‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 33 sur 40 · H CHAP. XXXVIII, PAIX KT MARIAGES · texte numérisé non relu

H CHAP. XXXVIII, PAIX KT MARIAGES

voulut suivre l'arraée. «Mon âne, disait-ït à ceux qui se moquaient de lui en le voyant passer, oui, mon âne et mon singe m'ont conduit sur la route de la fortune ; je ne serai point ingrat envers eux. »

Après ce chapitre , on lit , dans le manuscrit de notre Chronique, quelques li^es qui révèlent le nom de l'auteur.

Les voici telles qu'on les y voit ;

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Suivent plusieurs pages d'une écriture très-difFérente , qui contiennent ce que nous croyons devoir intituler CoHCLUsioN.

Douze. bvGoogle

CHAPITKB XXXIX.

COMCLUSION.

Moi, jidaiberl , comte de RoUonviUe ,/ils adoptif de Rolion, duc de Normandie ; j'ai jugé con- ' venâble d'ajouter le présent chapitre à la Chronique que feu mon chapelain, frère Polycarpe Jocutat, écrivail, il y a vingt ans, par mes ordres, et le plus souvent sous ma dictée.

Je dirai d'abord comment m'est venue l'idée d'en- ' treprendre ce travail.

Le saint jour de Pâtjaes de l'an 920, ayant résolu de fêter le jour anniversaire du baptême que reçut , il y a huifans, Rolion,. mon noble père, des mains de l'archevêque.Francon, j'invitai tous les seigneurs normands qui environnent mes domaines, à un repas splendide, dans mon château de fiollonville.

La comtesse Adelinde, ma respectable femme, qui conserve encore, à cinquante ans, de la beauté et des grâces, parut avec éclat dans celte fête, entourée des neuf en&nts qu'elle m'a donnes.

Vers la Bn du repas, j'appelai des ménestrels qui nous réjouirent par des contes làcetieux, dits^rT-

35o CHAPITRE XXXIX.

bliaitx , que tantôt ils chantaient , et quelquefois récitaient, eu les entremêlant de gestes comiques et de tours d'adresse.

Il advint que l'un d'eux demanda silence pour chanter un /ai qu'il avait mis en rimes la nuit précédente, et qui lui paraissait plus digne de notre attention que tout ce que nous avions entendu jusque-là.

£t aussitôt il ' nous chantR l'histoire d'un jeune ^Normand qui, Jé^isé en pèlerin, était parvenu à. enlever la fille d'un comte tr^s-puissaht^ le jour même où elle devait aller à fai^tel' ooMtracter ud brillaut mariage. ' -

Dès les premières strophes de son lai, je reconnus que j'étais lehéros de l'histoire; et, quoique le luéaastnelyfîtde mcMUnélogecontinuel, jefeàgnie d'être fâché que , sans que je l'yeusse autorisé, il m'exposità devenir le sujet banal de cent ^bliauxque ses confrères ne manqueraient pas de composer à son exemple, et dans lesquels, comme il Tavait fait tui-même sans s'en douter, ils défigureraient .mes aventures. u Je ne connais, lui dis-je, qu'une histoire où elles aient été racontées avec exactitude, avec bonne ht. • Elle est dans mes archives. »

J'ordonnai aussitôt à mon sénéchal Grifardoti, d'aller «Percher la Chronique de frère Folycarpe.

On me t'apporta; et j'imposai, pour punition, à l'imprudent ménestrel, de 1^ lire à l'assemblée. Mais, comme je sentis- qu'une si longoe lecture

J.,r,l,z<,.f,C00gIf

coKCLDSioir. 35i

poutrait fatiguer l'attention, j'indiqxiai une vingtaine fie chapitres qu'il devait passer.

Cette lecture parut intéresser mes cojivives.beaocoup plus-que je ne l'avaisi prévu. Après le dernier chapitre,' ils étaient encore attentifs^ et je via qu'ils ne se croyaient pas arriva h la fin. Les ups. nie demandaient ce qu'étaient devenus Sigefroi et sa Godiva; d'autres, nomment Nitard avait pu faire consentir la lière Odille à se mésallier en le prenant pour époux. Les questions pleuvaient sur moi de toutes jiarts.

Je leur promis de satisfaire leur curiosité. Et c'est ce que j'ai eitéculé, comme on va le voir.

A la première fête de famille, je ferai part à mes apiis de ce Supplément à la véridique Glironique.

Rollon , coDunft l'a dit frère Polycarpe dans sou dernier chapitre, exécuta fidèlement le traité de paix qu'il venait de conclure avec Eude;s et l'emperetir Cbarles-lerGros; il quitta,,. sans délai, Paris, et conduisit son armëê à Rdueti. M^is , dan.-; la route rime foule de ses guerriers- l'abandonr nèrent pour aller ravager la Bouigogue , où ils n'avaient point encore exercé de pillages. Il les

35a cH&PuiKK XXXIX.

désap,prouva hautemeut; car, ayant le projet de former en Neustrie un état indépendant, uite espèce de royaume , il eût désiré que le nom des Normands cessât d'être en horreur aux populations de la Gaule, et qu'on ne vit plus en eux des brigands féroces et sans foi.

Aussi son premier soin fut-il d'établir le règne des lois dans les pays qui lui avaient été cédés, et que l'on commença dès lors à appeler iVormandie. Aidé des conseils d'Egitl, il rédigea de sages règlements d'administration. Le vol et le meurtre furent punis des peines les plus sévè'res. Des tribunaux furent institués pour prononcer sur les querelles qui pouvaient s'élever entre lesNeustriens, premiers habitants du pays, et les hommes du Nord qui venaient le partager avec eux.

On vivait, en Normandie, grâces à RoUon, dans une telle paix, dans une telle sécurité sur la conservation de sa vie et de ses biens, que, de toutes les contrées voisines, des milliers d'émigrants venaient y chercher un refuge contre les vexations intolérables que leur faisaient éprouver leurs ducs , leurs comtes , et surtout leurs prêtres. Ï7affluence devint si grande , que Holloo sentit la nécessité de donner plus d'extension à ses états.

La limite du territoire qu'on lui avait livré,

Douze. bvGoOgIf

COMCLUSIOM. 353

n'avait jamais été exactement tracée; ii se crut en droit d'y joindre quelques domaines à sa convenance. L'empereur Charles-le-Gros ne pouvait l'en empêcher; car il ne régnait plus : il avait été soleimellement déposé par ses peuples même, et était mort couvert d'un juste mépris. Mais le comte Eudes, le frère de mon AHelinde, s'était fait couronner roi de France; et, eu cette qu9lité , il s'opposa aux prétentions de Rollon. De là , ' des combats entre les Français et les Itormands. Mon Adelindeen fîit cruellement affligée ; car mon devoir était de combattre pour Bollon, mon père adoptif.

Mais Eudes mourut. La couronne de France, qu'il avait usurpée, rentra, je ne sais -pourquoi , dans cette famille des descendants de Charlemagne, qui, depuis long-temps, ne produisait plus que des êtres indignes, par leurs vices ou par leur ineptie, de gouverner des peuples. ' Charles-/e-Jt>7i^/e, qui devait son surnom à son peu de bravoure, à sa faiblesse, ne pouvait ré* sister long-temps aux armes de Bollon. Il se vit forcé de lui adresser des propositions de paix. Les voici :

« Je donnerai à Rollon toutes les contrées qui

« s'étendent depuis la rivière d'Eure, jusqu'au

a mont Saint-Michel, oùcommence la Bretagne:

« je lui olifre de plus en mariage ma 611e Giselle.

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