit Rollon. Prélat, je m'en a repose sur tes serments. »

Et, en même temps, il étend sur la tête d'Adelinde une maiu protectrice; et, de l'autre » donne à ses troupes le signal du départ.

On vit toutes les barques des Normands descendre rapidement le fleuve, et les troupes qui étaient sur les deux rivages reprirent en même temps la route de leurs camps. Le peuple parisien battait des ■ mains , remplissait l'air de cris d'allégresse. Rollon regagna le rivage, pressant Adelinde dans ses bras.

Quand il l'eut ramenée au palais des Thermes, il la regarda avec plus de tendresse encore.

« Pauvre enfant! lui dit-il, je t'ai fait bien peur, n'est-il pas vrai? Il le fallait.. Si tu avais. su que ma colère n'était qu'une feinte , que tu

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338 CHAPITBE XXXil, UNE Sf^MB, etC.

n'avais aucun risque à courir, tu n'aurais pas joué avec tant de vérité ton persoonage de victime. Pardonne-moi, en faveur d'Àdalbert, tout le mi\ que je t'ai &iL Fourrais-tu penser encore que j'aie voulu te sacrifier! Moi, j'aurais Ëiit tomber cette tète innocente ! Jatnais.... Si tes barbares compatriotes eussent tué mon fils , mes troupes seules m'auraient vengé : tes représailles eussent été terribles; mais ta vie eût été sauve.... >

Adelinde, le cœus gros de soupirs, pressait les mains de BoUon dans les siennes, les arrosait de ses larmes.

« Je savais bien , disait-elle sans ces&e , «que le père d'Adalbert ne pouvait être ni injuste , ni cruel

— A présent, mafille, lui dit Rotlon, retourne vers Judith. Baconte-lui les événmients de la journée : ne retvde pas la. joie qu'elle «i dent ressentir. »

Adelinde partit aussitôt pour le Mout-Valérien, escortée par cent braves Normands.

j,=,i,z..tvCbogIf

cBAPirmE zxxiii.

k COHFSBKRCE.

Otiil qaùque loeiu , eum lolet cttâu habautôf

Eut Jtu, quoi ipu eo&,

JuTBSAi-, Sat XT , *. if.

• D'ail prarient La bâîaa in panpla entre eux 7 De «( qM «hiqoe psopla d^tsalc lei dienz de mi teiàat , et croît qnll ne peat j en iToir d'intre* que emx qall idore. ••

Kt adora quod uiierat , Sicamhtr , et ataerittr Extra ifnod eolntrtu.

•■ ner SicuDbre, fiéehii U tète. Adort ce que ta G- Tnli «ax fluBBM t brtle ce que ta idonl*. »

L'jfvÉQDE Gozlin , ûdèle i ses serments , donna an jeune Adalbert des témoignages d'une extrême bienveillance. Ce fut dans le palais même du comte qu'il le plaça : sa chambre était tout près de celle de ce ministre tout-puissant, qui voulut qu'il n'eût point d'autre table que la sienne.

a4o CRJ.P1TBI! XXXIIl.

Dans cette conduite,' la politique entrait pour beaucoup : Gozliu espérait , en gagnant la confiance d'Adaibert , apprendre quelque chose des projets de Kpllon, de ses secrets sentiments. Aussi , dès le premier jour, il demanda à son jeune hôte, sur la fin du repas qu'ils vendent de faire ensemble , s'il pensait que son père tint fortement à la religion des Scandinaves , religion qu'il voulut bien n'appeler que bizarre; s'il n'adopterait pas,^e fut-ce qu'en apparence, le vénérable culte des chrétiens , surtout s'il en résultait pour lui d'immenses avantages ?

Adalbert sourit k cette question; car il voyait bien où elle tendait.

«Mon père, dit>il, ne s'occupe guère que de ses acmées, des-" conquêtes qu'il compte entreprendre. La religion est , pour lut , une chose assez iodifférente. Mais , comme il a remarqué des abiis dans l'institution de l'ordre de nos prêtres, il a entrepris de les réformer. Quelques horribles cérémonies s'étaient introduites, ou plutôt conservées dans notre culte, il les a abolies. Cest ainsi qu'il a défendu tout sacrifice humain , ce qui a fort irrité nos drotters et nos propbétesses. »

Une vive satisfaction se peignit dans les yeux de GozUn.

« S'il en est ainsi , s'écria-t-il , je ne désespère

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LA COVFÉRENCK. i^l

pas de le voir bientôt, ainsi que vous, un ardent prosélyte de notre religion, de cette religion douce , qui abhorre le saog , qui ae prescrit aux hommes que d'offrir à l'^ernel des vœux de reconnaissance , de simples prières, de l'encens, des fleurs, mais, surtout, un cœur pur!

— Il est vr^i , docte prélat; mais n'avez-vous point aussi quelques dogtpes qui blessent Téquilé naturelle? Ne faut-il point croire à certains mystères qui choquent la raison ?

— Espliquez-vous , jeune 'homme.

— On m'a dit qu'il fallait nécessairement admettre que Dieu punissait, dans les enfants, les fautes de leurs pères; que toute votre religion même était fondée sur cette singulière opinion , que tous les hommes naissaient souillés, parce que le premier homme s'était rendu coupable envers Dieu d'uue très-légère désobéissance ; on m'a dit que votre dieu s'était montré , eu mainte occasion , vindicatif et cruel ; qu'une fois il noya toute l'espèce humaine, excepté une famille privilégiée. . . Et, quant a vos mystères, ferez-vous bien comprendre à Rollon que trois dieux n'en font qu'un ; que , pour le salut des hommes , il fallait que Dieu le père fit naître , d'une jeune, Juive , uu autre dieu, le fit crucifier, ou plutôt se fit crucifier lui-même; car

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a43 CHAPITRI! XXXIII.

cet autre dieii-homme n'était autre que Dieu le père ; que. . . .

— Atrétez, jeune horame! Qui tous a si mal instruit de nos dogmes? Vous ne savez pas qu'il est on ne peut plus facile de répondre à ces objections raille fois répétées par les ennemis de notre culte; mais ce n'est pas le moment d'entrer en discussion avec vous. IMtes-moi senlenent comment tous avez une connaissance, bien imparfaite, il est vrai, de notre sainte religion.

— Ma mère était née chrétienne ; mais elle ,1 abjuré, depuis long - temps , ses anciennes croyances. . . .

— Quoi ! elle a renié son dieu pour adopter celui des Scandinaves ! C'est à Odin qu'elle sacrifie! . . .

— Oh! non. 3e ne saurais vous dire quelles sont ses croyances. Jamais elle ne parte de reUgiou, si ce n'est pour se moquer de votre culte, et maudire les prêtres de tous t«s cultes du monde ; et pourtant , je dois le déclarer hautement, il n'est point de femme plus verluease, plus généreuse , d'un caractère plus noble et plus ferme. . .

— Je sais que Bollon Taime ; que même elle le dirige dans presque toutes ses actions importantes. Oh! sans doute, elle lui aura inspiré son

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