‹ L'évéque Gozlin; ou, Le siege de ParisChapitre 36 sur 40 · MOTE · texte numérisé non relu

MOTE

ginta aulem anitos in monatterio fiai a uulla agnila quid

L'histoire de Marina, telle qu'elle est racontée dans notre chronique , me paraît plus vraisemblable. Ce n'est point une dévotion outrée qui la porte à entrer dans un couvent de moines : elle cède aux ordres d'un pare. Et elle a bien plus de mérite que tout autre, en s'obstiaant à cacher son sexe; car elle a toujours près.d'elle le seul homme avec lequel elle eût désii'é de s'uDÎr. Aussi l'Église a-t-elle eu raison d'en faire une sainte ; son nom fijjure honorablement dans le calendrier.

NOTE XXXVIll.

Elle aperçut sous des arbres qui bordaient la route des Casihs , un jeune homme. — Page 106.

On appelle à présent , k Florence, les Caséine uDe promenade champêtre, non loin de la porte del Prato. C'est nn petit bois délicieux , qui s'élève sur les bords de.l'Arno.

Ou ne doit pas èlresurpris de voir le jeune Félix se livrer, dans Florence, à Vétade des hit, dans un temps OÙ, partout ailleurs, il n'y avait guère d'études d'aucun genre. Déjà l'Italie, au ix' siècle, faisait quelques effpris pour sortir des ténèbres de l'ignorance, sinon des serres de U superstition; etlespapes, il faut le dire à leur gloire, favorisaient ce' premier élan vers les lumières. Ils l'eussent réprimé s^ils avaient pu prévoir qu'un jour ces mêmes lumières qu'ils cherchaient à répandre leur seraient funestes; que , par elles peut-être , tomberait en poudre , s'anéantirait leur trône qu'éleva l'hypocrisie, le mensonge, et que soutient encore aujourd'hui l'erreur, ou plutôt un vil intérêt.

' Gnio. Tdkoii. Dt gleria cvffmomm, avp. i0.

,r,l,z<,.f,C00gIf

HOTK XXXIX.

Déjà ma oivinb nouimck n'était plut penchée lar ma couche... Elle m'a dit de loin : Lève-toi, et marche. ~ Page 138.

Celte vision du moine Félix rappelle nn fabliau dans lequel la ViM^ guérit aussi un moine en l'allaitant. Ce fabliau întîtolé : Miracle de Notre-Dame, a été mis en vers par Gautier de Coinsi, poète du xii" siéùle , dont je crois avoir dit quelque cliose dans une autre note. Il y a tant de naïveté daDS le récit qu'il fait du miracle , on 7 peut prendre une idée si juste de la sotte crédulité de nos pères , qu'une ou deux citations n'en paraîtront pas ici déplacées.

Un moine d'un couvent dont Gautier de Coinsi ne dit point le nom , est mounml de la plus horrible des maladies. Ub chancre, lui dévore le .visage; et le poète n'épargne point les couleurs pour le peindre tel qu'il devait être, hir deux, effroyable.

Hais il avait eu» toute ta vie» autant d'amour que de vénération pour Marie,

• La douce Hère ao Roi de gloire. ■

Quand les oraisons du ofaeeur étaient finie* , il restait dans une chapelle

et 1& il récitait dévotement

Et pourtant le mal du moine empire à tel point que se»

Douze. bvGoOgIf

tsonhètùi lui <lMia«iit l'extrâmp-onctiim , et se pr^arent à l'enterrer.

• L'ame en eU, font pluieun*, ilée; Hon Mt eocor, U aulrediaDt ; A grant douUuice l'eDueulicot >, Car no mtcdI l'eat mara au vii) TaDt a eofliet groi le vis^, - - Qu'il n'i per[ 4 icli , ne nez , in bouche. , Bfoull à nmt^ chacina i tauche. •

Cést alors ([ne lui apparaît

■ La douce Mère au Hai de gloire , Qu'il ot en cuer et en mêmaire, ■ A lui l'apret^ blanche et florie Plui que n'es! flor qu'a espanis?

Ll rouMnl rouiée de hmj.

La hauM Dame glorieuse ,

L'umhie, la douce, la pileuse , .

