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7i3, à l'abbé Fulrad ; et un bras de saint Romain, et une dent de saint Çucufat^, martyr d'Espagne; et les cheveux de saint Innocent, et une partie , notable du corps de saint Fitus *, si célèbre par la multitude de ses miracles, et à qui on a élevé une chapelle dans le village deFossœ; enfin, les dernières vertèbres de sainte Osmaue , vierge anglaise, et la ceinture.de sainte Rosalie, que les religieuses d'Argenteuil avaient sauvée de Tincendie de leur couvent. Mais il serait trop longd'énunpiérer ici tous les trésors sacrés qui fure^it, en ce temps , déposés dan6 la pieuse cité de Paris. Les serviteurs de Dieu , au premier bruit de l'approche des barbares , avaient tous songé ,,avec raison , à mettre d'abord à l'abri ces restes de grands personnages que le chef de la chrétienté a reconnu^ pour habitants du ciel. Je dis avec raison,. puisT qu'il est bien certain que les saints font des miracles, de préférence dans les lieux où se trouvent leurs reliques; que c'est donc dans ces lieux qu'il faut les honorer. Aussi, plus une église possède de reliques, et plus elle reçoit d'offrandes des fidèles; plus elle devient puissante et çiche> Bientôt un spectacle non moiqs triste vint frapper les yeux des Parisiens. Ils virent aii loin^ sur toutes le3 routes autour de Paris j s'élever
* Ce saint étaîtlionoré non-seolement danii le village de Fosset fyrès clé Lozarcbes , mais à Mont'MeUian, où ou ïuî avait aassi hÂMnneéglise.
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d'épais nuages de poussière; et peu :kprès,ils distinguèrent des troupeaux de porcs, de bœufs, de moutons, que chassaient devant eux depauvres cultivateurs que la terreur avait obligés de quitter leurs chaumières, et qui venaient, à la suite des prêtres , se réfugier dans Paris. Derrière ces pauvres gens, marchaient, à pas précipités, leurs femmes tenant des enfants par la main ou dans leurs bras. Ces populations diverses, quiarccouraient de vingt cantons voisins, se pressèrent bientôt à Tentrée des ponts : c'était à qui les franchirait des premiers. Les planches des ponts gémissaient sous le poids de tant d'hommes et d'animaux , et l'on craignit souvent qu^eiles ne se rompissent ; mais il était impossible d*enipêcher tous ces malheureux d'entrer à la fois dans une ville qu'ils regardaient tous comme un lieu de sûreté pour eux et leurs richesses.
L'évêque Gozlin tâcha d'établir quelque ordre au milieu de cette confusion. Il plaça les troupeaux et leurs pasteurs dans les petites ites qui sont un peu au-dessus de Paris. Le comte Eudes et l'abbé Ebles firent dresser , sur toutes les places de la cité, des tentes pour les hommes eu: état de porter les armes ; ils visitèrent ensuite les magasins de vivres , et acquirent la certitude qu'ils suffiraient pour nourrir, pendant six mpis au moins , cette grande multitude.
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Ils distribuèrent ensuite , tant isur lés tours nouvellement construites à la tète des deux ponts , que sur les murs qui entouraient% la ville , des ouvriers chargés de faire toutes les réparations ou améliorations nécessaires à la défense.
La flotte des Normands n'avait point encore paru ; mais , vers te midi , les gardes qui étaient sur le grand pont et sur la nouvelle tour construite pour sa défense, crièrent que, dans le lointain , ils apercevaient sur la rivière des voiles en grand nombre ; ef , en effet , on ne tarda pas à voir , tout au bout d*e ce long canal que forme la Seine en quittant Paris , deux barques qui portaient à la proue de longues bannières rouges ; elles étaient suivies d'une multi«tude d'autres barques et de lonfgs bateaux qui s'avancèrent dans le canal avec rapidité , et en couvrirent bientôt la plus grande partie. Lorsque la tête de la flotte fmt arrivée à la hauteur de l'enceinte au miliéii de laquelle s'élève, sur la rive droite de la rivière, l'église de Saint- Germain - le - Rond , elle s'arrêta : une barque se détacha seule du reste de la flotte , et ^'avança jusque près du grand pont. Là, die avertît qu'elle portait deux parlementaires , qui demandaient un éiitretieh du comte Eudes.
Tandis que l'on va consuiter le corrrte, et
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que la barque attend une réponse, retournons au Mont-Valérien , où nous avons laissé trois intéressante^ voyageuses.
