LE CAP D£S FIANÇAILLES
. désespères. Oir! si l'ombrô de Robert -le^Fort pent être téim^in des tendres égards que mosi père et moi iious agirons pour sa fille, du bonheur que noua fâcherons de lui procurer, il pav^ donnera à notre nation d'avoir arrêté' lé cours de ses trion)phe^. Ent;ôurée de nos hommages, Adelinde oubliera, dans sa nouvelle famille^ qu elle aurait pu recevoir ceux des Francs de la Neustriie entière. »
Nitard, qui voyait que la conversation devenait, entre les amants, sérieuse et presque triste, ^ mit à chanter, tout ensuivant avec ses rames le rfaythme du chant, des couplets fort gais, qui ne sont point parvenus jusqu'à nousL Tout cequè nous savons, c^esl:- qu'il y célébrait Tamour^t le vin^ Il se sentait inspiré par le. spectacle en-^ chanteur qu'offraient les coteaux de Surisn^t % couverts de ceps vigoureux, surchargés de feuilles d'un vert foncé , au tmv^s desquelles on voyait pendre des milliers de grappes , dont lès nnea étaient déjà noires, dont les autres commençaient à prendre une couleur jaune*d'or.
Quand il interrompait , pour un moment, sa chanson , (« Quel pays , ^disait-^il avec eltasè, que celui où croît si abondamment un arbuste si précieux! et queues hommes du Nord ont bien
Stir«Btics.
raison, quand ils cherchent à s'y étabhr! Par nia foi , continuait-il , le pays me parait si désert, j'y vois si peu d'habitants , que l'on devrait bien y faire une petite place à ces étrangers; on épar^ gnerait bien du sang humain , et la honte de leur céder par force ce qu'on potirrait libéralement leur accorder.
« — Très-bien ! Nitard , disait Adalbert en souriant... Mais sais-tu que tu deviens un profond politique? »
Cependant le soleil qui s'était élevé sur l'horizon , dardait ses rayons brûlants sur la tête d'Âdelinde. Adalbert craignit que son amie n'en souffrît/ et il lui dit : « Adelinde , cette chaleur excessive doit t'incommoder ; d'ailleurs, le soleil brunirait les traits de ton visage si blanc et si frais. Je vais former, au-dessus de ta tête, une tenté qui la mettra à l'abri du soleil. Permets seulement que je détache le manteau de soie bleue qui couvre ta blanche tunique. » £t, sans attendre sa réponse , il ouvrit l'agrafe qui retenait le manteau d'Adelinde; elle lé laissa faire, mais elle rougit. Adalbert^ à l'aide de quelques bouts de vieilles rames qu'il lia fortement à la barque, et sur lesquels il étendit le manteau de soie , construisit , au - dessus de la tète d'Adelinde, une espèce de niche semblable à celles qui, dans les églises, contiennent les sta-