'Muult doucement lez' lui a'apnie.

Tante* le* pUiei li euuie D'une toailleS uta: plut blandie / Que noif 'B negie n'est tôt hranche. ■

La Vierge luî dit ensuite :

• Por ce que m'ai de cuer aerrie,

- Souffrir ne puis que plus languisses,

- Ne si bonteuiement feniaseï : '

- Par lâul Terraa com bien je t'aim. > A tant de wd ihotm laln "

. La douce Dame, la ^(wne.

Trait la, mamene savoureuse , Se li boute dedeui la bouche, El puia moult doucement L louche Par sa dolor et par ses plaies. •

' Diaent ploiimn. — ' L'oignent , l'iaAtàileni^ti ce mot ^iiit fraaçaia). — > LeiiMge. — * Qu'il s'y pintl yeui.^ — ' Halgré aoi, ianiai. ^* Se Boum , apfarei. ~~ ' Qn'a épanouie. — * A c6l^ , ad. Imiai. — ' D'nna

Douze. bvGoogle

Je n'ai pas besoio de dire que le moine est aussilàt giicri ; qu'il sort de son lit plus dispos et plus beau que jamais il u'avait été.

• Ce dit cbacDiH qu'il )i «t vit ' ■ Qu'il a UKi plui der le rà *, PIdi biau, pliu net el plus pUiuut C'ouquM 3 n'avait eu d«Tial *. »

Si l'uD reprochait an ir^e Pétix de notre chronique d'avoir décrit avec trop de chaleur et de passion la beaaif du sein de la dame miraculeuse qu'il avait vue en soogei^ il pourrait répondre que le Irés-dévot Gautier de Coinù n'a pas f&nt avec plus de froideur et de retenue la mamtOe r de la Hère du Soi de gloire.

Sous toritmes en sUeiux , maû en frémitsant , de ee lieu d'horreur (du moDastère. dont Ebbi était l'abfaesse). — ■Page 177.

Le Dooi à'Ebba est célèbre dans l'histoire de r%lise. Baronius , dans ses Aanulei eeclétiattiques , avait rapporté l'anecdote étrange qui lui valut une si haute renommée ; et Fleury se crut obligé de la répéter dans son impartiale et sage histoire.

Cest en Ecosse qu'était situé le monastère dont les religieuses se coupèrent le nez, pour que les Duiois, les troO' vant ainsi défigurées , songeassent plutAt k fuir qu'à attenter à leur honneur. Il fallait que leur abbesse Ebba eàt sur

' Qn'il loi Hmbls, ifa'il lui il avû. — ■ LtTiMge. — ' Qu jiB*u il.

■ L«f>bUiiudu «met Jr ItaU^Dam* , qmi gari un mninu i* UM tf ( liit ) , H trauTe diiu U nouTClh Miboa d«> Fabliau at ChW* fMUt ixr Bu-baun. t. Il, p- i^T-

VOTES. 38 i

elles bien du poiiToir, qit'elle eAt employé nae bi«) pertuadive éloqiieDce pour les faire consentir à se iléfigurer d'une manière si cruelle.

Ce fait, de la yérîté duquel je doute . malgré les lémoignagea d'une foule d'historiens , a pour date , dans leurs livres , la fin du ix" siècle. li est donc possible que Hollon qui se trouvait à cette époque en Angleterre, et qui commandait les Danois, ait Ûâmé ses compatriotes de la cruelle . vengeance qu'ils avaient tirée des religieuses.

Il t'en prétenta une Joule (d'An^lo-SaxoDi) qiù voulaient le suivre (Kolloa) en Neuslrie : leur roi Alfbed consentit à leur émigration. — Page 187.

La vie d'Alfred, dans l'histoire d'Angleterre, a tout l'intérêt d'un roman. Mais il faut dire qu'on ne reconnaît pas comrae bien prouvées quelques-unes des aventures que l'on attribue à ce roi , qui fut tout à la fois savant et guerrier. Il n'en apparaît pas nioius comme uu phénomène brillant, dans le siècle orageux et barbare où il florissait.