Elles s'étaient établies ^ . comùie nous l'avons vu , dans les cellules des bons ermites qui étaient en fuite. Elles passèrent la nuit sur les couchettes très^imples , un peu dures , mais très^propres de ces saints personnages. Judith , s'étant levée «iiès l'aube du jour, alla trouver Nitard , qui s'était approprié une des cellules les plus commodes à la porte de l'ermitage , et le pria de raccompagner, tandis que les deux autres femmes dorjuaient encore, dans une petite excursion qu'elle voulait faire sur la colline» C'était son usage de prendre toujours une idée exacte , de se faire , pour ainsi dire , un .plan des lieux où elle s'artrétait , même pour peu de jours.
Nitard la suivit avec empressement; et ils vi* sitèrent ensemble les jardins, les bois, les vignobles qui couvraient la colline. Nulle part ils ne trouvèrent d'habitants : tous avaient déserté; r^ais, verS'le milieu de, la colline, et cinq à six .cents, pas au-dessus d'un moulin construit sur •uf) pQtit canal qui tirait ses eaux de la Seine , ils aperçurent une maisonnette , ou plutôt une cabane, qu'entourait un petit jardin où croissaient les légumes les plus communs, des laitues, des choux , des pois. Au milieu du jardin , un
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vieillard s'occupait à sarcler des laitues : une loDgue barbe blanche tombait sur sa poitrine ; une corde grossière serrait sur ses reins une vieille tunique brune; il avait la tête et les pieds nus* Judith s'avança vers lui la prenitère ; il s'écria ^ à son aspect : «Une femme !» et il couvrit sa tête et une partie de son visage d'un large capuchon. Puis, il ajouta : « Ce n'était pas des femmes que j'attendais ici,, mais^ les Normands, qui, je l'espère ^ termineront ma trop longue vie. »
Nitard prit alors la parole : u — Nous n'en vou* Ions point à vos jours , vieillard ; regardez sans effroi une fenime qui ne se plaît qu'à proléger les faibles , à consoler les malheureux.
— Vous cherchez à me rassurer, dit le vieillard avec un souris amer ; épargnez-vous tant de soin : mes frères ont quitté leurs cellules, le^ lâches! mais ils ne sentaient: pas, comme Dioi; l'ennui de la vie.
— Vous m'étonnez , dit Judith ; ce ne sont point les hommes purs , innocents , qui peuvent désirer la mort : les criminels seub...
— ^ussi s^is-je criminel ! cria l'ermite d'une voix sombri^. Vous parlez au plus coupable des hommes. Fuyez , si vous cralgtiez l'aspect d'un meurtrier. *
Judith et Nitard restèrent un instant muets de surprise.
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« — Mais, peut-éfre, dit Nît^otl, ne devriezvous pas faire un tel aveu ?..•
*^ Pourquoi non ! et qu'ai-je à craindre ? Quel est, dans tous les environs, rhomme, l'enfant, qui ne sait pas l'histoire de Termite assassin ? Les mères, la racontent à leurs enfants ; les ménestrels la chantent aux villageois dans les ha* ineaux... »
Il en fallait moins pour exciter vivement la curiosité de Nitard. C'était une belle occasion pour lui de meubler sa mémoire, déjà si ricbe, d'une histoire de plus. Judith elle-même n'était pas sans quelque désir de connaître mieux cet homme singulier»
« I — Vous qui craignez si peu que l'on vous cotuiaisse^ dit Judith, répugneriez-vous à raconter à des étrangers l'histoire de votre vie ? Nous ne pouvons l'apprendre de la bouche des habitants , puisqu'ils ont tous abandonné le pays.
— Je me ferai connaître, reprit l'ermite, d'autant plu$ volonMers que ce sera peut-être pour vous un Bèotîl d'exciter vos compatriotes à me délivrer d'une vie que je ne garde que par obéissance au serment solennel que j'ai prononcé de ne jamais répandre moi-même mon sang. Entrez dans ma cabane , car le soleil , qui commence à devenir ardent, pourrait vous incommoder. C'est là que je parlerai. »
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Ils le suivirent dans sa cabane : une natte grossière eu couvrait le sol; sur les murs étaient appendus, d'un côté, une longue robe d'ermite, un large x^apuchon ; et de l'autre , des fouets , des verges , des disciplines et d'autres instru* ments de pénitence. Du milieu d'une poutre du toit pendait par une corde une vieille cognée couverte de rouille. Il n'y avait point de lit , point <ie table ni de chaises. Tous les trois furent donc obligés de s'asseoir sur la natte, et le vieil ermite parla ainsi.