‹ L'évêque Gozlin, ou, Le siége de Paris par les NormandsChapitre 36 sur 46 · LA CH£M1S£ DE LA VIERGK · texte numérisé non relu

LA CH£M1S£ DE LA VIERGK

Un soir , il arriva bien pins tôt qu'à IWdinaire , et , interroropant la longue légende de sainte Geneviève que Nitard contait en ce moment , il annonça qu'il était porteur d'une grande nouvelle , qui devait jeter l'effroi dans toute l'armée des Normands. Quoiqu'il s'efforçât de prendre un air sérieux, Adalbért vit je ne sais quelle expression ironique dans ses traits ^ et il lui dit:

« — Park, Marc-Loup, devant tout le monde ; je ne croîs pas que ta nouvelle nous épouvante : nous avons tous du courage; demande plutôt à Nitard.

— Puisque vous le voulez ainsi , reprît Marc- Loup , vous saurez qu'aujourd'hui , de grand matin, j'étais, comme à ^ordinaire , dans ma barque , rôdant sur la rivière pour voir ce qui se passait sur les deux rives. Je me trouvais en face de ce vignoble si renoipmé de Tkeodaxium*^ qui fournit une abondante boisson aux moines de Saint-Germain , lorsque f ai aperçu trois hommes qui s'avançaient, mais avec précaution, vers le rivage, se glissant au milieu d^s ceps et-sous les haies qui divisent les cultures. J'ai crû deviner aux gestes de l'un d'eux qu'ils désiraient que je les prisse avec moi ; et dans Tidée qui m'est venue qu'ils étaient poursuivis, qu'ils fuyaient, je me suis hâté de diriger ma barque vers la riVe.

* ThîatSf près de Cboisy-le-Roî.

34o CHAPITRC XVIII.

I|$ sont desoendus sur la grève : deux d*eiitre l0$ trois portaient, avec respect, une espèce de boite longue, et dont le. couvercle était tout orné dç sculptures dorées ; et ces deux -là avaient grand soin de se tenir un pep à Técart. Celui qui était le plus voisin de ma barque a fait , avant de me parler., ie signe de la croix : il n'était pas difficile dç . voir qu'avant de se livrer à moi il voulait s'assurer que j'étais chrétien , qu'ils n a-* vaient point af&ire à un Danois. J'ai relique aussitôt par un autre signe de croix i et me suis écrié en même temps : ChrUtianus sum.

. « Tous trois alors ils se sont avancés et sont entrés dans ma barque. Là , ils se sont expliqués. Jls venaient , m'ont-ils dit , comme députés de la ville de Chaitres , apporter aux Parisiens, que l'on savait assiégés par d'inexorables païens , un trésor du plus grand prix. Comme les Normands avaient un camp sur la riye gauche , d'où partaient chaque jour des pelotons de soldats , qui Élisaient des excursions dans la campagne , ils avaient. ^té obligés de se détourner de leur route directe 9 afin d'arriver par la Seine à Paris, où ils me priaient de les conduire, moyennant une bonne récompense.

ff Je n'ai point hésité à les satis£aiire ; et aussitôt ma barque a descendu le fleuve, et nous avons peu tardé à voir de loin les tours de Paris^

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