Son alliamee avec Rollon qui , pour le secourir et le replacer sur le trône, abandonna pour quelque temps ses expéditions en France , n'est guère admise comme authentique par les historiens anglais. Cependant la coopération du héros normand aux combats et aux succès d'Alfred contre ses sujets , est racoaiée dans une chronique dont un passage est cité en lêie de notre xxvin' chapitre, et par Robert Wace dans sou grand poème sur les ducs de Normandie. Je me contenterai d'apporter ici en preuves quelques vers de ce poète :

• Li rail (Al&ed) a humblement Rou (Rolloa) requist et proie K.«ilu EngleJEle >eng. ki l'nnt tant damaijié,

Douze. bvGoogle

El-^ Imtbt am règne li d<Nira U meitié.

D« lun''' il ■ requiï li ■ Kou olreié *. »

Alfred, grices k Rollon , et après mainte victoire, est de nouveau reconnu pour roi par les Anglo-Saxons ; et Rollon alors se prépare  revenir en France.

•t DeikeRouout ugcat tat« cl rei SMordée,

Et de sis «Deinii la leire deslivrée,

El rei reodi iod règne, n'en Tolt BTuir jornéei.

• Toitm terre, dîst-il, vos rentpar cel mien gint ;

■ De tote vosire lerre nule rteni ne demut ,

■ Nede tôt YOStreHTeir.farssoleDient itaiit:

<• S'il a en voitre terre nul hon comballanl ,

• K.i loil il mei Tenir , mieli ke il a'a quennt ,

■ Otréiez L'il i lienge. • Li roii dist : « Jd' graant **. ■

' Si Rollon emmena avec lui , à san retour en France , on ^raod nombre d'ÀDglo-SaKons , il perdit aussi plusieurs Normands, et même des chef» distingués, qui se firent baptiser pour rester en Angleterre, n On engagea secrélement les Danois à se convertir, et, quelques jours après , on vit leur chef, Gudran, et trente de ses ofBciers se faire baptiser solennellement. Alfred leur servit de parrain.

* "Le Romaa de Rou . far Raberl ffac^, t. I , p. 70, T. l3SS et lui*. II y iuraii Irop de mots à eiplirjaer dios les •ers que je cite ; js prcfère d'en donner U traduction littënle. - Le roi Alfred a hamblemeni requii w et fffiA RoUoii de le Tnigor-dei Angtais qui l'otjc si maltraita, et ini

■ a propùa de lui doDaer ta, moitié de soj9 royivinep Ce ^'îl a requit,

- KolloQ le loi a octroji. •

•• « Dis qae BoUon eat réconcilia le roi btcc ion pcaple , et qu'il enl iHiné \t ftyà de ses eaaemi, , fl lui rendit «la rofaume , et ne Tonlnt

Inidonnaat Eèrement son ipée -Ce don, Ini dll-il, eit on garaol

■ rien lie tout ce rjoe toqi pouédei, excepté ce qae je raii dire ; >'U j

- a dani le payi quelque homme propre aux armes , qqi lenilla Tenir

Le roi dit : -le l'accorde Toiontien. > — Ibid. , Ten 1 Jog et suit.

,.,i,z<..t,CoogIc

Gudnin , derenti néophyte «t appelé désoniMM Adelstan , porta , comme Bollon fit dans la snite, des vêtements blanes , peitdant huit jours , reçoi des efTois précieux , et eut en fief i'Est-Anglie et le Norfolk , où les Danois conservèrent longtemps leur langue et leurs moeurs. . . C'était nne victoire qne de convertir un cher de bande aussi féroce ; et les prêtres, qu'il avait chassés de leurs dioeéses et de leurs ritbayes, dqrent regarder comme un triomphe de faire entrer cm eunemi aussi affamé dans le sein de l'Église * ■. <

' Les diverses citations que condent cette note peuvent servir à faire connaître la composition des armées nonroandes. On s'est étonné que des pays tels que le Danemark , la Snède , la Norwége , qui n'ont jampiis eu qu'une asses faible population , aient pu vomir sur l'Euriape ces innombrables armées qui dévastaient à la fois l'Angleterre, les Gaules , l'Espagne et l'Italie. Mais on voit qu'à peine us noyau d'aventuriers du Nord débarquait dans une contrée quelconque, il se grossis.<iait de tous les hommes 4e cette contrée qui avaient de l'attrait pour- la vie errante ei l« pillage.

