‹ L'évêque Gozlin, ou, Le siége de Paris par les NormandsChapitre 43 sur 46 · HOTES. J^IJ · texte numérisé non relu

HOTES. J^IJ

<Iç Limoges. Son père (on ne sait point quel était son rang, ni sa prof(Çssion ) le plaça chea le préfet de la monnaie de Limoges. £n ce temps -là, sans doute, ces préfets ne se ' contentaient pas de fabriquer des monnaies, ils exécutaient aussi des ouvrages d'or et d'argent de tout genre. En effet , ce fnt là qu'Kioi apprit l'art de TorféTrerie et s'y distingua.

Le roi Clotaire II et son successeur Dagobert lui confièrent des travaux importants, et, entre antres, les basreliefs du tombeau de saint Germain, évêque de Paris, et deux sièges, ou plulôt deux trônes d'or, enrichis de pierreries. On voit que, dès ce temps de demi-barbarie, le luxe d'ostentation avait déjà envahi la cour de nos rois.

Potir récompenser dignement les talents que déployait l'orfèvre limousin, on ne trouva rien de mieux que de le faire évéque de Woyon; ce qui ne l'empêcha point de continuer ses travaux d'artiste. Il fabriquait de belles châsses d'argent pour des reliques de saints, et composait pour le peuple, des homélies dont plusieurs sont parvenues jusqu'à nous, et ne sont point inférieures en mérite aux autres compositions littéraires de celte époque.

Dans ce double métier, et grâces aussi aux faveurs que ne cessa de lui prodiguer le roi Dagobert , qui l'avait fait son argentier ou trésorier, Éloi dévint excessivement riche. II possédait de vastes domaines dans le territoire de Genlilly, où le roi avait lui-même une viUa, ou, si l'on veut, un palais. Mais le dévot Éloi donna la plus grande partie de ses possessions à l'abbaye de Saint-Martial qu'il avait fait élever à Paris , dans la Cité même. Ses largesses envers l'Église lui ont valu le titre de saint.

Gentilly est un petit village, tout près de Paris, et l'un des plus anciens de tous ceux qui environnent cette ville. Qu'il tire ou non son origine et son nom d'une villa romaine dont le possesseur s'appelait Genniis, comme le croit l'auteur de la Notitia Gaiiiarurn * , c'est ce qu'il importe

* Adineti de Yftlois» au mot GemtUimcum.

4 1 a KOTKS.

asses peu de saTciir. Toujours ort-il qu'il est fait mention de Gentilly ( Genùliacum ) dans les actes et chartes de Tépoque la plus reculée de notre histoire.

C'est tout près de Gentilly que l'on trouve les restes de l'aquéduc antique qui conduisait des eaux au palais des Thermes , et d'oii le village à'Arctêeil a pris son nom.

NOTE XYl.

Les DEUX AXàVTs d'Auvergne (histoire). — Page 83.

La singulière anecdote des deux amants d'Auvergne est tout entière dans V Histoire des Français ^ de Grégoire de Tours. Il fallait même qu'elle eût pour ce saint évéque bien de l'attrait, puisqu'il l'a répétée, mais en abrégé, dans son livre De Gloria confessorum. Dans ce dernier ouvrage, il se contente de dire en peu de mots : Duos fuisse apudAvernum , virum scilicet et pueltam refert antiquitas , qui conjuncti conjugio y non coitu , et in uno stratu quiescentes , non sunt ab alterutro poUuti in voluptate carnali*^ Dans son Histoire, au contraire, il développe ce fait asse% extraordinaire; et il met dans la bouche de Scholastique , lorsqu'elle invite son époux à la continence , un discours tout-à-fait éloquent.

Tout ce petit drame, car on peut l'appeler ainsi , a para si intéressant à une de nos jeunes muses, qu'elle a cru devoir en faire le sujet d'une charmante pièce de vers **. Ne pouvant, à regret, la transcrire iéi tout entière, j'en citerai du moins quelques passages.

