PAIX ET MARIAGES
Tisîter l'évéque Goziin , et recevoir sa bénédiction. On s'empressa donc de se rendre au palais , et de là dans l'appartement de l'évêque.
Il avait excessivement souffert pendant lenr absence. Sa blessure s'ét«it rouverte ; il avait perdu beaucoup de sang, aussi était-il très-laible. Mais quand il vit entrer le comte Eudes suivi de sa Radegonde et des nouveaux époux , il sembla se ranimer; les traits de son visage se colorèrent un peu , il essaya de sourire.
« Je vous rends grâces , dit-il , comte Eudes , « et vous, Radegonde et mes enfants, d'être venus " me faire vosderniersadieux!...Quede souvenirs n se pressent dans ma mémoire! Je voudrais, en « vous les révélant, m'offrir à vous, tel que je " fus, avec mes vices, et aussi avec quelques qua- « lités digues d'estime et de louanges. Mais la « mort est trop près de moi ; elle m'interdit « les longs discours. Recueillez du moins le <i peu de mots qu'il m'est -donné de proférer " encore. Les paroles des mourants , dit - on , <i sont sacrées: ce sont des oracles qu'il faut res- M pecter et conserver religieusement dans son " cœur.
« Radegonde, le^ort te doit des jours heureux a pour tous les chagrins dont j'abreuvai ta vie. « Déjà ton digue époux, Rollon, et notre exceï- « lent fils Adalbert t'aimeut, t'honorent comme
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a j'aurais dû l'honorer et t'aiiner. Oh 1 virez « loujotirs unis, vivez daus notre douce patiie, a où bientôt, je l'espère, Bollon ne sera plus 1 un chef d'étrangers redoutables, mais l'un des u souverains de notre vaste empire.
<t Et toi, Godiva, mon amiable fille, toi que « j'ai à peine entrevue , et que je ne pourrai « jamais presser dans mes iH-as, le ôel m'est tête moin que si j'eusse vécu quriques anuées « encore, . . . n
Ici la voix de GosUn s'affaiblit tellement qu'on n'entendaU: qoe des mots sans soite. ... a Je
B vous bénis Vous souviendrex-Toos de
u moi? Adalbert, transmets du moins à
« l'histoire Fuisse mon nom ne pas périr
a avec moi ! » -
Le comte Eudes s'aperçut que son ministre , son ami , touchait à son heure dernière. IV entraîna hors de la chambre Judith (on plutôt Badegonde) qui voulait en vain étouffer se.s saoglotsv Tous, se retirèrent ea versant des larmes.
Ce joue de l'hyménée , ce jour si vivement attendu par Adalbert , finit dans la^ tristesse. C'est ainsi qu'aux plus Vives joies se mêle toujours quelque amertume ; tel est l'arrêt éternel de la Providence.
Gozlin cessa de vivre cette nult-là même. Il mourut eu grand homme, en sage. On l'entendit
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former des vœux pour la pro&périté et la gloire d'une patrie qu'il avait si long-temps défendue paF son génie et par son bras ^ mais il déplorait aussi l«s erreurs, tant religieuses que politiques, dans lesquelles une inexplicable fatalité entraîne incessamment et les rois et les peuples.
Bollon, fidèle à son traité avec Eudes, fie voulut pas retarder d'un seul jour le départ de ses troupes. On les vit toutes abandonner, dans le plus grand ordre, leurs deux camps, et s'acheminer vers l'occident de la Neustrie. Sigefroi et Adalbert étaient à leur tête.
Rollon suivait de près son armée, au milieu d'un détachement de ses troupes.
Les femmes étaient toutes dans d'excellentes litières: Judith avec OdilLe et Godiva, qui s'étaient réconciliées; Adèlinde avec sa Barbara, qu'elle avait reprise à son service.
Marc-Loup fermait La œarcbe, monté sur un cheval vigoureux.
.Qnaot à îïitardi, il .TVak. réelamé et ol>tenu Tâne et le sîng« qu'uoe année auparavant il avait été obligé d'abandonner, quand il partit furtivement de Paris. Il n'avait ctmsenti à laisser aux prêtres que les reliques de sainte Marie l'Égyptienive- C'est sur cet âne, qu'il appelait un vieil ami, c'est avec son singe sur. une épaule., qu'il
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