KOTK XLII.

O mon Dieul où pourrais-jefiUrl. . . Quand j'aaraû Ut

aileM de ta colombe , et que je -oaieraù par-detsut let meri ,

aux extrémitét du monde, je iy trouverais foiy'ours. ~—

Page a49.

Quiconque s'est un peu familiarisé avec nos livres saints, . s'apercevra que , dans le discours qu'adresse l'évéque Goziin à Rollon , pour l'engager à adopter la religion chrétienne, les 6gures , les expressions même , sont tirées de deux psaumes de David ".I-'évêqne convertisseur ne pouvait guère

* Hixoirc de)«xp^ditk>iit TBirifiinei d« Noflùandt, par V. Deppiag, I. J . p. «6,.

•' LspiaDDie lYiii. Cali crtanant gloriagi Deii le psmme cxmiii , où Von troatfl An 7* ferKt : Qoo ibo-9 spiritu tao , etc.

J.,r,l,z<,.f,C00gIf ■

384 HOTIiS.

trouver aîllenn que dans les ptannies, de ces pens^ fort«, pittoresques, qui laissent dans les imagina tlon s une impression profaDde. Peut-être tous les peuples devraient-ib s'accorder i reconnaître les psaumes comme seuls modèles des bymnesichaiiter dans les temples, dans les mosquées , dans les églises. Ce serftit là le fond, la matière d\ine liua^'e universelle. Il est bien eotendu pourtant que l'on supprimerait, dans ces prières publiques , tout ce qui, dans les poésies da roi juif, .appelle la colère du ciel sur les nations qui, tout en reconnaissant et servant Dieu , l'adMent autrement que les Hébreux.

Oh! que les chrétiens ont rabaissé, dans leurs chants d'église, ce Dieu que David invoquait dans de si sublimes cantiques. Les hymnes que l'on chante dans les églises chrétiennes) composées en des temps d'rjjnorauce , sont à pen près toutes d'une inconcevable platitude , tant par les idées que par le stjrle. Il est vrai que, depuis l'Établissement du christianisme , ce n'était plus un être suprême, le créateur, le modérateur du monde que les poètes devaient chanter; mais, et de préférence, un petit enfant au maillot, couché sur de la paille; puis cet enfant devenu grand , suspendu à un gibet ; et euiin sa mère, toujours vierge, mais dont tonte lavienefiit qu'une longue suite d'infortunes. Tout cela peut être fort tODchaut, mais ne peut guère échauffer, inspirer les hommes à hautes pensées, magna tonaturot. Aas^, voyes comme les poètes de ces premiers temps du christianisme traitent les sujets qu'ils puisent dans Luc ou Matthieu. Le poète Fartunat fait-il un poème sur l'accouchement de b Vierge? il la compare à une porte fermée qui ne s'ouvre que pour Dieu seul :

Htec porta est clausa, ùt tpiam intrat vir nemo, nec exil, Ni Dominus solut, eui quoqae claura latent.*

Au lieu de ces psaumes de David où, en s'adressant à toutes les nations , il s'écrie : Cantate Domino cantiewn

* FortaB*l. Dt farhi firriiiii, Ten 5i.

J.,r,l,z<,.f,C00gIf

- TfQTkS. 385

noMWfl giâa AiiraAj^/Mif', voua entendez, dans lea églises deï cathulique», de prétentJues hymneB en mauvaise et plate prose rimA: , où l'on vous présente le tableau d'une mère qui regarde avec douleur son fils attaché Â une croîs :

Slàbal mater dolorosa , ïuxta erucem iaerymam , Dam pendiibat Jlliuf , etc.".

Le pape a bien raison de s'opposer à ce que des novateurs traduisent , dans une langue que les auditeurs peuvent comprendre, tout ce qui eompose la liturgie romaine, ces hymnes, oes proses latines, que plus de la moitié des fidèles ne comprendront jaisais. Il n'est point d'Iiomqie, si igaorant qu'on le suppose, qui ne recoonfit, dans la traduction, toutes les niaiseries, les inconvenances, les platitudes qu'offrent ces chaots qu'il adoiirail sur parole.

