‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 31 sur 40 · PAIX ET MARIAGES · texte numérisé non relu

PAIX ET MARIAGES

bénir leurs mariages, le jour même où Ton célébrerait celui d'Adalbert.

Les deux* nouveaux couples arrivèrent au palais, dans leurs plus beaux atours, quelques heures seulement avant celle qui avait été fixée pour les deux grandes cérémonies. Bollon et Judith les reçurent avec bienyeillance, et approuvèrent, en souriant, l'intention Où ils les voyaient de^ terminer, par de légitimes unions , de vieilles intrigues. «Oh! dit Rollon, venez; oui, venez avec nous à la chapelle des Thermes. Notre marche n'en sera que plus solennelle, plus'imposante.... L'abbé Ebles aura quatre mar riages à célébrer an lieu de deux! mais la peine n'est pas grande.... Et aussitôt après, mes amis, - puisque vous voulez émigrer, nous quitterons Paris tous ensemble. La Neustrie occidentale nous attend. Là, nous nous ferons une nouvelle patrie. »

Tous consentirent volontiers à suivre Roiron en quelque contrée qu'il voulût les conduire.

On se mit en marche vers ta chapelle des Xiiermes. Parisiens et Normands, tous semblaient s'être entendus pour se trouver sur le passage des heureux couples. La foule était immense. On y voyait une multitude d'hommes et de femmes.

34^ CHAPITRE XXSVIII.

qu'uD même sentiment de curiosité attirait , inais qui différaient étrangeiuefut (le costume et de langage. Ils bordaient, des deux côtés, Pavenue qui conduit du p^Ws aU château des Thermes.

Des trompettes aan'oncèreot, pox des fanfares, ta présence des ebeia des Novmiuids et des Firaoçais.

Quai).d on vit paraître l'emperear et sa femme Bit^rtle , on ne tieinarqna guère dams le premier que scH) énoFmç grosseur, mais on fut surpris de; Kextrème beauté et des grâces de l'impératrice.

Venaient eMuite le comte. Eudes,, et RoUon qui le dépassait de la tête entière : ils se teuaieut par la main. Des af^taucSs&ements, à leur aspect , se firent enteodre d^i» tous les Kaiigs.

Oa n'accueillit pas av«c moins de ^eur 3ddilh, son fils AdaUiert et Adelmde qui marchaient ensemble.

Les traits mâles et 6ers de Sige&oi n'édiappèreait point à la muUitiïde ,. pas plus que b vivacité de sa Godiva, qui riait, qui envoyait des baisers à tous oetix qui la regardaicBt aaec in* liérèt

Ou ne connaissait Nitard ni Odille; et l'on fut surpris de les voir à ta sutte de» grands personnages qui venaient de passet. L'accoutrement étrange deNitard excita quelques rires, aussi bien

qœ Tair humble et coutiit dé sa compagne, qui [Kiraissait être, ce qu'elle était en effet, une tram-t fi^e échappée de quelque couvent.

Quand ks Parisiens virent ensuite Marc^Loup, qui était connu de tout le monde, donnant la main à Sarbiura qui l'était autant pour le moins, oh! que de quolibets furta»! lancés- de toute» parts sur ce couple de futurs époux : « — -Iihl Marc-Loup, la bonne pèche que -tii vieujs de fair,e !» — « Barbara , Vous avez donc fait tnordre' le péchev à l'hameçon ! » On ^en disait bien d'autres que la décence empêche de [répéter.

Marc-Loup , impassible , n'en, témoignait point d'humeur; il se' contentait de sourire, et disait en lui-mêiae : a Raillez, injuries le. pécheur, bonnes gens; c'est trop juste , car voua avez. été loi^-temps. ses dupes, v ■ -

La chapelle n'étant pas très -vaste, la multitude, qui se pressait au dehors, ne put y. être admise; aussi. la cérémonie des mariages se fitelle avec toute la gravité , la sc4eimité prescrites • en ces mémorables occasions. T-«a serments mutuels de fidélité furent prononcés,, les anneaux furent échangés entre les conjoints, sans acclamations, sans trouble. Cependant, lorsque Sigefroi et Adalbert se présentèrent à l'autel' avec leurs belles futures, l'abbé Ebles crut devoir

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obserrer que tes lois de l'Église ne lui permettaient guère d'unir des sectateurs d'une autre religion avec des chrétiennes. Mais le comte £ud«s assura que l'intention de l'un et de l'autre était d'adopter la religion du Christ; qu'^n pouvait déjà les considérer comme de zélés néophytes. Et le tolëraut abbé ne trouva plus d'objection à faire contre des unions qu'approuvait la politique du comte de Paris.

L'abbé Ebles était d'ailleurs préoccupé par une idée, ut» projet que la sévérité de l'Église aurait bien autrement condamné. On sait qu'un de ses défauts était d'aimer excessivement les femmes, qui, le plus souvent, le payaient bien ' de retour , car il était d'une rare beauté. Or, il avait remarqué que l'impératrice Richanle avait continuellement les yeux sur lut, et que ces yeux-là avaient une expression qu'un homme aussi expérimenté pouvait facilement interpréter. Il s'était aussitôt proposé de proBter du séjour qu'elle devait faire à Paris, pour remplacer auprès d'elle son évèque Ltutard ; il savait que, près des femmes du caractère de Richarde, le& absents ont toujours tort.

Judith avait pensé qu'il était convenable qu'après la cérémonie de leurs mariages, Adalbert et Adelindej ainsi que Sigefroi et Godiva, vinssent

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