Injuriosus vient de recevoir, aux pieds des autels, la main de Scholastique (madame Tastu a changé ce nom peu poétiqueen celui de Thécla): le jeune couple est rentré dans la maison paternelle; et quand les fêtes de l'hymen sout terminées ,

<« Vers le lit où l'attend la vierge solitaire » Qu*avec un baiser tendre y déposa sa mère ,

* De Gloria confessorum ^ cap. -82.

yoyti, Chroniques de France, par madame Amable Ta&tu. Paris, 1839.

NOTES. 4[ï3

Vèpoux nouveau s'avance , et dans Tobscurité Vient chercher doncement sa place à son coté. Il entend les sanglots de la jeune épousée , Et de ses pleurs amers sent sa couche arrosée» « — Que présage , dit-il , le trouble où je te vois ? Tu parus, sans regrets , consentir à mon choix ; Qui dotac peut te causer ces mortelles alarmes ? ... » Mais elle se taisait et redoublait de larmes.

« — Au nom du Christ , dit-il , fils du Dieu tout puissant,

Parle, je t'en conjure! ...» A ce pieux laugage,

Thécla tourna vers lui son triste et doux visage :

« — Oh ! quels regrets amers et quels torrents de pleurs

Pourront jamais', dit-elle, épuiser mes douleurs !

Que devient^aujourd'hui cette sainte promesse.

Qui devait à Dieu même enchaîner ma jeunesse !

Ce vœu religieux je Toubliai pour toi :

Si je ne Taccomplis , malheur, malheur à moi !

A moi , qui du Seigneur, hélas! abandonnée.

Ai pu voir sans mourir s'achever la journée;

Quittei* répoux divin pour un époux mortel ,

Pour un frivole amour son amour éternel ,

Et des roses du ciel les couronnes fleuries

Pour ces roses d'hymen , hélas ! si tôt flétries !

Ce discours pathétique , et bien d'autres encore qwe j'omets, persuadent enfin le jeune époux , qui promet de respecter la belle compâ|;ne de sa couche.

« — Dahs tes vœux, malgré moi» mon cœur est de moitié , Dit le jeune homme ému d'une tendre pitié ; Oui , Thécla , près de toi , comme toi, je veux vivre, T'imiter dans ce monde et dans Tautre te suivre. «« — Eh bien! si, dédaignant de terrestres plaisirs, Tu peux rester soumis à mes pieux désirs , ' Je te promets ta part de ma dot immortelle ! >• Et sa main , de la croix fait le signe fidèle. Lui s^en arme à son tour ; et ces jeunes amants 9.endent le ciel témoin de leurs chastes serments , Puis en signe de foi leurs mains se réunirent; Sous l'œil du Tout-Puissant bientôt ils s'endormirent.

4 i 4 MOTES.

NOTE XVI r.

Ils ( les Parisiens ) craindraient de rencontrer quelques-uns des Normands que mon père a laissés pour la garde du, château de Cha&levanhb. — Page 97*

Charles-Martel , lorsqu'il régnait sous le titre de duc des Français , avait fait ^ construire une pêcherie ( venna ou piscatoria ; ces mots sont synonymes) tout près du lieu où s*élève aujourd'hui, sur les bdrds de la Seine, le village de Bougival. C'est de cette pêcherie de Charles, Karoli-venna , qu*est venu le nom de Chariepanne.

Dès Tan 8469 les Normands s'étaient établis à Charlevanne, d'où ils faisaient des excursions sur tout le territoire voisin. Ce lieu a perdu son nom, et n'est plus connu^que sous celui de la Chaussée y hameau attenant au village de Bou^val

Le nom de Bougival , en latin Buckipallis , paraît venir du grand nombre de cavités, de trous {buchi ) creusés dans la colline qui s'élève auprès du village *.

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