«OTK lUII.

Not drottert ont , sur l'esprit det- Scandinaves , la même influence qu'ont sur les peuples chrétiens , les évoques, les prétre$ et Ut moùies. — Page aSi.

Lescalde Egill explique très-bien, dans son discours, quelle était l'ancienne religion des Scandinaves ; mais il avoue qu'il ne peut fixer l'époque où cette religîbii , si simple , si pure dansson principe, si raisonnable, fut presque entièrement modiRce , altérée dans ses plus sages dogmes. Un savant Suédois **' aérais, à ce sujet, une opinion que je trouve ou ne peut plus fondée. Quelque long que soit le passage du livre dans lequel il la développe , je le citerai , parce qu'il me parait, jeter te plus grand jour non-seulement sur la question

* Pulm. Dand. zctk , Tcnel i.

** Pumc ie U Yicrgc , ^î h diinte le dimHachfl ds U ?i»laii.

"*M. Grabarg de jî<«ni, priHniuiililc LL. UH.SnidoUgei Sarde m

,r,l,z<,.f,CpOgIf

386 noTMs.

qui DOt» occupe , nuis auui sur tuute l*histoira auciemK de la Scandinavie, pays qmi comprenait, cooiine on s«il, le Danemarck , la Suède- et la Norvège.

Il eommencepiir prouver, i l'aide d'anciem docameiiblristoriques , que les Scandinaves , comme toures les nations germaniques, gauloises , etc. , tirent leur origine de l'Asie; ce qui est aujourd'hui presque universellement reconnu : on n'bésiie pins i regarder l'Asie comme le berceau du grarc humain. Il n'y a donc riett d'élonuant dans les rapporrs nombreux que I'dd trouve tant entre les rcligioiis qn'enire In anciennes IvDgun des Scandinaves, dctGennaiiiB, des 0«ulois , et la reli^n et l'ancienne langue des peuf^es de l'isée. (Quant ans ijjomes, ce n'est pas d'anjonrd'fani quel'onaicconnii que l'aocien Scandinave , câmme l'ancien altenuni), avait la plus grande affinité avec les langues indirânea, surtout avec le samscrit, la plus ancienne de ces langues, k it que l'un ne parle plus dans llnde , mais dont on ede nombreux mooumenta. }

Pour entendre bien le passage que je vais citer , il faut mvoir quel'aiiteur pense et prouve, autant que l'on peutprow ver desévénements historiques quen'appnie aucun teste bien précis d'auteurs contemporaias , qu'il j eut , vers la fin du IV* siècle de notre ère, une émigration d'Ases,à la té[e desquels était Sigge Fridulfsoa (fils de Friduif ); qu'ils vinrenti après de longs détours et un pénible voyage (l'auteur les sui' pas à pasj, s'établir dans la Scandinavie, pays qui fut toujours irès-peu peuplé, quoi qu'en aient dit leshistorieDS,a]3is où vivait principalement de la chasse et de la pêche, et depuis plusieurs centaines de siècles peut-être , une iiatiou [l( mœurs patriarcales , qui , comme les émigrés qu'el le accurtllatt dans son sein , était aussi venue très -anciennement Av, contrées orientales. Cet te nation reconnut bientôt dans Sî^ge, le chef de ces émigrés , un génie supérieur, des qualités divines, et lui donna le nom d'(?f& (le Soleil), que portait une des divinités qu'elle adorait avant l'arrivée de ce hém< éti-anger.

Douze. bvGoogle

• HOTBS. 387

« Les ScsadinaTot, afAni l'arriTée àc Sigge, dit l'auteur que j'ai signalé, qnoique privés de tetnplei et d'ifloles, rendaient un culie dHtingné i trois divinités, représentant troi* grandes piiissiQceA ou actions de la nature, qui était ennéme temps l'objet et le théâtre de leur culte. Les arbres , les rochers, les fleuves et (juelques pierres en forme d'autels, leur rappelaient plus particulièrement la présence de la divinité qu'ils voulaient invoquer. ^

■ Tàor, dont le culte se trouvait répandu depuis l'océan Atlantique jusqu'au centre de l'Asie , était la première et la plus {!;Tande divinité des Scandinaves, avaut Si^e. Cétaït la forc« invincible personnifiée. I^ur second dieu était celui du feu et de la lumière; ihs'appelaii £MiJ ou Lodà, etquelqnefois Mfader { Père de tout ). Il paraît qu'an a cru qu'il était père de Thor et du tous les autres dieux. A ces deux divinités indépendantes l'uDe de l'autre, ils joignaient une troisième qui procédait des deuK premières; son nom était Frejrr , et on croit qu'elle représentait la lune, et qu'elle présidait aux opération»dela nature féconde et générative. Ces trois dieux forent encore appelés, Har, le sublime; /■^'uir, l'égal de Har ; et Thridie, le troisième. On reconnaît sans difficulté ici 1» triade des anciens gyninosophistcs et du chamanisme moderne ; csr il n'est plus permis aitjourd^ui de douter que la croyance religieuse , comme la langue primitive de la Scandinavie , n'ait tiré son origine des contrées arrosées par le Barampouter et le Gange.

'Tel était l'état des idées reX^peuses des peuples de la Scafidinavie, lorsque Sigge Fridulfsony introduisit l'odinismeet le culte des idoles , et qu'il y bdtit le premier temple

n Au lieu d'abolir tout-à-fait le» usages des Scandinaves , il ne fit qu'accroître leurs superstitions, en introduisant un grand nombre de divinités nouvelles, représentées par des idoles et adorées dans des temples. Il institua au surplus une (ète des sacrifices en l'honneur d'Odin , dieu suprême-

J.,r,l,z<,.f,C00gIf

. 38tt HOTES.

(le la guerre, et réiuiit dans m personne les deux charges de souverain pontife et de chef suprême des armées. En un mot, il fit, en très-peu de temps, d'un peuple grossier (mais si doux et pacifique, que, du temps même de Tacite, i) (!tait gouverné par une femme ) une nation belliqueuse , icais remplie des superstitions qui rendent toujours les hommes inquiets et féroces. Entre autres institutions, il ordonna qu'on brîkUt désarmais les morts d'im rang ordinaire , tandis qu'il fallait ériger sur les tombeaux de ceux d'un ordre plus élevé, des cippes ou petites colonnes, et sur ceux des grands et des princes , de ces collines sépulcrales doot on reucoalrc encore aujourd'hui un très-grand nombre dans la Suède.

. Quant aux idées sur l'état des Ames après la mort, ta métempsycose u'était pas un point de croyance universelle. <'>a majorité de la nation admettait un séjour de délices pour les bons et ut> lieu de supplices sans fin pour les méchants. Le nom du premier était Giétâ-Fold et Udansaiir ( lerre des immortels), et celui du dpmier, Suriur (séjour de la noirceur ou des lénèbrea). Sigge eut le talent de faire remplacer tout cela par sou Valhalia, ou lieu de festin des guerriers tués sur le ctramp de bataille ; mais il ne put ni anéantir ni changer les idées des lotes * sur le supplice éternel des méchants : car la crainte laisse dans le cœur de.i hommes des impressions bien autrement profondes que l'espérance; et l'adroit réformateur vît bien qu'il fallait accommoder son système aux idées existantes trop difhciles' à détruire. C'est aiusi que les fables de i'Edda '* et de l'Odînisme contiennent beaucoup de mythes étrangers à la doctrine des Ases. J[<es dieux de« éléments, tels que Wœr ou Mgir , et Loke appelé Vtgarda, ou l'exilé , après l'introduction de l'odinisme", dont il était l'ennemi implafable; ceux du Courage , de i'Éloqueuce , des Vertus pacîKqnps ;

* Ou Guia , pcnpla gothique de. U familla ganuaDujDe , étibli diii> la ScandiiiiTie dît les lepipl le> plus rerulés de rbbloire. *' Ceit le eodr mythologique des BDcieDs âcftndiniiveA.

Douze. bvCoogle

NOTKS. iSf)

Hel, ou la murt, les Nomes , ou Parques, et les Âtfet , on Gûnies , apparlieancDt tous à la mythologie des lotcs , peut-être même à celle des Finnois et des Lapons. *. »

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